Nom donné parfois au Dnieper par le peuple
flatteries et de promesses; mais sans perdre de temps, ils avaient fait venir deux hommes qui jouaient alors, avec plus de présomption que de succès, le rôle de théologiens de TËgUse schismatique C'étaient le protopope de Sluck, Muzylow8ki, el le viei) Etienne Zizanie, dont les années n'avaient pas refroidi la haine contre TEglise uniate.
Durant un mois, les deux prélats se concertèrent avec eux pour faire avorter les plans de Smotrycki, et tout fut préparé pourTanathématiser solennellement, lui et son livre. La Teille de r Assomption, au moment où le diacre de Smotrycki apportait la lettre au monastère des Cryptes, fiorecki assemblait son prétendu concile. Tous les popes qui se trouvaient à Kiew y prirent place à côté des évoques ; et le métropolite annonça qu^il déférait à leur jugement V Apologie de Smotrycki.
Les rôles avaient été daniiés d'avaAee, et e& moins d*une heure on achevotoB examen dérisoire d'un livre qui lo«cbaîL attx points les plus graves de la théologie. Borecki déclara qu'il le jugeait digne de Tanathàme, et se tournant vers les évéques : « Pères Saints, leur dit-il, n*étes-vous pas du même avis? 0 II énuméra successivement les principales propositions de Smotrycki, en les qualifiant d'hérétiques ou de blasphématoires et en répétant toujours : <c Pères Saints, n'étes-vous pas du même avis * ? • Pendant ce temps, Etienne Zizanie posait aux prêtres la môme question. Tous conclurent d'une voix unanime pour Tanathème, sans discussion, sans examen, sans observation. £t Smotrycki, qui avait compté sur de pareils hommes pour guérir les plaies de TËglise ruthène 1
Vers midi, André Borecki, frère du métropolite, vint trouver les clercs de Smotrycki : « Au nom de Dieu, leur dit-il, que votre « archevêque pense à mettre sa vie en sûreté. En descendant « parla ferme du monastère, j'ai rencontré une grande troupe € de Cosaques. Ils ont juré, dans leur conseil, de tuer votr^ « maître, si le synode découvre qu'il est Uniate. Rien ne pourra « les arrêter. » Borecki cherchait-il à sauver la vie de Smotrycki ? voulait-il Teffrayer par cet avertissement, afin de le tenir ensuite à sa merci ? On Fignore ; mais Smotrycki voyai enfin qu'au lieu de travailler à l'Union, il n'avait plus qu défendre ses jours. La fuite n'était pas possible, car les Cosa