‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 143 sur 316 · CHAPITRE I. — PRÉPARATIFS d'uNE LUTTE NOUVELLE Î · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — PRÉPARATIFS d'uNE LUTTE NOUVELLE Î

ques le droit d'exercer librement leur culte et d'administrer les sacrements dans les palatinats de Kiew, de Braclaw, de Podolie, et dans une partie de celui de Ruthénie. Dans ces contrées, il est vrai, en Ukraine principalement, il n'y avait pas un seul Uniate, et le prince Ladislas disait, non sans raison, qu'il eût fallu toute une armée pour en faire tolérer un seul. Mais, du moins, les Uniates n'avaient jamais renoncé au droit et à Tespérance de posséder un jour les églises de ces provinces ; et par celte transaction, ils les cédaient définitivement aux schismatiques. Ils renonçaient de même à Tévêché de Léopol, à Tarchimandrie de Zydyczyn, à plusieurs églises de Mohylew et d'Orsza.

Ce traité stipulait encore que les confréries schismatiques « resteraient en pacifique exercice », et jouiraient de toute la liberté qui leur était nécessaire. Par un dernier article, les Uniates reconnaissaient aux schismatiques le droit de pratiquer partout leur culte, de fonder des écoles et des hôpila IX, et d'arriver aux magistratures dans toutes les villes. Il avait été question également de la cession de l'évéché de Przemysl; Rulski avait refusé formellement d'y consentir; mais, dans Fîntention du prince et de ses conseilllers, cette dernière concession, quoiqu'elle ne fût pas écrite dans le projet d'accord, était nécessaire et déjà acquise aux schismatiques.

Jusqu'à ce moment^ l'Église uniate avait seule une existence officielle et parfaitement légale en Pologne. Les schismatiques au contraire n'avaient qu'une possession de fait, contre laquelle non seulement les Uniates, mais l'autorité royale ellemême avaient cent fois protesté. Si cette transaction eût été acceptée par les schismatiques, ils auraient eu des droits acquis et reconnus par leurs adversaires eux-mêmes ; avec faudace qui ne leur manqua jamais, et la puissance, qui était alors entre leurs mains, ils auraient su profiter de ces premiers avantages pour enlever peu à peu à l'Union tout ce qu'elle se réservait. Par bonheur, Rutski fut dégagé de cette position fausse par les exigences mêmes de ses ennemis, qui ne se contentèrent pas de ce que le métropolite consentait à leur céder.

Selon l'usage, les nonces devaient rendre compte de leur mandat à la noblesse avant l'élection. Les « Points de pacifi-

« cation » {Puncta pacis] ^ approuvés par la Diète, furent ^ej^ tés dans plusieurs diétines. Ainsi, dans le palatinat de Wolliynie, les gentilshommes prirent entre eux rengageaient de se rendre en aussi grand nombre que possible à Télection et de rempécher, tant qu'on n'aurait pas donné entière satisfaciioi aux schismatiques. En même temps, une odieuse comédie se jouait dans le Zaporoze ^

Le duc Radziwill se repentait déjà de n'avoir pas assez pro- Gté de ses avantages dans la Diète de convocation ; et pour réparer sa faute au moment de Télection, il résolut de pousser les schismatiques aux dernières extrémités. Dans le mois de septembre 1632, pendant que les Cosaques, au nombre de 30,000 environ, délibéraient les armes à la main sur la con. duite qu'ils devaient tenir durant Télection, trois cents popes schismatiques se présentèrent dans leur assemblée ; et, prosternés le front dans la poussière, ils les supplièrent de prendre en main la défense de la religion grecque, de tirer veDgeance de l'oppression sous laquelle elle gémissait, disaienU' depuis tant d'années. C'était le moment de lui rendre sa liberté, ses privilèges, ses églises, l'honneur et la paix qu'oB lui avait ravis. Ces prières, entrecoupées de cris et de larmei remuent toute l'armée. Les Cosaques répondent par déserta de fureur, jurent d'en finir avec l'Union et veulent se jeter immédiatement sur la Lithuanie pour enlever de farce toutes les églises aux Uniates.

Radziwill, car c'était lui qui avait préparé cette scène, alk^i réussir au delà de ses espérances. Personne ne s'altcndaitt^ Lithuanie à cette attaque imprévue, et les Cosaques pou\aieDt pénétrer jusqu'à Yilna sans coup férir. L'Ëglise uniate n*aTail encore une fois que Dieu pour défenseur. Il vint à son aU^ par un véritable miracle. L'hetman des Cosaques était sa homme cruel, impie et brutal, vraiment digne de comnianàr à ces bandits. Cependant la conscience de cet aventurieF&V digna des atroces manœuvres dont s'accommodail l'ambition d'un grand seigneur. Il frémit à la pensée des maux horrih!?^ qu'une invasion allait déchaîner sur la Lithuanie, Les hurl** menls des popes ne lui inspirèrent que du dégoût. Ne pouvant s'opposer ouvertement à leurs demandes, il feignit de recefoir

i. Visconti, Dépêches du 20 septembre 1632; ap. Theiner, L oit> p. 3$1

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