‹ Un ange déchuChapitre 13 sur 14 · ATTENTE · texte numérisé non relu

ATTENTE

La journée s'avançait; Saintrie, qui était demeurée toute la matinée en prière, commençait à s'inquiéter de ne pas voir revenir son cousin; mais sachant le pieux devoir qu'il avait eu à remplir, elle s'efforçait de modérer son impatience. Plongée dans une morne et douloureuse tristesse , les yeux inondés de larmes , elle

continuait à adresser au ciel de ferventes prières pour le repos de sa tante et le bonheur de celui que désormais elle devait regarder comme son protecteur et son seul appui.

Cependant de sombres pensées, d'étranges pressentiments assiégeaient son esprit et remplissaient son âme d'épouvante. Elle comptait avec anxiété les heures qui s'écoulaient et commençait à trouver bien long, bien horrible, le temps de sa solitude.

Plusieurs fois elle avait cru entendre le roulement sourd et prolongé des voitures et tout son corps en avait tressailli ; mais néanmoins Georges ne paraissait pas.

Que pouvait-il lui être arrivé? Le malheureux ! comment avait-il supporté cette

dernière séparation, la plus cruelle, la plus impitoyable de toutes, puisqu'elle fait pour jamais disparaître à nos yeux jusqu'aux moindres vestiges de ceux que nous aimions. Son cœur s'était-il brisé sur la tombe de sa mère? Son dernier souffle s'était-il exhalé avec sa douleur? Saintrie ne savait que penser, qu'imaginer pour expliquer ce retard si incompréhensible. De moment en moment l'attente devenait pour elle plus insupportable, l'incertitude plus affreuse.

Ne pouvant demeurer plus longtemps dans cet état, elle sonna Martine, qui vint aussitôt, tenant un papier à la main.

— Est-ce que Georges n'est pas encore rentré? demanda Saintrie avec un tremblement qu'elle ne pouvait maîtriser.

— Pardonnez - moi , mademoiselle , M. Georges est revenu.

— Et où est-il ?

— A la Briche , dit Martine.

— A la Briche! s'écria Saintrie en joignant les mains. Ah! mon Dieu! tout le monde m'abandonne ; que je suis malheureuse !

Martine voulut remettre à sa maîtresse le billet que lui avait laissé Georges; mais Saintrie, qui ne voyait rien , ayant repoussé sa main , le billet vola dans le cheminée et s'embrasa aussitôt.

Saintrie ne s'en aperçut pas. En proie au plus violent désespoir, elle était tombée à genoux et poussait des cris convul-

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sifs. Ses yeux secs et rouges n'avaient plus de larmes ; sa poitrine se gonflait , ses sanglots l'ëtouffaient. Martine craignit un moment que cette effroyable crise n'eût un résultat funeste.

Elle releva Saintrie , et 1 ayant placée sur un fauteuil, elle lui fit respirer des sels et l'approcha de l'une des fenêtres de l'appartement pour lui donner de l'air.

Saintrie en éprouva du bien. Petit à petit ses nerfs se détendirent , et ses larmes s'étant ouvert un passage , elle se trouva un peu soulagée.

Mais, hélas! ce ne fut que pour sentir plus amèrement l'horreur de sa position etl'isolement cruel danslequel Darquency venait de la laisser. Les violentes douleurs ont au moins cela de bon qu'elles

nous enlèvent jusqu'au sentiment de ce qui les cause; mais le calme qui les suit, en laissant à la réflexion sa liberté inquisitive, nous permet de mesurer l'impuissance de nos regrets et l'étendue de notre malheur.

Saintrie ne sortit d'un excès de sensations douloureuses que pour retomber dans un autre , plus supportable en aprence , et néanmoins plus terrible en réalité. La nuit qui succéda à cette journée d'inquiétudes et d'alarmes fut plus accablante encore pour la pauvre Saintrie que tout ce qui l'avait précédée.

