‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 190 sur 316 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

NOtlVBAUX IIIBAGLBS ET BÉATIFICATION DE JOSAPHAT.

Josaphat survit dans la mémoire du peuple ruthëne aux autres fondateurs de r Union* — GuériaouB et faveurs niiraculeuses obtenues par son

r intercession. — La citadelle de Polock défendue contre les Moscovites par saint Josaphat (1633). — Miracles obtenus par Emmanuel Cantacuzëne

I et Jean Chodyga. — Seconde enquête faite à Polock pour la béatification (1637). — Reconnaissance des reliques de Josaphat. — Le métropolite Raphaël Korsak se rend à Rome pour presser la canonisation. >— La sacrée Congrégation des Rites reconnaît un c€iractëre miraculeux à quatre guérisons opérées par le martyr de l'Union. — Elle déclare que l'on peut procéder A sa* canouisation. — Urbain VIII autorise le culte de Josaphat dans toutes les égli>es de Tordre de Saint-Basile et de la Ruthénie (16 mai 1643). — Koisak mort A Rome avant cette concession. — . Nombreux miracles et apparitions de Josaphat >- Léon-Casiinir Sapieha offre une châsse d'argent pour les reliques du saint martyr. — L'archevêque de Polock, Antoine Sielawa, fonde un collège de six chapelains, pour le service de la chapelle du bienheureux Josaphat.

Un demi-siècle n'est pas encore écoulé depuis la signature du pacte de Brzesc, et déjà nous ne retrouvons plus un seul des hommes qui ont travaillé à cette œuvre de réconciliation et de paix. Le négociateur deTUnion, Cyrille Terlecki, a disp'aru le premier, enveloppant ses dernières années dans une obscurité qui étonne Ttiistoire. Hypace Pociey, resté seul sur la. scène, de venue un champ de bataille, n'est tombé qu'après la victoire ; et quand il est mort à son tour, deshommes nouveaux avaient déjà mis la main, sous ses yeux, à la difficile entreprise de réforme et d'apostolat qu'il n'avait pu commencer lui-môme.

L'un d'eux^le premier et le plus grand, Josaphat Kuncewicz, a été frappé au milieu de sa course ; mais, par sa mort plus encore que par le labeur de sa vie, il a assuré le triomphe de

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Tœuvre à laquelle il s'était voué. L'autre, Joseph RuUti, xm de s'éteindre, chargé d'années et épuisé de travaux. Cèlaiik dernier survivant des grandes luttes de T Union naissajil?. Sigismond 111, le royal protecteur de ces hommes courageuï.i devancé Rutski dans la tombe. Peu h peu robscuritéenvirïtK » tous ces hommes, qui méritaient cependant la recoDuai^^ci

i éternelle du peuple ruthène.

' Dès le lendemain de leur mort, le souvenir de Terlecki î{i

i Pociey s'efface pour ne plus revivre. Celui de Rutski duras

I plus longtemps. Un certain éclat s'attaclie mômeàsoDoc^

auquel on rapporte presque tout l'honneur de la réc^tocilta;»

I des Ruthënes avec TËglise ; mais cette renommée ne &î\iti

pas en dehors d'un cercle étroit de lettrés. Le peuple rui'ii^

oubliera vite et pour toujours le réformateur de ses raona-t tû.

l'organisateur de ses églises, comme il a déjà oublié Pocievt

patriarche vénérable de TUnion. Le nom même de SigismjUx!!!!

n'éveillera bientôt que des souvenirs confus. Travesti parrcfr

(toire, le pieux roi n'apparaîtra aux savants eux-méraesquesoi un faux masque de persécuteur.

De toute celte génération vaillante, un seul homme r^ populaire. Son nom est dans toutes les bouches; lesloiat^' le répètent avec amour; les schismatiques ne Tenlenti*jamais sans effroi. Les savants oublient ce que ce n* signifie ;ib attribueraient de préférence à celui de Rut^bt prestige dont il est entouré; mais Tinstiact du peuple ce*: trompe pas. Il connaît, il aime, il invoque Jasaphat v^^ Tauteur et le soutien de sa foi, comme son défeoseur ioïi\o^ vigilant, son père toujours dévoué. Plus le passé s'éioip*plus l'oubli qui entoure la mémoire des fondateurs de itgfii' uniate devient profond, plus la gloire de Josaphat brilltfli radieux éclat.

Non seulement le martyr de Polock vil dans la pensée i' C(Bur du peuple ruthène ; mais du fond de sa tombe il pafitagit, il secourt ses amis et ses frères, il reste associé à toal^ les destinées de sa nation. Sa première vie n'a été que lepf* lude d'une seconde, triomphante et glaritlée, renipiii^ ^^^^ la première par une série de grandes œuvres el de bît^nfut Sous ce rapport encore, seul parmi les premiers champf'^de rUnion ruthène, Josaphat a le don des saints. Cet If ^ toire posthume du saint martyr ne peut êlre completemîtl

détachée des annales de l'Ëglise rulhèae et de la nation polonaise. En la racontant, il faudra jeter quelquefois le regard sur la scène politique ; mais nous ne le ferons désormais qU'eti passant. Notre rôle d'historien est terminé, et nous nous renfermerons de plus en plus dans celui de simple biographe de saint Josaphat.

