‹ Un aide de camp de Napoléon; mémoiresChapitre 54 sur 56 · INTRIGUES A PARIS : TOUCHE ET BERNADOTTK · texte numérisé non relu

INTRIGUES A PARIS : TOUCHE ET BERNADOTTK

En effet Délie en était la lettre, mais non l'osprit, auquel ne soageaib pan assez. Il consistait k renvoyer lez Boi cliacuQ de ces roloutaires déjà trop hostiles à, 'Empereur, mais sans un surcroît de mécontentement, l'était pas facile. J'essayai pins, j'entrepris de langer leurs dispositions. Leurs officiers surtout, déjà it habilléB, éfiuipés, montés à leurs fiiiis, et fort irrités l'inutilité de cette dépense d'argent, de bruit et de lonvements, voulaient prévenir, par une dcraission en ise, qui eût été d'un liclat fâcheux, ce licenciement tôt divulgué par l'empressement de Clarck. Je les détournai, et, m'aidant des autorités administratives, avec force civilités, de bonnes paroles et quelques dîners, Je gagnai du temps; puis, procédant par gradation, et profitant de l'heureuse nouvelle de la retraite honteuse de l'expédition anglaise, je leur fis entrevoir, comme récompense de leur zèle devenu sans but, l'espoir d'être conservés comme Gardes d'honneur de Napoléon, ce qu'ils acceptèrent. C'était déjà un retour vers lui, une sorte d'offre de dévouement à sa personne. En même temps j'obtins de Olarck, pour ceux que la vanité de l'uniforme, dans ces temps de gloire, avait enflammés de fellêitéa guerrières, l'espérance de quelques brevets d'officiers dans l'armée active.

C'est ainsi que peu à peu, pendant que les chevaux se

vendaient et que la dislocation s 'efiectnait d'elle-même,

chacun des meneurs ayant été regagné en particnlier

,s finîmes par un grand reiias, où, tout en me fêtant

vers et en prose, avec un enthousiasme de vin de

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Champagne, on porta de même 3a santé (le rEmpereur nprés quoi, l'on se dépara satisfait les uns des antree.

Cependant, si la pais se rétablissait avec rAutriche, il en était autrement à Paris dans le Conseil. Ici Cliirck triomphant et Fonché Iwttu étaient restés en présence. Us continuaient à lutter l'un contre l'autre dans l'esprit do l'Empereur. A entendre Clarck, il était certain que Fonché avait des rapports sécréta avec TAngleterre, et que d'Anvers Bemadotte entretenait, avec hiî et d'autres mécontenta, des correspondances séditieuses. Il en advint que Bemadotte, remplacé par Beseières, fut rappelé avec l'ordre de voyager ou de retourner à Schœubiiinn, pnia d'aller prendre un commandement en Catalogne. L'étoile de ce maréchal lui fit préférer le quartier impérial. Ce fat là que Napoléon, bien moins vindicatif qu'tiu ne pense lui offrit le Gouvernement de Rome, d'aiiord accepté, puis négligé comme un exil, et enfin dédaigné. On verra plus tard la perspective du trône de Suède venir, comme une réalisation des rêves des Hfille et une lï'uitti, s'oflnt à l'ambition de ce personnage.

La querelle des deux ministres en était là, lorsque, ao milieu de la nuit du 2fi au 27 octobre, l'ordre d'aller proraptement recevoir l'Empereur à Fontainebleau me réveilla. J'y arrivai de grand matin par une porte, an vaêms moment où par l'autre l'Empereur, revenant d'Allemagne, y entrait, tout seul aussi de son côté. Harassé de fatigue, il se mit aussitôt dans son lit, près duquel il me fit appeler à l'instant même. Ses premiers mots furent une vive interpellation sur ce qu'avait été, dans Paria, toate

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bette garde nationala. Je répondis : qu'elle avait été iiiaignifiante, sans ancnne volonté ; que bien plus, sans l'emploi de moyens coercitifa et le bruit qu'on avait fait courir de la possibilité d'une émeute de cent mille ouvriers dea fanbom-gs, aucun citoyen ne ae serait présenté; qu'aussi le licenciement s'en était effectué à la satisfaction oiverselle, Qnant au corps dont j'avais été chargé, j'en is la composition, je n'en dissimulai pas l'cKprit d'abord , l'excusant sur le mécontentement assez naturel 5 banquiers et des conamerçants en temps de gneiTe. j'Emperecr m'interrompit par des recriminationa cone cette classe de ses sujets, qu'il croyait lui être hostile, e le calmai en lui rendant compte des sentiments meilsquels nous nous étions séparés. Mais alora us de ceux qu'il savait lui être contraires faut été prononcés, sa colère contre eux se ranima; î devint même menaçante. Il s'agissait, i! est vrai, ^'hommes ardents, agressifs, fort maldisants, mais pleins mour-propre et donnant prise sur eus de ce eûté. J'en l'observation, ajoutant qu'il suffirait, pour les l-egapier, de quelques faveurs, et que je m'en étais assuiv. Il e mit là-dessus à réfléchir ; j'en profitai pour me retirer, ilatisfait qu'il n'eût point songé à m'interroger sur la que- .e des deuï ministres, dont, par prudence, je ne me iciais nullement de me mêler. J'échappais d'ailleurs, ai, à des réponses qui eussent trop ressemblé à une dél^nonciation.

Le surlendemain cependant, dans une causerie sur ce K aujet avec le grand maréchal Duroc, moins sur mes gar-

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dea je m'aperçuB, à \& façon dont il ni 'écoutait qae cet entretien pourrait aller plus hant et plue loin que je n'en avaiH en l'intention. En eifet, dès le jour suivant, je arriver à Fontainebleau les deux ministres : ('iarck d'à bord, qui sortit fort échanffé du cabinet de l'Empereur, et Fouché ensuite, dont l'entretien avec Napoléon dura plus longtemps. Or je n'ignorais pas que, en pareille circonstance, l'Empereur avait l'habitude de citer, à l'appnî de ses reproches, les noms de ceux dont l'opinion et les paroles avait éveillé son attention. Je snrveiUai donc la soHie de Fouché, afin de m'n^urer par sa contenance, au premier moment où il m'apercevrait, si mes épanchements de la veille ne m'auraient pas fait nu ennemi facbenz de ce ministre.

Cette appréhension ne tarda pas à se réaliser. Fonché sort; et du coin de l'œil me voyant là, sans parajtren: percevoir, il parconrt d'abord vivement ce salon avec son agitation accoutumée. Pour moi, négligemment appuyé contre la console de marbre qui fait encore face à la cheminée, j'attendais silencieuBcment et de pied ferme, lorsqu'enfin, venant directement à moi, il m'interpelle, e propose brusquement une promenade dans la forêt. J'acceptai, préférant à une rancnne sournoise, dangereuse dans nn chef de police, nne explication, quelque orageuse qu'elle pût être.

La voici, telle qu'avec son astuce habituelle il jnge«à propos do me la donner. Probablement l'Emperenr, t raison de mes confidences au grand maréchal, venait, dans l'ameiiume de ses reproches, de rappeler à son ministre Eft

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