Lorsqu'elle revint à elle , la première chose qui la frappa ce fut Martine, qui, tout en pleurs elle-même, lui prodiguait les plus tendres soins: les larmes de cette

excellente fille furent pour la malheureuse Sain trie comme la rosée pour la plante mourante.

— Ma bonne Martine, lui dit-elle en lui serrant la main , Dieu vous bénira pour avoir eu pitié de la pauvre orpheline.

— Ah î mademoiselle, comment ne vous aimerais-je pas, répondit Martine en couvrant de baisers la petite main blanche qui pressait la sienne, vous avez toujours été si douce , si aimable pour moi : il faudrait que j'eusse lame bien dure pour être insensible à votre peine.

Cependant, malgré ses instantes prières, Martine ne put jamais décider sa jeune maîtresse à prendre la nourriture et le re* pos qui lui étaient si nécessaires : Saintrie

s'obstina à tout refuser. Elle demeura la nuit entière à la place où Georges était venu s'asseoir les deux jours précédents, et là son esprit effrayé put sonder à loisir les plaies saignantes de son cœur.

La mort prématurée de sa tante était le coup le plus funeste qui pût la frapper; madame Darquency était sa seule affection , son unique soutien sur la terre ; c'était elle qui était venue l'arracher des bras de l'infortune pour veiller sur ses jeunes années, comme une bonne mère, comme un ange protecteur; sa main bienfaisante avait essuyé ses premièi'es larmes, guidé ses premiers pas, et chaque jour elle lui aplanissait, avec !a plus tendre sollicitude, le chemin si épineux de l'avenir. En la perdant, Saintrie

avait tout perdu, tout, jusqu'à Tespérance, la dernière consolation des affligés.

Ah ! pourquoi , disait-elle , dans son amère douleur , pourquoi le ciel a-t-il été insensible à mes prières ! pourquoi n'at-il pas accepté le sacrifice de mes jours , je l'aurais fait de si bon cœur pour auvers ceux de ma tante? Qui se serait aperçu de ma disparition? à qui étais-je nécessaire ? à qui aurais-je manqué ici bas? qui aurait donné un regret,unelarme à ma mémoire? Ma pauvre tante, peut-être, elle m'aimait tant! Ah! oui, sansdoute, elle aurait pensé quelquefois à sa chère Saintrie; mais son cœur maternel eût trouvé dans l'aff'ection de Georges

Sa pensée s'arrêta court, un bruit singulier venait de frapper son oreille. Sain-

trie écouta c'était le vent qui sifflait

à travers les arbres du jardin , et la pluie qui fouettait avec violence contre ses vitres.

Saintrie se leva et alla entr'ouvrir sa fenêtre; Tair était froid, la nuit noire, pas une étoile ne brillait au ciel, les échos jetaient au loin de lugubres plaintes, tandis que l'ouragan déchaîné semblait apporter sur ses ailes tous les torrents de l'univers.

La jeune fille contempla avec horreur cette affreuse nuit, et éprouva un frisson mortel en pensant à sa tante et à la prison humide dans laquelle elle était ensevelie. Au milieu des rafales de la tempête, elle croyait distinguer sa voix gémissante implorant un abri ; elle voyait son corps,

si frêle , si délicat , gisant sur l'argile fangeuse , exposé à toutes les injures du temps, et n'ayant pour s'en garantir que les herbes mouillées d'un cimetière. Elle aurait voulu pouvoir le serrer dans ses bras, le réchauffer de sa brûlante haleine, car il lui semblait que chaque coup de vent l'atteignait, que chaque goutte de pluie le faisait frissonner.

Il est donc bien vrai, pensait-elle, que ma pauvre tante a pris rang parmi tous ces morts, que là est sa demeure éternelle, que sa voix est muette et son cœur glacé, qu'elle ne fera plus un pas vers moi, que nous sommes séparés pour jamais dans ce monde!!!

Atti euses pensées , horribles sensations qui tortuiaient le cœur de Saintrie , et le déchiraient de leur mille dards acérés.

