‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 191 sur 316 · Ib. m · texte numérisé non relu

Ib. m

CHAP. I. — - NOUVEAUX KIRAGLSS ET BÉATIFiCAjnUN DE JOSAPHAT 357

religifiiises Ixanciscaîiies de -Grodao se Virenl cofitraii^eft de ^ailier leur couvéat at de cbercher un êàile à la camjMÇDa^ chez Christophe Tyszkiewicz, «lailre d'hôtel de SLonita . L'une d'eatre elles. Praaçoîfte JarzykowkzowAa, avaii été l^iJijieide soriilèges ; et depuis ce moment, eiie était en batte à louèea tes malices du démon, qui trouvait sans cesse oiecaaîoB de hû Duire. Dans la maison de Tjs^kiewicz, elle fat fnf>pée àpdiasieurs reprises d'épilepsie ; et, dans lui accès de cette affrenue maladie, elle avala une épingle. Les suites de cet aeoileat furent effrayantes, et en quelques instants Tiafortiuiée religieuse fat à Ta^oaie. Elle avait déjà perdu la paroie et Ja vue lorsque le confesseur de son coiivent^ comme elle eafaot de saint François, eut la pensée de recourir à saint Josaphat. La femjne de Tyszkiewicz possédait un HH>rceau de Uoge treaifé 4aas le sang du martyr. Le confesseur le plaça aur les yeux de la mourante : elle recouvra inimédiatement la vue, et rejefta Tépingle qui TétouiTaiL Depuis ce moment, .elle fui affranchie de la puissance du démon et ne ressentit plus auouae attaque d'épilepsie^

£a iS33y saint Josaphat dut intervenir pour |a*Dléger \mmême ses propres reliques et sa cathédrale. Lors de Tinvaeion ifoudaioe des Moscovites, qui troubla la Diète d'élection de Ladislas IV, ces ennemi^ de l'Union se. jetèrent À TimfU'.ovîsie fi^^r la ville de Pdlock, et la ravagèrent par ,1e fer et le lèu. La citadelle n'était pas encore en leur jpouvoâr^ mais ataouft jnoyen de défense n'était préparé. L'arcb«evéque Antoîne ^elawa et son clergé tremblûent pour Tégliae cathédrale et poat: le corps de saint Josaphat. .Les Moscovites n'awaieiit f^a'à franchir Tenceinte de la citadelle pour se rendre jnaitres de ce précieux trésor. N'espérant aucun secosars humain, larchevôqiue se jette à genoux devant le tooibeaa du saint iaartyr«,et le supplie de se protéger lui-même.

Déjà les Moscovites se préparent à Tasaaut, iârsqiâlile voieiit tout à coup de nombreux combattants qui viennent prendre posUioBi sur les remparts de la forteresse. Un énfèque ks^ooni'noande et les anime au combat. A cette vue^ la terreur «'«oap^e des assaillants. Se croyant menacés par des forces ê^igérieures en nombre, ils renoncent à leur attaque et abandon-

i . Susza, mir. 15, 70 et 77.

nent la ville elle-même, dans la crainte de quelque surprise. Quand on fut à compter le nombre des défenseurs du château, on n'y trouva pas> en tout cinquante personnes. Dans cette mémorahle journée, Josaphat avait sauvé son église, délivré son peuple et fait connaître aux Moscovites une puissance qu'ils n'ont jamais envisagée depuis ce moment qu'avec une secrète terreur. Ils avaient vu se dresser contre eux un nouveau soldat de cette troupe invincible des saints polonais, qui leur a infligé tant d'humiliantes défaites ^

