Ibid
chaocelier de LithuaDie. Il était fils du grand- chancelier Léoi Sapieha, et il avait reçu de lui comme un legs sacré la déYotia à JosaphaL En maintes occasions, dans les dangers deb guerre, la maladie et différentes adversités, il avait éprouTéli puissance du saint protecteur de sa famille.
En iùïG, il se trouvait à Dantzig, attendant avec d'aotra seigneurs polonais Farrivée de Louise de Gonzague, qui Ternit de France pour épouser Ladislas lY. Reposantun joursursn lit, il pensait aux miracles qui illustraient chaque jour le toebeau de Josaphat ; et cherchant par quelle offrande il poanl lémoigoer sa reconnaissance envers le saint thaumaturge,! s*arrêtail à Tidéede faire exécuter,pouy ses reliques,uneciiâ« d'élain d Angleterre. A peine avait-il conçu cette pensée, qu'ui raain écarte doucement les rideaux de son lit. Un évéquegrec paré de vêtements magnifiques, s'approche etluidit:>l^ « pourriez vous pas faire cette châsse en argent? Vous Irooffr «I re^ dans telle rue un habile ouvrier ». Il dit et disparut. U chancelier se lève, appelle ses domestiques et demande qid est cetevt^que qui est venu près de lui. Personne ne peulM répondre : on ne comprend même pas ses questions ; caraaca évéque ne s'est présenté pour le voir.
Sa pie ha ne doute pas alors que le mystérieux visiteur m si Josaphat îui-même. Il court sans retard aul ieu que le SainlU avait indiqué, et se trouve chez un orfèvre en grande répulalifli dans la ville. Il est stupéfait de trouver cet homme toutprépait à sa visite. L'orfèvre lui raconte qu'un évéque grec est veflïi son atelier, lui a annoncé la commande d'une châsse d'argeiti et Lui en a donné les dimensions et la forme. Alors Sapie^ n'hésite plus. Heureux de satisfaire un désir que le Saint dii' gne lui exprimer lui-même, il ordonne à l'orfèvre de ne ri» épargner et de suivre avec une scrupuleuse exactitude le pto tracé par le céleste visiteur.
L'exécution de ce somptueux monument demanda cinq années. Il était composé d'une urne grandiose d'argent m» décorée de huit bas-reliefs représentant les principales scènes du martyre de Josaphat. Sur le couvercle, on voyait Timagedi Sai Ht de grandeur naturelle. Il était couché, revêtu de ses ornements pontificaux, et comme endormi, les mains jointes et nos hache dans la tête, à l'endroit de la blessure qui lui aw^ donné la mort. Six anges d'argent, hauts de six coudées, sas*
tenaient Turne sur leurs épaules ou leurs mains, et fléchissaient le genou dans Tattitude du respect et de la prière. La valeur dtt métal employé à ce magnifique travail s'élevait à plus de trente^ix mille écus, sans parler du mérite de Texécution.
Ce présent vraiment royal fut présenté à la cathédrale de Polocken 1650; et la modeste arche de cyprès dans laquelle les saintes reliques reposaient depuis 1639 fut enfermée dans l'urne d'argent offerte par Sapieha. Ledép6t sacré fut placé sur une sorte d'autel, élevé sur plusieurs degrés de marbre et environné de grilles d'un riche travail. Le pieux chancelier avait voulu que rien ne manquât à son o^rande, et que le mausolée de saint Josaphat fût le plus splendide monument de toute la Pologne orientale. Quand on y plaça le corps du Saint, la blessure delà tète, fermée depuis trente-sept ans, se rouvrit tout à coup, et il en coula du sang en abondance. Le ciel affirmait de nouveau parce miracle la réalité du martyre, qui attirait à Josaphat les somptueuses offrandes des princes et des rois. Le Saint donnait en même temps à Casimir Sapieha un signe de gratitude et s'engageait à le couvrir, lui et sa famille, de sa bienveillante protection (1650) .
Avant de transporter les reliques de Josaphat dans la nouvelle châsse, l'archevêque de Polock fit un examen minutieux de cedépôt sacré ; et il constata qu'une piété plus fervente que discrète en avait déjà distrait des portions très notables. Dans la crainte que ce riche trésor ne fût peu à peu dissipé, au détriment de son église et de la gloire même du saint martyr, Sielawa obtint du nonce apostolique Jean de Torres, archevêque d^Andrinople, agissant au nom du Souverain Pontife Innocent X, une défense formelle d'extraire de la châsse, sous les peines les plus graves, la moindre parcelle des saintes reliques ^
Sielawa voulut, en outre, constituer comme une garde d^honneur autour du tombeau de son glorieux prédécesseur. Il fit une fondation de 14,000 florins polonais au'proQt de la chapelle de saint Josaphat, c pour Tentretien de six prêtres
1. L*acte qui formulait cette défense était daté du 13 août i650. Copie 'authentique en fut délivrée en 1780 au supérieur des Basiliens de Biala, alors gardien des saintes reliques. Szymanski Ta transcrite dans son manuscrit,! II, p. i 20.
« séculiers, qui y serviraient Dieu à perpétuité dans le cëi- «r hat ^ » . Sielawa mettait ainsi sous le patronage du saint 1Da^ iyr la première tentative qui eût été faite, depuis lllnioûdf Brz()sc, pour amener les popes ruthènes à la pratique deli continence parfaite. Il espérait sans doute que Texemple des chapelains de saint Josaphat aurait de nombreux imitatems; la régénération du clergé séculier de Ruthénie pouvait soitir lie cette humble institution; elle fut détruite, hélas I ivà d'avoir donné ses fruits.
Il semblait que le martyr de TUnion n'avait plus qu'àjoat de sa gloire et à continuer dans le repos ses triomphes patifiques. Mais une affreuse persécution était déchaînée S9 l'Ëglise uniate. Les monastères étaient détruits, les prètM dispersés, les temples mis au pillage, les peuples rejetésè farce dans Tabîme, d'où les apôtres de TUnion commençak^ à peine de les retirer. Josaphat va partager les épreuves ii fies frères ; et, porté sur leurs épaules, il marchera à kff Léle au combat. La terre réserve encore des périls et des tuvaux à celui que le ciel a couronné.
1. Susza, De laboribus Unilorum^ ap. Harasiewicz, Ann. Ecc.l^ p. 335.