Epuisée de fatigue , écrasée par le chagrin , à demi morte de frayeur, la pauvre enfant ne put supporter plus longtemps d'aussi pénibles émotions : ses jambes chancelèrent, elle roula sur le parquet et s'évanouit.

Ilf STIGATIOKS.

En entrant chez elle au petit jour , Martine trouva la pauvre Saintrie étendue et endormie sur le plancher, où elle était tombée quelques heures auparavant; sa fenêtre était demeurée entrouverte, et le courant d'air qui frappait sur sa figure avait neutralisé les suites dangereuses que pouvait avoii- son évanouissement : son

lit n'avait point été défait, sa lampe fumeuse brûlait encore sur la petite table d'acajou placée au milieu de sa chambre, mais il ne restait pas une étincelle sous les cendres refroidies du foyer.

De peur que Saintrie ne fût saisie par l'air vif et piquant du matin , Martine la releva et la coucha sans qu'elle donnât signe de vie. Un cercle violet entourait ses paupières, l'incainat de ses lèvres avait disparu, une pâleur effiayante couvrait son visage. Martine , encore toute bouleversée par la mort de madame Darquency, trembla en la regardant : elle craignit un moment que Saintrie ne fût allée rejoindre sa tante; mais le bouton, si tendre qu'il soit , ne périt pas toujours aux premières atteintes de l'orage : au bout de quelques minutes Saintrie l'ouvrit ses

yeux languissants, et un léger soupir s'échappa de sa poitrine oppressée; c'en fut assez pour tranquilliser Martine.

Ensevelie sous les garnitures de son oreiller, avec lequel son visage semblait lutter de blancheur, Saintrie cherchait à recueillir ses idées confuses et à ranimer ses principes vitaux, qu'elle sentait engourdis. Mais la nature épuisée a besoin d'un temps de repos , si toutefois on peut appeler repos l'anéantissement dans lequel nous jette, malgré nous, le trop grand abus de nos facultés sensitives.

Saintrie resta donc plusieurs heures dans un état de somnolence, ou, pour mieux dire, d'existence végétative, qui assoupit momentanément au fond de son cœur l'àpre douleur qui le rongeait ; une morne et froide insensibilité était em-

preinte sur ses traits : c'était du calme , mais ]e calme qui régne dans un champ dévasté par l'orage.

Nos superbes révoltes, nos cris de désespoir ne servent le plus souvent qu'à nous montrer notre faiblesse. Jl faut, malgré tout, nous courber sous le joug qu'on appelle sort ; chaque existence y est soumise, et à chacune il fait sentir son redoutable aiguillon ; mais il semble s'attacher de préférence à ce qu'il y a de meilleur et de plus sensible, et l'on peut dire avec justice que l'ctre le plus doué de vertus est presque toujours ici-bas le plus malheureux.

L'homme supérieur est, comme les régions élevées, le point de mire de la tempête; c'est pour lui que la nature s'as-

sombrit, que le soleil se voile, que la foudre gronde : heureusement qu'il peut du même regard contempler son bras impuissant à le défendre contre une force surhumaine, et le ciel, où résident toutes ses espérances. Ah! sans doute, si nos sens nous attachaient moins à cette terre, si nous n'étions pas si avides du bonheur décevant qu'elle nous offre comme un mirage trompeur, si nous ne courions pas tant après ses joies fugitives, nous aurions des ailes pour nous élever au-dessus des misères qui nous assaillissent de toutes parts ; mais il est dit que l'homme doit ramper dans la prison qui l'enferme, qu'il y doit gémir sur son impuissance, que sa vie entière doit se passer à désirer et à regretter, que ses plus légitimes affections deviendront pour lui une source de calamités et de larmes.

