‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 145 sur 316 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LES âCUlSMATIQUÊS VICTORIEUX A 'l'AVÈNEMBNT DE LADISLAS IT

(XI eptembre 1632 — 44 mars 1633.)

L'éleciioik du pHoce Ladislas assurée d'ayance. — Projets des ennemis èf L'ÈgUse et do l'Union. — La noblesse réunie en masse dans la plaine de Wola^ anus Varsovie (27 septembre 1632). — Jacques Sobieski, maréchil de Ja Diète. — Une commission est nommée pour préparer une transactiùïi entre les catholiques et les protestants. — Avantages nouveaux qoe len protestant» savent obtenir. — Les schismatiques à la Diète. — Le prince Ladif^las. — La situation dans la Diète. — Audience des Cosaques zaporoj^es . — Les schismatiques récusent la conmiission nommée ptf la i^iéle pour s'occuper des affaires de la religion grecque. — Le prince Ladîslas choisi pour arbitre. — Ses dispositions hostiles aux Unîates. — Inutile intervention du nonce apostolique Visconti. — Des articles df pacifieaiion sont rédigés en faveur des schismatiques. — La hiérarc]ite« instituée pur Théophane, reconnue par la république polonaise. — L'Égliie uuiata iJéinembrée. — Déplorable résultat de ces concessions pour lÉglise uuiate et la Pologne. — Inutile intervention du métropolite Rutakl auprès de Ladislas. — Ladislas IV, élu le 18 novembre 163S, sVibiige, par un article des Pacta convenia, à exécuter les articles de pacificalloti delà religion grecque. — Protestation de Rutski, de ses suH>a{^aTil^, des évêques et de quelques seigneurs latins. — Ladislas pr&te eeriiH'iil d'observer les Pacta convenia (14 novembre). — Réclamations des catholiques. — Préparatifs du couronnement royal. — Funérailles de Sigismond IIL — Le métropolite Rutski et ses suflTragaDts prennent part à ces cérémonies. — Diète du couronnement. — Ladislas est sacré dnn^ la cathédrale de Cracovie (6 février 1633). ^ Les schismaliques obtiennent de Ladislas IV un diplôme, qui leur garantit Texécutiou des articles de pacification et organise la hiérarchie schismatique.

« L'tjîeclion du roi de Pologne, disait le nonce Visconti, est M la plus grande affaire qui puisse se négocier dans la chréu lien lé. ^ L'Europe était tenue en suspens par cettle cris€ retloutable, dont Tissue pouvait détruire l'équilibre du monde. Si l'existence de la Pologne n*était pas encore mise en question à chaque interrègne, aucun d'eux ne passait sans emporter un

lambeau des institutions monarchiques et déposer un germe nouveau d'anarchie. Jusqu'à ce que la noblesse eût acclamé un prince d*une voix unanime, on pouvait toujours redouter une guerre civile et un bouleversement complet de la Pologne. Lorsque l'Ordre équestre fut appelé tout entier à Varsovie par l'archevêque de Gnesen, pour élire le successeur de Sigismond m, le péril était peut-être moins grand que de coutume, car le choix du futur monarque ne pouvait pas être douteux. Le prince royal Ladislas avait toujours été cher à la noblesse. Né au milieu d'elle, partageant volontiers ses plaisirs, il avait toutes ses qualités, toutes ses habitudes et par là même toute sa confiance. Son nom rappelait les glorieuses expéditions de Moscou et de Ghocim ; et on le savait aussi habile à manier les affaires qu'à conduire une armée.

On craignit d'abord qu'il n'eût dans Gustave-Adolphe un compétiteur redoutable. « Pour être roi de Pologne, disait le « dominateur de l'Allemagne, je me ferais Jésuite*. » Il pouvait faire appuyer sa candidature par une armée toujours prête à la victoire ; et il avait des intelligences parmi les protestants, tout disposés à lui servir d'auxiliaires, en Pologne comme en Allemagne. Cependant, à Theure décisive, il ne fît rien pour acquérir une couronne si ardemment convoitée, soit qu'il fût effrayé par l'attitude ouvertement hostile de certains palatinats, soit qu'il craignît de compromettre le fruit de ses victoires en étendant outre mesure le champ de son action *.

Quoique la noblesse fût décidée à donner la couronne au prince Ladislas, elle ne renonça pas à la lui marchander le plus longtemps possible. On était résolu tout d'abord à ne pas procéder à l'élection, avant que Ton eût réglé déQnitivement les questions soulevées dans la Diète de convocation. Nous allons retrouver, au sein de cette armée de gentilshommes, assemblés pour l'élection, les plaintes, les reproches, les menaces que nous avons entendus déjà dans la chambre des

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