‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 238 sur 316 · CHAPITRE V. — LE CULTE DE SAINT JOSAPEAT DE 1763 A · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — LE CULTE DE SAINT JOSAPEAT DE 1763 A

dans rinaction. Elle voit les armées russes sillonner son lerri* toire pour gagner les champs de bataille, et elle ne s'inquiète pas de tous ces mouyements. Sous les rois saxons, on ne songeait qu'à jouir en paix de Fabondance et du repos. « La Poloce gne, disait-on, est une auberge od chacun peut entrer, boire « et manger, faire du tapage et s'en aller. » Les discordes qui épuisaient la nation depuis tant de siècles semblaient ellesmêmes assoupies.

« Il y eut pourtant des hommes d'Etat qui comprirent le vice des institutions nationales. Les princes Michel et Auguste Czartoryski créèrent un parti bien organisé dans le but de reconstruire le viçil édifice de la monarchie polonaise. Malheureusement, il était trop tard. L'esprit d'anarchie était déjà si fortement enraciné dans la nation, qu'on ne pouvait en venir à bout avec les forces d'un parti. On crut indispensable d appeler le secours de l'étranger, et l'étranger en profita pour étendre et assurer sa domination.

«c La Pologne allait périr. Près de cent ans s'étaient écoulés depaisque le roi Jean-Casimir, par un vœu solennel fait à la Mère de Dieu, s'était engagé au nom de la nation à améliorer le sort des populations rurales. Ce vœu n'avait pas été exécuté. Le paysan, attaché comme parle passé à la glèbe, épuisé par la cor* vée, était devenu comme une machine domestique chargée de pourvoir aux besoins du gentilhomme ; il n'avait d'autre jouissance que celle de l'eau-de-vie. Toute oppression produit elle» môme son châtiment : elle écrase l'opprimé, mais elle avilit l'oppresseur. La noblesse, qui ne se donnait presqu'aucune pein^pour vivre, tomba dans la plus profonde oisiveté. Elle menait une vie joyeuse, passant ses journées dans d'interminables banquets. Toute vie intellectuelle s'éteignit peu à peu, et avec elle la vie politique proprement dite. La jurisprudence seule llorissait ; mais c'était plutôt une science de chicane que de droit ; et c'est avec cette science que la noblesse, toujours jalouse de ses privilèges et de son autorité, voulait gouverner rÉtat.

« Au-dessus de la noblesse moyenne dont nous parlons, qui constituait l'essence de la nation, s'élevait la grande aristocratie un peu plus instruite, mais beaucoup plus corrompue par les voyages qu'elle faisait à l'étranger et particulièrement en France. Presque toutes les grandes familles de Pologne

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avaient les mômes défauts, et aucun lien politique ne te niit sait entre elles. Tout au contraire, elles étaient loujour? s guerre, dans la crainte que Tune ne prévalût sur ratitTe.ftrgueilleuses, avides de bien, courant après les domaiûes k rËtat, si elles amassaient des richesses, ces ressources ne K^ vaient qu'à alimenter la discorde et Tanarchie. Bien organisa groupée autour d'un trône héréditaire, cette aristocratie aunii pu, au xviii* siècle, sauver la Pologne malgré ses ennem comme elle avait su, à la fin du xiv« siècle, daas des dîtm^ tances à peu près analogues, tirer TÉtat de Tabîme, el eufim une puissance de premier ordre. L'électivité de la colfims l'avait divisée pour toujours,et chaque interrègne accéi-^rd'^ ruine de la nation.

a Cette fatale institution a causé à la Pologne un autre p^^ judice encore. En même temps qu'elle annulait le pouvoir ir roi, la noblesse éloigna la bourgeoisie de toutes les affwî' et parvint à Técraser, si bien qu'au xvui* siè?le il n'y en an presque plus, lien résulta que lorsque la noblesse se [wmincapable de maintenir l'Ëtat, aucune autre classe n'était ïtîili pour la remplacer ou même lui venir en aide.

a On a répété maintes fois que la Pologne a péri au v^r^'^ cle par le manque de foi : c'est une erreur. Si la foi eût ïî> éteinte, la nation n'eût pas survécu aux désastres qui loti'*' câblée depuis cette époque néfaste. Sans doute lahanlN^^ tocratie, en Pologne comme dans toute rEurope, était demi' en grande partie sceptique, voltairienne et immorale ;iDai^^ masse de la noblesse, le peu de bourgeois qui subsislaieût encore et le peuple tout entier restaient fidèles k T Église. U '* était profonde dans cette nation ; seulement elle domiflattlt cœur plutôt qu'elle ne réglait les actions de chaque jour, 1 priait, on observait même les commandements de itg''*'' mais on veillait fort peu à l'amendement de la \ie Jas^iû^ moment de leur suppression, les Jésuites étaient en possf>?^ de la très grande majorité des écoles. Ils y élevaient la i^^^% pieusement; mais comme ils se recrutaient presque esclaa*! ment dans la noblesse, ils en partageaient tous les préjug^-^ étaient incapables de lutter contre eux. L'idc^e ne leur ^ pas même d'en purger la jeunesse. La première ré^*?^^ des écoles vint du piariste Konarski, sur le conseil desCi^^ toryski. Les Jésuites ne Tout suivie que plus tard.

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