‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 180 sur 316 · CHAPITRE IV. — DKWnERS JOURS DIT MÉTROPOLITE RUT8KI · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — DKWnERS JOURS DIT MÉTROPOLITE RUT8KI

tances eurent certainomenl moins de valeur aux yeux d*UrbaîD VIH que celles d'une simple femme, Anne Ghodkiewicz, duchesse d'Ostrog et palatine de Yilna. La petite-fille d'Os< trogski voulut solliciter elle-même la béatification du saint martyr de l'Union ; et cette démarche était, à elle seule, une démonstration éclatante des services que Josaphat avait readus à TËglise rutbène. Enfin, te roi Ladislas intervint pour bâter la béatification. Il écrivit à ce sujet au Souverain Pontife et donna ordre à son ambassadeur, Ossolinski, de presser la conclusion de cette affaire * .

Lorsque Korsak arriva à Rome, les auditeurs de Rote, chargés de la cause, avaient déjà repris leurs travaux avec activité. Le 12 août 1633, ils examinèrent la validité des procédures accomplies dans Rome, pour la revision du procès de Polock et Taudition de quelques nouveaux témoins. Parmi ceux-ci, on comptait Tévéque de Nola, Lancelotti, nonce en Pologne au temps du martyre de Josaphat, et un prêtre ruthène, qui avait rapporté tous les détails de cet événement, diaprés le récit de son propre frère, serviteur de Tarchevéque et témoin de ses derniers instants. Lancelotti avait fait sa déposition dans des termes tellement a£féctueux pour saint Josaphat et les Uniates, que Rutski l'en remercia avec effusion, en lai recommandant Korsak.

Après un minutieux examen de toutes les pièces de la cause, les auditeurs de Rote portèrent enfin leur jugement, qui fut complètement favorable ; et leur doyen, le célèbre canoniste Jean-Baptiste Coccini, présenta au Pape et à la sacrée Congrégation des Rites sa relation de la cause *. Cette pièce est un chef-d'œuvre de discussion, et Fauteur s'y montre aussi savant théologien qu'habile canoniste. La première partie est consacrée à l'examen de la validité du procès et des preuves qu'il contient. Sans disâmuler les vices de forme que les juges de Polock n'ont pas su éviter, Coccini conclut cependant à la validation de la procédure.

1, B€iat. AudiL Bat.

2. Coccini a été un de« principaux bienfaiteurs du Collège romain de la Compagnie de Jésus, auquel U laissa ses manuscrits et sa riche bibUo^ thèque. 11 eut pour assesseurs dans la cause de saint Josaphat PhUipp© Piro^ani et Clément Merlini.

Saint josapaat. — livre vn

Dans la seconde partie de son travail, il élargit la questios et traite des caractères du martyre en général, etdeia certitude qu'il donne à lui seul de la sainteté d'un serviteur de Diea. Cette discussion était importante, parce que la traditin de la Congrégation des Rites n'était pas encore fixée surk marche à suivre dans la canonisation des martyrs ; et od se demandait si on devait exiger pour eux la preuve de mincies accomplis après leur mort. La troisième partie de la relatsi contenait un récit abrégé de la vie de Josaphat. L'autor, appliquant ensuite ses principes au serviteur de Dieu, démottraït que sa mort présentait tous les signes du martyre etqi». sa sainteté était indubitable. La quatrième partie était con» crée à Texamen des miracles opérés par Josaphat, et surtout des prodiges qui avaient signalé sa dernière heure et sesfonfr railles .

« Voilà, Très-Saint-Père, disait Coccini en terminant, ceijÉ c nous avons k vous rapporter, sous la foi de témoigospi V publics, sur les actions du très courageux pontife Josapiatj n sur la mort qu'il a subie dans la grÀce du Christ pour Uii^ ii fense du siège apostolique, sur les signes de la puissuei a qu*il a reçue au ciel. C*està vous, Très-Saint- Père, qui p^- ^t sédez Tautorité dans les choses divines, de prononcer si fl convient de le placer publiquement au catalogue dessainti^ « et de lui accorder sur la terre le titre et les honneurs qn n tant de mérites lui ont acquis au ciel. C*està vous d'accords u la gloire du triomphe à ce héros, qui a soutenu un rudecot « bat pour 1 honneur de votre nom, et qui a remporté au pu a de son sang la victoire sur vos ennemis.

<t La Pologne, la Lithuanie, la Ruthénie s'unissent à leurrft « pour vous demander cette faveur. Par la canonisation d» * martyr, tous les catholiques de ces contrées seront proiou que s à suivre son exemple, qui sera pour eux un encou^a{^ 4 ment et un aiguillon. Déjà ces régions sont illuminées ^ « tant de vertus. Que le ciel à son tour soit décoré d'unasW <t nouveau, qui répandra la lumière dans tout le septentrioif u dissipera dans ces contrées les ténèbres profondes du schisos « et de rhérésie, augmenterai gloire de rEglise, réclatetb *. prospérité de votre pontificat *. »

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