‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 112 sur 316 · CHAPITRE IV. — CHUTE DE MÉLÉTIUS SMOTRYCKI · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — CHUTE DE MÉLÉTIUS SMOTRYCKI

pour rendre compte lui-même de son ouvrage. Mais le protopope le serre de près et lui signifie qu'il ne sera admis devant rassemblée qu'après avoir répondu à sa question. Alors Smo*- Irycki déclare qu'ilest prêt à démontrer que son livre ne renferme rien de contraire à la foi.

« Le concile, réplique Muzylowski, en juge tout autrement, « et trouve votre écrit impie et hérétique d'un bout à Tautre. » Smolrycki tint ferme en face de cette déclaration inattendue, et protesta qu'il ne pouvait rien changer à la partie dogmatique de son Apologie ; que pour le reste, s'il avait paru faire tort à l'Église orientale, on pourrait y remédier. Les envoyés du concile se retirèrent avec cette réponse. Sur le soir, les serviteurs de Smotrycki furent insultés dans la ville : « Voilà les a Uuiates, les traîtres ! criait-on. 11 faut les tuer I » Le trop confiant négociateur comprit alors qu'un complot se tramait contre lui.

Le lendemain matin, 14 août, il prévint les magistrats de ce qui se passait, afin d'obtenir^leur protection ; et il envoya aux Cryptes son frère Porphyre, qui lui servait de diacre, avec une lettre pour Borecki. Smotrycki exprimait au métropolite son étonnement de ne Tavoir pas encore vu, quoique logé dans sa propre demeure. « C'est par votre ordre, lui disait-il, que je suis a venu à cette assemblée. Je n'ai rien fait qui vous autorise à « me repousser, à moins que vous ne m'en vouliez pour avoir « mis à nu les hérésies des écrivains ruthènes et cherché les « moyens de nous réconcilier avec nos frères. Si j'ai dépassé la i< mesure, il faut demander le remède, non à l'emportement et « à la haine, mais à la charité. » Il finissait en réclamant l'entrée du concile *.

A peine le diacre était-il parti, que les serviteurs rapportèrent à Smotrycki les bruits les plus alarmants. On leur avait dit dans la ville qu'ils seraient frappés d'excommunication le lendemain, eux et leur maître; et ils avaient entendu ce cri sinistre : « Il n'y en aura pas qu'un à boire bientôt l'eau de la « Slavouta* ». L'illusion n'était plus possible : Smotrycki était victime d'un guet-apens. Après avoir reçu son Apologie, Borecki et Mohyla l'avaient endormi par des lettres pleines de

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