CHAPITRE IV
MÉLÉTICS SHOTRYCKI ZÉLATEUR DE L'uNION.
SA GH0TE IfOUTELLE.
Apaisement des passions scMsmatiques en Ruthénie. — Espérances de réconciliation. ~ Projets de Smotrycki. — Le métropolite Rutski et le duc Zaslawski les accueillent a^ec faveur. — Lettre de SmotryciLi & Cyrille Lucaris (SI août 1627). — Entrevue de Borecki et de Smotrycki à Riew (8 septembre 1627). — Pierre Mohyla, archimandrite des Cryptes.
— Espérances de Smotrycki. — La nouvelle de sa conversion parvient à Rome.— Smotrycki s'entend avec les principaux prélats schismatiques.
— Un concile est convoqué à Kiew pour le 15 août 1628. — Smotrycki écrit V Apologie de son voyage en Orient ^ pour préparer les voies à une réconciliation. — Craintes de Rutski à la lecture de cet ouvrage. — Intervention d'isace Ropinski, évoque schismatique de Przemysl. — Rutski essaie vainement d'arrêter ses menées. <— Espérances que font naître, k Rome même, les efforts de Smotrycki. — Il se rend à Riew (13 août 1628).
— On refuse de le recevoir au monastère des Cryptes et dans le concile.
— Attitude menaçante des Cosaques et de la populace. — Le concile condanme V Apologie de Smotrycki et veut lui imposer une rétractation de cet écrit — Résistance de Smotrycki. — Les menaces du métropolite, des Cosaques et de quelques gentilshommes schismatiques ébranlent son courage. — Sa chute. — V Apologie frappée solennellement d'anathème en présence de son auteur (15 août 1628).
Un grand mouvement s'était opéré dans les esprits en Ruthénie depuis le martyre de Josaphat. a Les schismatiques, écri- « vait Rutski en 16%, ont beaucoup diminué de leur ancienne « fureur, vraiment diabolique. Ils ont cessé de publier les « écrits violents qu'ils lançaient contre nous. Ils nous visitent « et nous invitent cbez eux, quand nous nous rencontrons « dans la même ville. Ils gardent un silence absolu sur tous « les points de foi controversés, sauf sur la primauté du Pape; <c et quand ils parlent de ce dogme, c'est avec beaucoup plus « de modération qu'autrefois. Ils sont tellement fatigués de
« nos discordes qu^ils désirent tous une réconciliation ; bob M seulement ils la proposent dans leurs assemblées partico- « lièrea, mais ils disent publiquement qu^ils veulent se réimir 4 à nous par çMlqoe moyen que ce soit. »
Knx yeux de Rutski, eel heureux changement et les conT•^ sioQs dont la Ruthénie venait d*ètre le théÀtre, n'avaient qu'une seule cause. « J*affirme, sans hésiter, âtaailril, que tout cek « est opéré par le sang de Josaphat. Je sais et mieux qae per- « sonne que ces résultats ne sont dus ni à notre science, ni à « notre adresse, ni à notre travail, ni & notre zèle. Nous tous et « le serviteur de Dieu plus que nous tous, nous avions tract vaille sans succès & amollir la pierre endurcie du schisme; c le triomphe était réservé à son sang ^ »
Ce désir général de concorde faisait chercher les moye&i d'arriver k une réconciliation définitive. On se rappelle qu'il eo était déjà question à la Diète de 1623 et que les commissaires pour les affaires ruthènes conseillaient une assemblée mixte des deux partis et mettaient en avant divers projets, trop vagues pour servir de base à des négociations sérieuses. Taatôt Os disaient aux Uniates de s^accorder avec le patriarche de Constantinople ; tantôt ils parlaient de créer en Ruthénie un patriarcat indépendant auquel les Uniates et les schismatiques eussent été également soumis. Soit illusion, soit condescendance pour desconseillers qu'ils devaient ménager,Rutski et ses sufrragant!> prirent un moment ce dernier projet au sérieux el choisirent, dans leur assemblée de Nowogrodek (janvier 1614), des députés, qui devaient aller à Kiew s'entendre à ce sujet avec les schismatiques. De longues et prudentes instructions furent rédigées pour ces fondés de pouvoir '.
Toutes ces démarches restèrent sans résultat. Ck>mme le dit fort bien un historien russe, « cette négociation n*aboutit pas, « parce qu'avant tout, il eût fallu préciser les rapports du non- « veau patriarche avecTUnionet le Pape * » ; et sur ce point on