‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 198 sur 316 · Ib. mir · texte numérisé non relu

Ib. mir

Mais Josaphat protège sa fuite. Les Tartares odI déjà pris l'alarme et sont à la poursuite de la proie qui leur échappe ; ils passent àc6té de leur captif sans l'apercevoir ; et après une pénible marche et des alertes continuelles, le pauvre gentilhomme put baiser enfin, dans le transport de sa joie, cette terre de la patrie qu'il ne devait plus revoir * .

Vers le même temps, une femme de Vilna fut délivrée par Josaphat de chaînes plus écrasantes que celles des Tartares. Elle était schismatique et résistait à tous les efforts que son mari Etienne Rzepnicki, conseiller de Yilna et uniate fervent, faisait pour la convertir. Cet homme avait fait vœu de visiter le tombeau de saint Josaphat. Sa femme désira l'accompagner dans ce voyage, afin de visiter son propre frère, archimandrite de Polock. En arrivant dans la ville, Etienne voulut se rendre tout d'abord à la 'cathédrale. Sa femme n'y consentit qu'avec peine ; et, en entrant dans l'église, elle maudissait Josaphat et rUnion.

Tandis que son mari s'approchait dévotement d'un autel pour assister à la messe, elle se plaça derrière un pilier, afin de ne rien voir et de ne rien entendre. Elle tournait le dos, sans le savoir, à la châsse de saint Josaphat, alors couverte d'un voile. Elle était à peine assise depuis quelques instants, qu'un souille de la grâce divine passe subitement sur son âme. Le bandeau qui couvrait ses yeux est déchiré, la dureté de son coeur amollie; elle fond en larmes et pousse de tels cris que les assistants accourent effrayés et lui demandent la cause de ces sanglots. « Je ne sortirai d'ici, s'écrie-t- elle d'une voix entre- « coupée, qu'après avoir confessé mes péchés et embrassé « l'Union . » Josaphat l'avait convertie*.

Le tombeau du saint archevêque était devenu un des principaux pèlerinages de la Pologne ; et l'humble caveau que le martyr s'était préparé lui-même n'était plus digne de contenir ses restes vénérés. Les ornements dont la reconnaissance des fidèles l'avaient entouré, ne paraissaient pas assez riches ; et la piété réclamait l'érection d'un somptueux monument en l'honneur du témoin de l'Union. Ce vœu fut accompli avec une magnificence vraiment royale par Léon-Casimir Sapieha, vice-

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