UÛ DEUX ANNÉES

A son réveil Saintrie eut quelque peine à se rappeler ce qui s'était passé la veille. Il y a des sensations si fortes , si accablantes , qu'elles deviennent pour nous comme un de ces rêves pénibles dont nous ressentons pendant longtemps la douloureuse impression sans qu'il nous soit possible d'en démêler la cause. Mais ce qu'elle ne pouvait oublier, ce qui la tenait dans un désespoir que rien n'était susceptible de calmer, c'était la mort de sa tante, c'était l'effrayant isolement dans lequel cette mort la plongeait : tout venait de lui manquer h la fois, et la douce affection qui faisait le bonheur de sa vie, et l'appui tutélaire dont sa jeunesse avait besoin. Si le présent lui paraissait affreux, l'avenir ne se montrait pas moins horrible à ses regards attristés. Jetée sans guide et sans fortune au milieu d'un monde

qu'elle ne connaissait pas, qu'allait- elle devenir? à qui s'adresserait-elle? N'avaitelle pas vu l'égoïsme et l'intrigue dresser contre elle leurs embûches? n'avaitelle pas déjà subi leurs attaques, senti leurs traits empoisonnés? El Georges, Georges, qui aurait dû être pour elle un frère

Cette trop désolante pensée redoublait encore l'àcreté de sa douleur. Saintrie se leva pour essayer de s'en distraire ; mais à peine était-elle hors de son lit, qu'elle vit paraître mademoiselle Dulandel. Elle en fut aussi surprise qu'alarmée , car la présence d'Edwige ne pouvait être pour elle que d'un fâcheux présage; néanmoins, loin de l'abattre davantage, cette visite inattendue réveilla dans son àme quelques étincelles d'énergie , et malgi^

l'émotion qui l'agitait et dont elle n'était pas tout à fait maîtresse , elle fît bonne contenance.

Edwige s'avança vers elle avec beaucoup d'amabilité et l'embrassa avec effusion.

— Vous ne sauriez croire , ma chère petite, lui dit-elle , combien j'ai pris part à la perte que vous venez de faire; combien je vous ai plainte depuis trois jours ; je serais venue vous voir beaucoup plus tôt si je n'avais craint de troubler votre douleur dans un si cruel moment.

— Mademoiselle, répondit Saintrie avec une froideur etune dignité qui firent quelque impression sur Edwige , je connais vos sentiments pour moi et je vous prie de croire que j'y suis trcs-scnsible.

— Si un nouveau chagrin, reprit Edwige , est venu malheureusement se joindre a celui qui vous accablait déjà , soyez bien persuadée, Saintrie, quil n'a dépendu de personne de vous l'éviter. Je veux parlei^ de Téloignement de M. Darquency.

— Georges ne me devait rien, dit Saintrie; il était libre de faire ce que bon lui semblait.

— Il a compris , comme vous le comprendrez vous-même jeu suis sûre, qu'il ne pouvait demeurer plus longtemps sous le même toit que vous sans nuire à votre réputation. Il est bien pénible, sans doute , d'être obligé de sacrifier ses sentiments aux convenances , ses affections de parenté aux exigences du monde;

mi DEUX ANNEES

mais pour notre propre tranquillité, pour notre bonheur, nous devons tous nous soumettre à ces lois de la société, si ridicules, si misérables qu'elles soient : c'est pour le repos de Georges , c'est pour le vôtre surtout, ma chère enfant, que j'ai emmené votre cousin à la Briche.

— En vérité, mademoiselle, dit Saintrie singulièrement étonnée d'un pareil langage , je dois vous savoir gré d'avoir pris plus de soin de ma réputation que de la vôtre; c'est aimer son prochain plus que soi-même.

— J'avais eu l'intention de vous offrir le même asile, continua froidement Edwige, mais j'ai pensé qu'il vous serait peut-être plus agréable de vous retirer auprès de quelqu'une de vos parentes. Si les conseils de Georges....

— Dites à M. Darquency, interrompit Saintrie en se levant brusquement, que je sais ce qu'il me reste à faire.

