CONTRASTE
La vie avait été bien différente pour mademoiselle Dulandel que pour Saintrie , elle s'était présentée à Edwige toute belle, toute radieuse, toute remplie de plaisirs et d'espérances. A peine née, Edwige avait senti que le bonheur était né avec elle; elle l'avait trouvé dans les tendres sourires d'une mère, dans les
folles caresses d'un père idolâtre de sa beauté, dans une position brillante, un hôtel splendide , dans toutes les jouissances que peuvent procurer le luxe et la richesse. Ayant eu dès sa plus tendre enfance des chevaux et des voitures à ses ordres, ses pieds délicats n'avaient jamais connu la fatigue ; jamais la boue des rues ne les avait souillés, accoutumés qu'ils étaient à ne fouler que de soyeux tapis, des parquets luisants , ou à ne laisser leur empreinte que sur le sable uni des allées d'un parc.
Jamais ses yeux n'avaient été attristés par le douloureux spectacle de l'indigence, ni ses oreilles importunées par les plaintes des malheureux. Elle ignorait qu'il en existât, ou du moins ne s'en était jamais informée. Habituée à voir tous ses désirs comblés, les moindres
caprices satisfaits , jamais une larme de regret n'était venue humecter ses paupières, et si la douleur avait une seule lois atteint son cœur, c'était l'amourpropre profondément blessé par une attente déçue, qui l'avait plutôt révoltée qu'affligée.
Ses premières années s'étaient écoulées au milieu dune foule toujours nombreuse, toujours renaissante d'adorateurs; cependant, parmi ce brillant entourage , elle n'avait point trouvé un mari; aveuglée par ses avantages personnels, par l'éclat de sa beauté'qu'elle croyait irrésistible, elle s'était abandonnée aux prétentions les plus ambitieuses et les plus exagérées. Toutes ses démarches, ses coquetteries, ce luxe de bon goût par lequel elle rehaussait encore le prestige de sa personne, étaient
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calculés pour la mener à faire un mariage étourdissant, un mariage de vanité; c'est le rêve de bien des jeunes filles, sans doute, mais aucune n'était susceptible de le poursuivre avec autant d'ardeur et d'acharnement que mademoiselle Dulandel ; les sommités les plus élevées, les positions les plus inaccessibles, étaient celles que sa pensée se plaisait à considérer, les seules qu'elle eût le désir d'atteindre ; rien ne paraissait impossible à son esprit dominateur et ambitieux; elle ne voyait point dans les frivoles plaisirs qui l'entouraient chaque jourunétourdissementpassager,des heures de folle joie, mais la route qui devait la conduire au but où son âme aspirait.
Dans cet essaim déjeunes gens aimables qui se pressaient autour d'elle, elle avait remarqué M. de Vernage, allié à une
famille hautement placée et influente à la cour. Subjuguée par sa position brillante, elle s'attacha à lui, comme possédant tout ce qui devait combler ses vœux; et, loin de cacher aux yeux du monde son penchant pour cette conquête, elle y donna toute la publicité possible. Elle affecta, dans son extravagante folie , de témoigner en toute occasion a cet ami préféré la tendresse la plus manifeste, et n'épargna rien pour lui prouver que sa vie ne pouvaitplusêtre désormaisséparée de la sienne. Néanmoins M. de Vernage, entraîné par sa famille, épousa une autre femme sans trop s'inquiéterdes suites de sa liaison avec Edwige. Insouciant et frivole comme on l'est dans le monde, il pensa sans doute que mademoiselle Dulandel ne mettait pas plus d'importance que lui à cette liaison devenue pourtant si publique.
Cette rupture inattendue couvrit mademoiselle Dulandel de ridicule ; tous ceux qui croyaient avoir à se plaindre d'elle (et il y en avait beaucoup) s'égayèrent à ses dépens dune manière sanglante. Aussi ferme qu'audacieuse, elle résista à l'orage avec beaucoup de courage et de sang-froid, et, pour se relever de cet humiliant échec, elle employa, avec plus de persévérance que jamais , ses moyens de séduction. Il lui aurait fallu promptement un mari pour la replacer dans une situation convenable , et réduire au silence cette multitude ameutée contre elle; mais, déconsidérée par son aventure avec M. de Vernage , ses tentatives d'union demeurèrent infructueuses, et, quoiqu'ayant de beaucoup modéré ses prétentions , elle n'eut que des lueurs d'espérance qui s'éteignirent les unes après les autres, comme
les astres de la nuit aux premières clartés du matin.
Spirituelle et jolie , elle demeura toujours entourée d'hommages; mais dans ces soins elle crut remarquer plus de galanterie , plus de désirs sans but , que d'idées solides ; c'est alors que , voulant sortir à tout prix de la position fausse dans laquelle elle se trouvait , elle décida sa mère, dévouée à tous ses caprices, à aller s'établir dans une province.
