‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 193 sur 316 · lisz&, mir · texte numérisé non relu

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2. En tG36, Rorsak avait reçu i cet effet des procurations en forme àtk Congréf^^tioQ de la Propagande, de Tarchevèque et du chapitre de Poloek, des èvt f(ucs latins et des chapitres de Luck et de Samogitie, sur le teflitolre df squcls étaient situés Wlodimir et Polock, la ville natale et le Km du martyre de Josaphat,

CHÀP. 1. — NOUVEAUX MIRACLES ET BÉATIPICATlOlf DE JOSAPHAT 3M

L*attioritéde leurs témoignages était si grande, à cause des rapports intimes qu'ils avaient eus avec rarrchevéque et de la précision de leurs réponses, que les juges u eurent pas besoin d'appeler un plus grand nombre de personnes devant leur tribaïuil Après deux siècles, il edt encore impossible de lire ces dépositions sans être gagné par les sentiments de respect et d'amour que ces contemporains du saint martyr savent exprimer avec tant de vérité et de chaleur ^

L^interrogatoire de Michel Tyszkiewicz fkit signalé par lin ioddent qui mérite d'être rapporté. Les commissaires insistaient particulièrement sur le motif de la' mort de Josaphat. C'était le point capital de la cause; et il revenait deux fois, sous des formes à peine différentes, dans les affirmations du procu- .^

reur. Le métropolite demanda donc à Michel Tyszkiewicz si les meurtriers avaient réellement tué Josaphat en haine de Tuoilé de TEglise et de la primauté de sairït Pierre. Le témoin , v:^

n'hésita pas un instant sur la réponse. « Je sais, et je sais très '^

« bien, dit-il, car j'ai parfaitement connu tout ce qui s'est fait « par rapport à Josaphat, que les schismatiques ne trouvaient c rien à reprocher au serviteur de Dieu. Ils l'appelaient eux- « mêmes le Saint, lis l'ont haï, injurié, menacé; ils lui ont^ « tendu des embûches, et ils ont consphré contre lui, imique- < ment parce que le serviteur de Dieu obéissait au Pape et « s'efforçait de les attirer à l'union avec la sainte Église roc maioe et d'anéantir le schisme. »

Quelques instants après, les juges demandèrent de nouveau au témoin si Josaphat était tenu, à Polock et dans tout le royaume, pour un véritable martyr^ mis à mort en haine de la foi catholique. Michel Tyszkiewicz ne comprit pas cette insis*" tance sur un fait qui lui paraissait plus clair que la lumière du jour ; et tout ému, comme si on eût mis en doute sa parole de geatiihomme : « Je m'étonne en vérité. Illustrissimes et Rêvé-» c rendissimes Seigneurs, que vous me demandiez et que vous r|

c m'ordonniez de répéter ce que j'ai déjà dit tant de fois. Enfin,' c puisque le Saint-Siège apostolique le veut ainsi, je parlerai « encore.

s Moi qui suis officier assermenté du rm, et qui ai prêté un'

1. L^audition des témoins, commencée le 12 août, ne fut terminée que le 25 ; chacun d*euz occupait le tribunal durant une séance entière.

SAINT JOSAPHAT. — LIVRE Vm

a nouveau serment en qualité de témoin dans cette cause, ï comment pourrais-je garderie silence, si je savais que ks 1 schismatiques avaient donné le moindre signe de haine coi- ^ iFe Josaphat pour un autre motif que la défense de la pri- > mauté pontificale? J^ai pénétré jusque dans les deraières if profondeurs leurs sentiments pervers à son égard ; maisje *t. ne demande pas qu'on s'en rapporte à mon témoignage j'a c appiîlle à tous mes concitoyens et à tout le royaume di n Fologae, où Ton a toujours regardé la mort de Josapbil il comme un véritable martyre ; et cette conviction est si fern»i i* et si constante, qu*à Texceplion des schismatiques et des 4 hérétiques, ennemis de la foi et non des mœurs de Josaphal ^ personne n'a jamais eu Timpudence de dire le contrais.

a M al [leur à la ville, malheur au diocèse, malheur au royaDise^ A de t^ologne, si on commençait à y porter sur la sainteté, li^ H martyre et les miracles de Josaphat un jugement différât ^i de celui qu'on a formé jusqu'à présent M »

Le ^li août, les commissaires se rendirent à la cathédnk

pour faire la reconnaissance des reliques de Josaphat. U

procès-verbal de cette visite nous apprend que la piété d»

lidèles avait déjà paré de riches ornements le tombeau du8e^

viteur de Dieu. Au-dessus de la pierre qui le fermait, on lOsA

un grand tableau représentant Josaphat revêtu des babil

ponHIicaux; et autour, douze autres peintures de moindit

dimension reproduisaient les principales scènes de son marljit

jusquli l'extraction de son corps des eaux de la Dwina. De*

écussons portant la rose blanche, insigne de la fanaiUe Kuncfr»

wicz, étaient placés de^ihaque côté de l'image principale, l^

très grand nombre d'ex-voto d'or, d'argent, de cire, compi*^

laienL cette décoration. Sur la face antérieure du tombeau, ^'

martyr était peint revêtu d'habits pontificaux de couleur blaf

che, couché, et la tête posée sur. un oreiller de couleur verte»

Une grande lampe d'argent brûlait nuitetjour devant le mofli-

ment.

