‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 20 sur 316 · CHAPITRE ITI. — PRÉLUDE DU MARTYRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE ITI. — PRÉLUDE DU MARTYRE

^as des prêtres véritables, mais de simples laïques, sans pou- Toirs et sans caractère. A Kiew, on réitérait ouvertement tous les sacrements administrés par les Uniates, les ordinations, la confirmation et jusqu'au baptême. Ainsi les schismatiques de Polock ne faisaient que suivre la doctrine et l'exemple de leurs faux pasteurs ^

Cependant l'attitude des schismatiques devenait menaçante, même dans la ville de Polock. Ils poussaient des cris sinistres contre l'archevêque, l'accablaient d'injures et lui lançaient des pierres, quand ils le rencontraient dans les rues. L'hégoumène du monastère de Polock rapporte qu'étant sorti un jour avec le saint prélat, ils faillirent être lapidés par des misérables, qui criaient derrière eux : « Tuez-les I noyez-les ! Ils viennent « pour nous enlever notre foi*. » L^audace de ces fanatiques eût été inexplicable, s'ils n'avaient pas reçu des encouragements de Yilna et des principales villes de la Ruthénie-Blanche. A Orsza, à Mohylew, à Mscislaw, à Vitebsk surtout, les schismatiques étaient vainqueurs et ne dissimulaient plus la résolution d'en finir avec l'arche vôque, même au prix d'un crime. A Orsza, les bourgeois, qui avaient reçu des lettres et de l'argent de Vitebsk, voulurent jeter Josaphat dans le Dnieper. A Mscislaw, un gentilhomme de grande maison, nommé Massalski, avait fait tous ses préparatifs pour tuer l'archevêque ; mais, au moment d'exécuter son criminel dessein, il est lui-même frappé à mort par un ennemi. Josaphat accourt aussitôt auprès de lui, l'embrasse comme un ami et lui prodigue tant de marques de charité, qu'il parvient à le convertir. Massalski mourut entre ses bras, pénitent et réconcilié avec TËglise ^.

A Vitebsk, les schismatiques construisirent, comme à Polock, des hangars en planches pour célébrer les offices. Afin de braver plus insolemment l'archevêque, ils les établirent en face du palais épiscopal, de l'autre côté de la Dwina ; et quand le prélat était dans la ville, ils affectaient de multiplier les céré-

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