M. Dulandel, ancien commissaire ordonnateur, avait laissé en mourant une assez belle fortune à sa femme; mais trop nulle, trop apathique, pour administrer elle-même cette fortune, madame Dulandel en avait abandonné la gestion à Edwige, et dès lors ne s'était jamais inquiétée des extravagantes dépenses de sa fille;
jamais même la pensée qu'elles pouvaient excéder leur revenu n'avait effleuré son esprit; cependant, élevée au sein du monde, pleine de vanité et d'ostentation, Edwige avait des goûts de luxe immodérés etdesfantaisiestoutàfaitruineuses. Pour s'élever au-dessus des femmes qui tentaient de l'éclipser, elle ne calculait rien ; la recherche , l'élégance, la splendeur, ne se faisaient pas moins remarquer dans sa toilette que dans sa maison et ses équipages ; les plus belles étoffes , les plus riches tissus de l'Inde et de la Chine , les broderies les plus délicieuses , en un mot, tout ce que la mode offrait de plus nouveau et de plus coquet était acquis par elle sans réflexion. Elle avait des comptes ouverts chez les meilleurs fournisseurs de Paris , si bien que le fond de la fortune de sa mère diminuait chaque année d'une manière effrayante.
Edwige s'y arrêtait peu ; un brillant mariage devait raccommoder tout , et pour le faire, il fallait éblouir : c'était ainsi qu'elle s'étourdissait sur ses dépenses effrénées.
Cependant, au moment de quitter Paris, elle fut étonnée de tout l'argent qu'elle était obligée d'y laisser pour acquitter ses dettes; mais, toujours entraînée par le même système et ne pouvant résister à la force de l'habitude, elle s'établit encore somptueusement en Touraine; d'ailleurs elle pensait avec raison qu'on est toujours jugé sur l'apparence , qu'un état brillant vous attire tout d'abord la considération et vous ouvre toutes les portes: c'était sur cela qu'elle comptait pour la réussite de ses projets.
Quellesque fussent sesespérances,ma-
demoiselle Dulandel n'en était pas moins saisie de temps à autre par de douloureuses pensées; elle voyait sa ruine arriver d'un pas rapide, et l'indigence, prêle à frapper à sa porte, lui semblait plus hideuse que la mort. Bien souvent le soir, après le départ de Georges , elle avait calculé avec effroi ce que ce jour lui avait coûté , ce qu'elle avait encore retranché des débris de sa fortune presque totalement anéantie; c'étaient de tristes réflexions au moment de se livrer au sommeil, mais le caractère léger d'Edwige triomphait aisément de ces pénibles réalités. Elle rêvait à Paris, à l'existence enivrante quelle y menait autrefois, au bonheur qu'elle aurait d'y retourner avec un mari favorisé des dons de la fortune; puis le lendemain les tristes pensées, les sombres craintes de la veille, revenaient de nouveau l'assaillir, et quand
seule , occupée à faire sa toilette de nuit, elle apercevait son profil dantesque se dessinant morne et anguleux sur les glaces de l'appartement comme une sévère apparition, elle en était épouvantée; cen était plus, hélas! la figure confiante et radieuse de s.r,s jeunes années, elle' avait déjà appris à douter de l'heureuse influence de son étoile, et M. de Vernage l'avait trop désabusée sur ce point.
Cependant la mort semblait avoir aplani le plus grand obstacle a ses désirs présents, et la personne qui aurait pu encore lui être nuisible était rejetée assez loin pour ne lui inspirer aucune appréhension. Georges, d'ailleurs, ne quittait plus la Briche; l'absence de sa cousine lui avait fait prendre son hôtel de Tours en dégoût. Isolé maintenant, sans liens, sans famille, il reportait sur ma lemoi-
selle Dulandel toutes les affections de son cœur ; subjugué plus que jamais par les tendres soins qu'Edwige n'avait cessé de lui prodiguer dans sa douleur, il était pénétré pour elle de reconnaissance et d'amour. Néanmoins plusieurs mois s'étaient écoulés depuis la mort de sa mère sans qu'il eût parlé une seule fois de ses projets à venir. Edwige, attentive à l'observer comme l'oracle qui devait fixer son sort, n'avait pu entrevoir rien de positif pour elle à ce sujet : plus le temps se passait, plus le mal lui paraissait sans remède , plus aussi elle devenait inquiète et impatiente.
Un soir qu'elle considérait les bouquets qui lui avaient été donnés à l'occasion de sa fête et de l'anniversaire de sa naissance, elle tomba dans une rêverie encore plus pénible que de coutume.