Le caveau, préparé autrefois par Josaphat lui-même, étaîl fermé par des portes munies de serrures. Les commissaires !<• firent ouvrir et aperçurent le cercueil garni de soie rou^ dans lequel était renfermé le corps du martyr. « Josapb*^

i. Avl. Conuniss. Aposl. Deposit. Mich. Tyszkicwicz

« disent- ils dans leur relation officielle, était reTêtu des habits « pontificaux. Mais ces vêtements sont aussitôt tombés en pousu sièfe, et il n'en est plus resté que de petits morceaux, Thu- «.midilédu lieu les ayant réduits en pourriture. Nous avons c jugé qu'il fallait leur substituer d'autres vêtements, sans « rien y ajouter qui pût offenser qui que ce soit et avoir Fappa-. « rence de l'introduction d'un culte nouveau. Nous avons voulu • seulement rendre à un si grand martyr le respect qui lui est a dû, sans bruit ni concours du peuple.

« Voici en quel état nous avons retrouvé ce corps béni. II « avait sur la tête une mitre épiscopale de simple soie rouge. «c Ayant enlevé cet ornement, nous avons remarqué que tous « les cheveux étaient tombés et réduits en poussière ainsi que « la barbe. Toutefois la tête était encore couverte de sa peau « et de sa chair, comme les juges l'ont vérifié au toucher. Sur «. la tête apparaissait la blessure mortelle, et sur le front la « trace d'un ,coup violent ; sur le visage et sur le nez, les signes « de plusieurs contusions. Cependant les oreilles et le nez u, étaient entièrement conservés. Passant plus avant, pous « avons examiné le corps complètement nu : la poitrine, les «c . mains, les bras étaient en parfait état de conservation, et « seulement desséchés. Le petit doigt de la main droite et le m pouce de la gauche avaient été coupés, et un morceau de if chair enlevé sur le pied gauche. Tout le reste du corps était «( parfaitement intact. » La main gauche était remplie de petits papiers déposés par les commissaires et les témoins de la première enquête, et contenant des recommandations faites par eux au saint martyr.

L'examen terminé, le saint corps fut revêtu de nouveaux -vêtements pontificaux et placé dans un cercueil de cyprès, que le métropolite Korsak avait apporté d'Italie. On le descendit ejDsaite dans le tombeau, auquel on laissa tous ses ornements^ « car, dit la relation, si on les eût ôtés, il eût pu en résulter du m scandale pour le peuple et du tumulte dans cette ville, où les « catholiques des deux rites sont très dévots au serviteur de f( Dieu et martyr * ».

i. La relation de cette visite a été insérée dans le procès de béatification. he P. Contieri Ta traduite et publiée en italien : VUa di S. Giosafat, p. 388.

36i SAOKT JOSAPHAT. — uvnx vm

Le méiropoliteKorsak regardait la béaiification de sainlien phat comme le premier intérêt de TËglise anlate. Dansti cnaÎQte de nouveaux retards, il n'hésita pas à se rendre taimême à Rome, pour porter les actes de l'enquête et ponrhiler la> marche des procédures. Il eut soin de se munir de lettres 4i roi Ladtslas, qui appuyaient fortement samission.

Le 3 décembre 1639, Urbain VIH répondait au Toi, et«piè! \ts éloges les plus (latlenrs de Korsak, ri ajoutait :« VM « louons par-dessus tout la piété qui porte Votre tfajestéàSBt c lictter avec tant d'ardeur les honneurs célestes pour le se^ c viteur de Dieu iosaphatt. Désirant répondre par ime gikt ff à vos prières, nous avons ordonné de metire cette eane ei « discussion.le plus promptement possible dans la Goopép* c tion des cardinaux préposés aux Rites sacrés ^ »

La revision du procès de Polock commença aussitôt ;iDii les formalités d'usage demandèrent plus d'une année. EDis le â mars 1641, il fut déclaré valide, et le Pape permildecua mencer Texamen de la cause dans les réunions ordinaires dcl Congrégation des Rites. La charge de rapporteur ou Pcm fut confiée au cardinal Jean-Baptisie Pamphili, qui alhiitMa têt succéder à Urbain Vill sur la chaire de saint Pierre, le nom d'Innocent X.

Le 9 août 1642, sur les conclusionfs de ce prince de l'£^ la Congrégation fut d'avis « qu'il constait du martyre et et c cause du martyre du serviteur de Dieu Josaphat, aereheiTéi|i c de Polock ». Mais alors un doute se présenta La réaiilé martyre étant prouvée, la sainteté de celui qui Tavait soufe n*étail-elle pas indubitable, et devait-on exiger la preuTe miracles opérés par son intercession ?

£n 1633, les auditeurs de Rote n'hésitaient pas à dédtf que Texamen des miracles était inutile, dès que le martyre éd prouvé. Dans la cause des XKYi martyrs du Japcm béatiié ea 1627, la sacrée Congrégation avait demandé la preuve miracles, non pas comme nécessaire, mais pour rendre ] évidente la certitude du martyre. Sa jurisprudence n'était f< encore fixée. L'occasion parut favorable pour régler ce important; et il fut décidé que Ton examinerait la nécessii de la preuve des miracles dans les cause des marijis

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