‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 184 sur 316 · CHAPITRE IV. — DERNIERS JOURS DU MÉTROPOLITE RUTSKI · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — DERNIERS JOURS DU MÉTROPOLITE RUTSKI

pour la conduite de ces deux communautés. Le Chapitre jugea que les moines de la Congrégation étaient en mesure de conduire seuls le séminaire, mais il se détermina à demander le concours de deux Jésuites pour la direction du noviciat. On ne voulait pas cependant que cette situation anormale se prolongeât, et on prit des mesures pour préparer la translation du noviciat au monastère de la Sainte-Trinité de Yilna, sous le gouvernement exclusif des moines de cette maison. Enfin le métropolite eut la joie de réunir à la Congrégation le monastère de Derman, restauré par Smotrycki. On eût dit que Tancien champion du schisme, mort l'année précédente, sortait de sa tombe pour offrir lui-même à son vainqueur le fruit de sa pénitence et de ses travaux.

Cette accession portait à trente environle nombre des monastères de la réforme basilienne. Plusieurs de ces maisons étaient plutôt des stations de missionnaires que de véritables communautés monastiques ; mais k Vilna, à Zyrowice, à Byten, à Dubno, à Derman, à Polock et ailleurs encore, tous les exercices de la vie claustrale étaient régulièrement pratiqués. Dix monastères, dont huit de fondation nouvelle, abritaient de ferventes familles de vierges et de veuves, consacrées à Dieu sous la règle de saint Basile et la direction des moines de la réforme ^ Le vénérable métropolite moissonnait le fruit de ses travaux, sur le lieu même où il avait semé dans les larmes avec saint Josaphat.

Ces dernières consolations, qui couronnaient la rude vie du saint vieillard, furent tempérées par de véritables amertumes. Non seulement Rutski fut contraint de prendre, dans le Chapitre général de 1636, de sévères mesures pour empêcher de graves abus ; mais il eut la douleur de constater lui-même que le développement de son œuvre ne répondait pas à toutes ses espérances. Une sorte de malaise général se déclarait dans la Congrégation : les vocations ne se multipliaient pas, et Tesprit religieux semblait parfois s'affaiblir. Les Pères du Chapitre général recherchèrent les causes et les remèdes de ce mal et prirent différentes mesures pour fortifier Téducation religieuse des novices et pour maintenir les jeunes profès, les étudiants surtout, dans l'esprit de leur état.

1. Susza, De laboribus unitorum^ ap. Harasiewicz, ^nn.^cc. ii2z//t.p.305.

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La source principale de cet affaiblissement, qtii pODWÎi devenir si funeste, fut signalée parle métropolite luî-mémi^ dans une dernière exhortation, avant la cluture de rassembiêt L'autorité des supérieurs n'était pas assez respectée ; eLqotnd V esprit d'obéissance diminue dans une société religieuse, t«ul s*afTaisse avec lui. Rulski fut sévère pour les supérieurs de sa Congrégation. Il leur reprocha de négliger souvent leiïrî devoirs, de n'être pas assez soucieux des besoins tempordi ei de la direction spirituelle de leurs frères. Comment m s'aperçut-il pas qu'il avait ôté lui-même la puissance ûb mains de ses hégoumènes et de ses archimandrites ? £q Im enlevant à la fois l'auréole de la paternité el !a force que lape> pétuité donne au pouvoir, n'avait-il pas favorisé ce triste affaiblissement de l'esprit d'obéissance? Malgré sa vertu et nt expérience, Rutski n'apporta que des palliatifs à une pliii; qu'il avait faite de ses propres mains, et qu'il ne sonda {«^ dans toute sa profondeur.

Le Chapitre général des Basiliens fut terminé le 3 août. U lendemain, une grande cérémonie unit dans une allégr^v* commune le clergé et les fidèles des deux rites. Vilna éUit m ïéle, pour la translation des reliques de saint Casimir, ^nm de Pologne et patron de la Lithuanie. Son corps virginal airi été découvert, quelques années auparavant, exempt de corn^ lion et exhalant un parfum céleste. Sigismond !ïî, alors rëgoait fît aussitôt construire dans la cathédrale une chapelle ma^ tique, pour recevoir les reliques d'un saint, qui était à la (^■ la gloire la plus pure de la famille royale et un des premier^ patrons de la Pologne *.

La mort ne laissa pas au vieux roi le temps d'achever « travail; maisson fils Ladislas remplit fidèlement ses iotentioûs: et quand tout fut prêt pour l'inauguration de ce sompiueo monument, le prince voulut se rendre à Vi na pour 1 offrir l«imôme à saint Casimir. La princesse Anne-Constance atc^m* pagnait son frère et apportait une lampe d'or, préparée autrefois pour ce saint lieu par sa mère la reine Constance. Le nonr*^ du Pape, un grand nombre de sénateurs et une fouie degiet

1. S. Casimir, fils de Casimir III JagellooidC; roi de Polof^e, était Tn: (]e Sigismond I, dont la fille Catherine épousa Jean 111, roi de Suéde^^ fut mère de Sigismond III.

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