Ces fraîches fleurs avec leur doux parfum n'éveillaient dans son âme que de fatigantes pensées et d'importuns souvenirs, car elles lui rappelaient que vingt-huit ans venaient de tomber sur elle de tout leur poids. Elle ne songeait à son âge qu'avec épouvante : la jeunesse de la femme est aux yeux du monde de si courte durée 1 c'est une fleur qui s'épanouit vite, quelques jours qui passent avec la rapidité de l'éclair! Edwige ne pouvait se persuader qu'elle était arrivée si promptement à ce terme fatal, où l'épithète de vieille fille allait venir flétrir sa personne, déflorer sa beauté si brillante, où elle allait être retranchée du nombre de celles qui peuvent soutenir avec avantage le titre qu'elle avait honte et horreur de porter encore. Le temps , infructueux pour elle, n'avait amené aucun changement
dans sa situation ; elle en était toujours à l'espérance comme à son début dans la vie ; ses vastes désirs avaient peut-être embrassé trop de choses pour pouvoir rien saisir; mais était-elle née pour rencontrer des obstacles ? pour se sentir arrêtée par des entraves vulgaires? elle, si supérieure à tout ce qu'elle avait vu se mouvoir sous le ciel, s'indignait d'être obligée de lutter si longtemps d'adresse et d'esprit avec un jeune homme tel que Georges. Ses dernières ressources étaient prêtes à s'épuiser; il ne lui restait pas un instant à perdre ; cette splendeur, ce prestige, qui l'environnaient allaient s'évanouir comme un songe; elle n'avait plus devant elle ces années qui vous permettent de ralentir votre marche; tout délai lui devenait impossible; il fallait qu'elle épousâtGeorges sans plus tarder si elle ne voulait pas demeurer
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vieille fille toute sa vie : c'était son ancre de salut, sa dernière espérance.
Mais dans cette occurrence le dérangement de sa fortune lui causait de vives appréhensions, une terreur qu'elle ne pouvait maîtriser. Comment cacher ce désastre à Georges? C'était impraticable, il n'y fallait même pas songer. Elle prit donc la résolution désespérée de lui faire l'aveu de sa ruine , et se prépara d'avance à cet entretien , qui devait décider de son avenir, car elle allait en sortir, ou la femme heureuse et régénérée de Darquency, ou bien affreusement à plaindre.
Le lendemain matin, surpris de ne pas la voir descendre à l'heure accoutumée, Georges, tout pensif, se promenait de long en large dans le jardin , jetant
iH DEUX ANNÉES
continuellement les yeux sur les fenêtres de sa chambre. Mademoiselle Dulandel l'épiait sans en être aperçue, et ne songeait qu'à prolonger son anxieuse attente, dans l'espoir de le mieux disposer à l'entendre. Cependant, inquiet de ce qu'elle n'arrivait pas, Georges se rendit près d'elle. Quelque chose d'inaccoutumé dans la toilette et la personne d'Edwige le frappa ; sa figure , plus colorée encore qu'à l'ordinaire, accusait le travail de sa pensée ; ses yeux secs et fatigués par l'insomnie de la nuit, son attitude brisée , annonçaient une souffrance plutôt morale que physique.
Enveloppée dans une somptueuse robe de chambre, elle était à moitié couchée sur son canapé, et paraissait tombée dans une inertie complète.
Georges , croyant qu'elle ne l'avait
point aperçu, s'avança sans bruit jusqu'à elle, comme s'il eût voulu surprendre le secret de sa douleur; il s'assit sur le bord du canapé, et, baisant la main qu'elle lui abandonnait avec nonchalance , il demanda plusieurs fois à Edwige ce qui pouvait la jeter dans une si sombre rêverie.
Sortant comme d'un pénible sommeil, mademoiselle Dulandel persista pendant quelques instants encore à garder le silence.
Georges s'en alarma , il devint pressant, suppliant même, pour connaître le sujet de sa tristesse.
— Ah! Georges, lui dit Edwige d'un air accablé , ce que j'ai à vous appren-
m DEUX ANNÉES
die va peut-être nous séparer pour toujours.
— Vous m'effrayez, interrompit vivement Darquency, bouleversé de nouveau par l'étonnement et l'inquiétude que lui causait cette réponse ; parlez , parlez, je vous en supplie, je veux savoir ce qui se passe dans votre àme.