— Sans vous presser de quitter cette maison , reprit Edwige un peu troublée, je dois cependant vous faire sentir que votre cousin ne peut y rentrer que lorsque vous lui aurez fait connaître votre détermination et le lieu que vous aurez choisi pour votre retraite.

— « Si Georges voulait me chasser de chez lui, que ne le faisait-il lui-même, il en était le maître ; j'aurais obéi à son ordre avec résignation , car il m'eût semblé moins dur dans sa bouche que dans celle d'une étrangère.

— Georges ne vous chasse pas , il serait

désolé de vous causer la moindre peine , il vous laissera tout le temps qui vous sera nécessairepourprendrevosarrangemenls; et, je vous le répète , si M. Darquency, si ma mère ou moi nous pouvions dans cette circonstance vous être de quelque utilité, nous serions trop heureux de pouvoir vous offrir nos services.

— Brisons là, mademoiselle, dit Saintrie avec une fierté incisive , un entretien déjà trop prolongé , et puisque vous allez revoir M. Darquency, veuillez l'assurer que ma présence ici ne l'importunera pas longtemps.

— J'ai peut-être contrarié vos désirs en me chargeant du message de votre cousin , reprit Edwige d'un ton doucereux ; expliquez-vous franchement , dites-moi

quels étaient vos projets pour l'avenir. Gâtée par votre tante , vous êtes accoutumée qu'on vous devine -.malheureusement je n'ai pas eu assez souvent l'occasion d'étudier votre caractère , ou plutôt je n'ai pas pour cela une grande perspicacité ; peut-être vouliez-vous remplacer ici madame Darquency, tenir sa maison à sa place , vivre avec Georges tout le long du jour, oublier ce que le monde pourrait en dire, et nourrir encore des espérances que votre tante n'a pu réaliser.

Saintrie ne put entendre sans frémir cet insultant langage, et, relevant vers Edwige son visage empourpré par la colère et l'indignation :

— Scrutez votre cœur, lui dit-elle, rentrez en vous-même, et vous saurez à qui I. 24

un pareil rôle peut convenir beaucoup mieux qu'à moi. De quoi vous plaignezvous d'ailleurs, j'aurais pu vouloir ne pas admettre de tiers entre M. Darquency et moi, j'ai souscrit à votre demande sans la moindre opposition; que pouvez-vous exiger davantage? Ai -je blessé votre susceptibilité en témoignant l'envie de terminer promptement cet entretien ; mais il me semble que votre tact exquis aurait dû vous faire sentir depuis longtemps qu'il m'était insupportable.

— Votre chagrin, ma belle enfant, interrompit Edwige, vous empêche de comprendre que ce que nous voulons , votre cousin et moi, c'est votre tranquillilé , votre bonheur; pour cela nous n'avons jamais eu qu'un même sentiment. C'est un asile d'un jour seulement qu'il vous

faut; bientôt je compte vous y aller chercher pour vous ramener chez moi , où de nouveaux droits à votre amitié me permettront de vous accueillir avec toute la convenance , avec tout l'abandon que je puis désirer.

Saintrie ne devina que trop bien de quels droits voulait parler mademoiselle Dulandel ; un nuage épais obscurcit sa vue , son cœur battit à déchirer son enveloppe , néanmoins elle répondit encore à Edwige d'une voix assurée :

— Je pense, mademoiselle, que je ne serai jamais dans une position assez malheureuse pour avoir besoin de votre protection ni de celle de Georges ; qu'il vous suffise donc d'emporter l'assurance que je vais hâter mon départ de tout mon

372 DEUX ANNEES D'ILLUSION, pouvoir, car c'est là principalement, j'imagine, ce qui m'a valu votre visite.

Edwige voulut répondre, mais Saintrie, lui ayant fait une profonde révérence, se retira brusquement dans une autre pièce et referma la porte sur elle.

Mademoiselle Dulandel fut grandement mortifiée de se trouver seule, mais sans se déconcerter elle sonna, demanda sa voiture et partit.

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