Susza, Curs. vit. p. 74. — Relat, audit. Rot
monies. Josaphal les voyait passer et repasser sous ses fenêtres en poussant des cris, et les entendait chanter à tue-téte dans leurs églises improvisées. Ses yeux alors se remplissaient de larmes, et il suppliait Dieu d'avoir pitié de ce peuple égaré. Mais sa prière elle-même semblait impuissante. Les conversions devenaient de plus en plus rares, et les passions des schismatiques s'exaltaient tous les jours. Josaphat n'osa pas employer les moyens énergiques qui lui avaient réussi & Polock. Il craignit de pousser à bout, par un acte de vigueur, des esprits qui ne connaissaient déjà plus démesure.
Dans Tempérance de saisir quelque indice de conversion au sein de cette population rebelle, il multiplia ses voyages à Yitebsk durant les années 1622 et 1623 ; mais, à chaque visite, il entendait gronder de plus près la tempête*.
Le jour de la Pentecôte 1622, au moment où Farchevêque se rendait en procession à Téglise du Saint-Esprit, le commandant de la garnison, Wasilewski, schismatique décidé, vint se poster avec une troupe de soldats et de serviteurs sur un pont que le cortège épiscopal devait traverser. Il arrêta la procession, accabla Tarchevêque dMnjures, et le força à rebrousser chemin, en le menaçant de le jeter dans la rivière. Wasilewski était fier de cette victoire ; mais la main de Dieu la jui fit payer cher ; il mourut à quelque temps de là d'une maladie honteuse.
Le jour de la Transfiguration de la même année, pendant que Josaphat célébrait les saints mystères, une troupe de schismatiques envahit Téglise, au moment où la procession des dons sacrés sortait du sanctuaire. Ces misérables se précipitent sur le P. Maxime Turczynowicz, qui remplissait les fonctions de diacre, le rouent de coups de bâtons et le renversent à demi-mort sur le pavé du chœur. Ils allaient franchir les portes de l'Iconostase pour frapper Tarchevéque; mais des gentilshommes latins et quelques bourgeois uniates accoururent à temps pour les repousser.
Aux yeux des schismatiques de Vitebsk, Josaphat était hors la loi. Une tentative d'assassinat contre lui n'était plus un crime ; et les châtiments par lesquels Dieu punit à plusieurs reprises les attentats commis contre son serviteur ne furent pas
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