— Je m'étais flattée , reprit mademoiselle Dulandel, de pouvoir former un lien de mon goût, un lien qui me promettait la plus douce existence, le plus parfait bonheur, mais cette trop chère illusion s'est évanouie comme tant d'autres. Je suis née pour ne rien saisir, pour ne voir flotter autour de moi que des ombres qui se dissipent aussitôt que je veux les atteindre. Jetée dans une position horrible par des pertes de bourse
considérables , je nie vois forcée de renoncer à la félicité que j'espérais avec vous, à cette union que m'avait fait l'avenir si beau et si riant. La nouvelle de ma ruine est venue tomber comme la foudre au milieu de mes plus chères espérances , j'en suis encore toute terrifiée. Ah ! mon ami , quelle chute que celle-là ! qu'il y a peu loin de la joie au désespoir ! Bercée par les douces promesses de l'une, on doit craindre de sentir bientôt les déchirants aiguillons de l'autre. Un mariage de convenance, continua mademoiselle Dulandel , devient maintenant mon seul refuge ; je vais essayer de plaire à quelque homme d'un âge mûr, d'une figure respectable. J'ai à Paris une famille opulente et très-répandue , elle me sera utile dans cette circonstance. Je tâcherai, en quittant ce pays, d'oublier les beaux jours que n. 10
nous y avons passés ensemble, leur souvenir me serait trop pénible dans une situation si différente.
Et comme si elle n'eût pas encore envisagé de sang-froid une pareille idée , Edwige s'arrêta et pencha tristement la tête sur son sein.
Georges, qui jusque-là l'avait écoutée sans l'interrompre , lui dit avec transport :
— N'est-ce qu'une perte d'argent qui vous afflige? Ce ne sera point un raotif de séparation ni un obstacle à notre bonheur : je possède assez de fortune pour n'avoir nul besoin de l'augmenter par la dot d'une femme. Je puis vous rendre l'opulence que vous regrettez, vous maintenir dans le rang qui
vous convient , réparer, en un mot, les torts du destin envers vous. Vous me devrez la moindre de vos jouissances, tout votre bonheur m'appartiendra; quelle enivrante pensée pour mon cœur! quelle sécurité pour notre affection mutuelle ! Doublement liés par l'amour et le mariage quelle félicité sera la nôtre ! qui pourra la connaître sans l'envier! Ah! ma bienaimée Edwige , poursuivit Georges avec l'accent le plus tendre et le plus passionné, j'avais besoin qu'une calamité semblable vous atteignît pour vous faire apprécier toute l'étendue de mon amour; si elle n'était venue , je l'aurais je crois, appelée de tous mes vœux. Le beau jour que celui où l'on peut dire , en contemplant la femme que l'on idolâtre:
C'est à moi qu'elle doit tout ce qui fait sa joie , son bonheur , tout ce qui flatte sa
vanité de femme ; tous les vœux qu'elle formera seront satisfaits par moi ; à chaque instant de sa vie elle recevra une preuve démon amour. Elle ne doit point à ses richesses l'attachement que je lui ai voué; elle saura que je l'aimais pour elle-même, qu'elle seule me plaisait. Je vousle demande, Edwige, est-il quelque chose de plus doux dans ce monde? estil permis à l'homme de ressentir une émotion plus grande, plus complète que celle-là ?
Il serait difficile de dire tout ce que mademoiselle Dulandel éprouva dans un pareil moment. Après une si longue attente , après une année entière de coquetterie, d'artifice et d'adresse, Edwige touchait enfin à son but ; encore un pas et elle y était parvenue. Quelle vive satisfaction pourelle, comme
son cœur se dilatait en voyant ses efforts couronnés d'un pareil succès! Cette fois elle n'avait pas semé dans un terrain ingrat , niais appris que la persévérance conduit à tout , qu'il n'y a que celui qui flotte sur mille idées qui n'arrive à rien. Elle jouissait de son triomphe comme d'une bataille gagnée; car il lui semblait que l'amour de Darquency était sa propriété, qu'elle l'avait conquis à la pointe de l'épée : en voyant à ses pieds Georges si généreux , si passionné , si empressé à lui complaire , c'était son pouvoir et la manière dont elle avait su l'établir qu'elle aimait en lui.
Elle l'accabla néanmoins de l'expression de sa reconnaissance. 11 était, disaitelle , son sauveur, celui qui l'avait rendue au monde, à l'espérance, à la vie. Elle était tellement enchantée d'en
être venue où elle désirait, qu'on eût dit qu'elle craignait de ne pouvoir donner à son langage toute la chaleur dont elle voulait l'animer.Cependant au milieu de l'enivrement dans lequel cette scène l'avait plongée , Edwige laissa échapper, avec adresse, quelques mots sur les sacrifices qu'elle avait faits, elle aussi, à cet attachement qui comblaitleurs cœurs:
elle cita les noms d'une infinité de gens qui avaient ambitionné son alliance , et surtout les titres pompeux de ces galants dont Georges n'avait jamais entendu parler. Il y avait parmi eux un général , un comte, un diplomate , un pair d'Angleterre , voire même un riche nabab venu tout exprès de l'Inde , pour sevoirpréférerun jeune négociant français, avec lequel mademoiselle Dulandel devait couler des jours pleins de douceur et de félicité.
De cette manière , tout en la retirant d'une affreuse position , tout en lui consacrant une belle fortune , une brillante jeunesse, Georges demeura convaincu que c'était Edwige qui lui faisait un grand sacrifice.
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