Au milieu du désordre qui précéda rentrée des Moscovites dans la ville, l'archevêque de Polock offrit au notaire Jean Dziahilewicz un asile pour sa vieille mère au palais archiépiscopaU dîins la citadelle. Cette femme était toujours obstinée dans gan endurcissement schismati que ; et depuis dix-sept années que son fils était converti à l'Union, elle ne lui avait adressé la parole que pour lui faire entendre des duretés et des reproches. Quand elle connut la proposition de Sielawa: < Jliai volontiers, dit-elle, chez Tarchevêque, mais je n'irai « pas au tombeau de Josaphat ». Elle voulait encore insulter à la gloire du saint martyr jusque dans cette citadelle, qu'il couvrait alors d'une protection miraculeuse. Le châtiment ne se fit pas attendre. Au moment où la vieille femme se faîsaii conduire au château, elle fut frappée ati pied par un soldat, et ne put gagner Tasile que Tindulgente chtfritede rarchevéque uniate lui avait préparé *.

Les faciles progrès des Moscovites en Ruthénie-Blanche furent promptement arrêtés parles victoires de Ladislasff. Dès que l'ennemi eut quitté Polock, les démonstrations de II piété envers saint Josaphat recommencèrent avec un éclal toujours croissant. A de moment même, le roi et le méinopolite renouvelaient leurs instances pour la béatification, et les procédures marchaient à Rome d'un pas rapide. Nous connaissons les obstacles qui les entravèrent tout à coup.

Lorsque des ordres furent donnés, en 1635, pour une seconde enquête, do nouveaux miracles éclatèrent autour de ia tombe de Josaphat. En 1636, le fidèle intendant qui »'< *it offert k la mort pour sauver son maître, Emmanuel Cantî îU-

1. J^r^ Cmnmiss. Apost. Deposit Mich. Tyszkiewicz. 2. Siis/n, Curs. Vit. p. 65.

Susza, mil "«8.

zène lui dut la guérison subite de sa fille, enfant de quatre ans, qu'une fièvre maligne réduisait à la dernière extrémité.

La môme année, Tautre compagnon du martyre de Josaphat, Tarchidiacre Dorothée Lecikowicz, abandonné des médecins dans une maladie mortelle, implora l'assistance de l^rchevôque. Il trempa dans sa boisson une relique du martyr, et se trouva immédiatement guéri. Le lendemain il célébrait le saint sacrifice ^

Jean Ghodyga, le premier schismatique que Josaphat avait ramené à l'Union après son martyre, conservait la plus filiale dévotion au saint archevêque. Le 26 août 1636, il descendait de nuit la Dwina, emmenant de Vitehsk à Polock deux bateaux chargés de marchandises, lorsqu'il fut assailli tout à coup, au milieu des ténèbres, par deux gentilshommes schismatiques, Grégoire Glinski et son père. Ces deux misérables se ruèrent sur lui et en un clin d'œil lui firent douze blessures. Incapable de se défendre, le malheureux Chodyga n'avait de salut que dans la fuite. Il s'élance aussitôt dans le fleuve pour gagner la terre k la nage. Mais les eaux sont profondes, le courant rapide, et le sang coule en abondance des plaies du malheureux marchand. Il doit périr avant d'avoir atteint le rivage. Alors, il a recours à saint Josaphat dont il porte toujours une relique suspendue à son cou. « Saint Josaphat, aidez-moi ! » s'écriet-il en sautant dans la rivière ; et malgré ses blessures et le poids de ses vêtements, il parvient à gagner la terre, et remercie Dieu et le saint martyr, qui viennent de lui sauver la vie.

Au mois de juillet de Tannée suivante, la femme du même Ghodyga, Marguerite Trudnianka, fut atteinte d'un mal qui lui fit enfler le visage au point qu'elle ne pouvait ni voir ni ouvrir la bouche. Le 8 août, elle promit de se rendre au tombeau du saint martyr et d'y porter un ex-voto. Le lendemain, elle accomplissait sa promesse et revenait chez elle si complètement guérie, qu'il était impossible de retrouver sur son visage la moindre trace de son mal '.

La même année, le 24 février, à cent trente lieues de Polock, un pauvre paysan du village de Kolodezie, près de Luck, en

1, Susza, Curs, Vit. mir. 80. j

Page 1