Depuis la première enquête faite à Polock pour la béatificaltion de Josaphat, nous n'avons mentionné aucun des miracles opérés par le saint martyr. Il n'avait pas cessé cependant de donner des preuves signalées de sa puissance ; et quelques-uns des nombreux récits qui nous en ont conservé le souvenir doivent trouver place dans cette histoire.

Au mois de juillet 1629, la fille de Michel Orzechowicz, bourgeois de Smolensk, mourait d'une fièvre maligne. Un religieux franciscain, nommé Jérôme, lui conseilla d'invoquer saint Josaphat et lui donna des morceaux du cilice de Tarchevéque et d'une étoffe imbibée de son sang. La jeune fille et ses parents implorèrent ensemble le serviteur de Dieu, et presque immédiatement la malade s'endormit. C'était le soir. Elle reposa durant toute la nuit; et le jour suivant était déjà bien avancé, lorsque le père, craignant que sa fille ne fût en léthargie, essaya de l'éveiller. Il n'y parvint qu'avec peine. « Qu'avez- « vous fait? dit la jeune fille en ouvrant les yeux. Saint Josaff phat était auprès de moi. Il m'a consolée et promis la santé, t II m'a fait des onctions sur le sommet de la tète et aux tem- « pes, à l'endroit où bat le pouls. Son teint était coloré, sa « barbe noire. Il portait un bonnet. Il voulait me montrer la « blessure de sa tète, lorsque vous m'avez éveillée. » Et elle se mit à pleurer; mais les parents ne purent s'associer à ses larmes : leur fille était guérie ^

La même année, une relique semblable à celle qui guérissait la fille du bourgeois de Smolensk opérait des prodiges dans la maison de Georges Mieleszko, porte-étendard de Slonim. Ce gentilhomme était un parent et peut-être le fils du fondateur de Zyrowice. Nous savons déjà que Josaphat aimait à rendre, par des miracles, l'assistance qu'il avait autrefois reçue de ses bienfaiteurs. Une servante de la femme de Georges Mieleszko souffrait depuis quelques années d'afifreux maux de tète, qui

i. Susza, Ours. VU, mir. 69.

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^ Im étaient presque eonstamment le soui meiï et là Tae. An cnr

^'' toel de U rulique de Josapëat, toutes aes douleurs disp^nireu;

I U« enfant ëesix mois^ Jeaa Grabioski^ petit fils de Ukw-^ûi

aUeint d'une angine, ne pouvait plus rien avaler, et &«s \m décomposés annonçaient une mort prochaine. Aus^iUt p> lui eut pa^sé au cou la relique de saint Josaphat, ilTecL^^rn immédiatement la santé * .

Jean PxiahiLewicz,notaire de Polock^ obtinl également h gn^ rison de deux membres de sa famille, en récomper ^e > généreux services qu'il avait autrefois prodif^uèsau as martyr. Un fils de cet bomme dévoué allait périr&Qber<& dans d'affreuses douleurs, et sa mère était déjà en prr plus violent désespoir, lorsque Dziabîlewicz pensa tout 'c à vouer son enfant à saint Josapbat. Il le prit dan» ses \mt> le porta en pleurant au tombeau du saiot martyr OntKp instants après, Tenfant rejetait sans peine une pierre, ^• comme un pois, qui était la cause de sa maladie; cl l^ Dziahilev^iczLe remettait plein de vie à la mère. Le ^tm malade que Josapbat guérit dans la maison de son anc «m» lut un enfant de dieux ans, neveu de Dziahilewlcz, qui sodbt de fréquentes attaques d^épilepsie. Elles disparurent dès^i'ai Teut recommandé au saint martyr ^.

La même année 1630, la femme d'un conseiller de Pa^^ fut frappée de paralysie ; et les médecins épuisèrent touui'^ ressources de leiir art sans la guérir. Celle femme étmî^^^ matique; mais son fils, Gabriel Sitnianowicz, uoiaie ferrrii lexbortait à invoquer Josapbat. Le pieux jeune homme ^'^ convaincu que si sa mère consentait à rendre homniF^'?* n^Liirtyr de TUnion, elle obtiendrait de lut en même teo^H santé du corps et le salut de Tâme. Sa foi ne fut pas tromp* A peine la malade eut-elle fait un vœu au tombeau du ^^^ arcbevéque, qu elle recouvra subitement Pusage de sesp^ bres. Toncbée de ce bienfait , elle déclara au^sît^t qa^ voulait embrasser la foi que Josapbat avait prècbée '.

Peu de temps après cette conversion, au mois de sepif^^ 1630, la peste ravageait certaines contrées de la Lilbuam^A^

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