‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 272 sur 316 · CHAPITRE VU. — DERNIÈRES ÉPREUVES ET ESPÉRANCES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU. — DERNIÈRES ÉPREUVES ET ESPÉRANCES

tuels d'une nation privée elle aussi de son indépendance politique et cruellement opprimée pour sa foi pendant de longs siècles. Un religieux barnabite, qui a fait de la conversion de la Russie le but des efforts de toute sa vie, le P. Tondini de Quarenghi, fut Tun des plus actifs et des plus utiles auxiliaires de ce mouvement de dévotion envers saint Josapbat.

Pie IX avait déjà reçu au ciel la récompense de ses longues et laborieuses années de souffrances et de pontificat, lorsque cette supplique fut soumise, en 1878, à une congrégation spéciale instituée en 1874 par le Souverain Pontife défunt. Elle avait pour mission d'examiner des suppliques présentées pendant le Concile du Vatican pour solliciter le même honneur en faveur de quelques autres saints, tels que les deux apôtres de TA^ngleterre et de la Germanie : saint Augustin et saint Boniface ; les deux docteurs deTEglise : Cyrille de Jérusalem et d'Alexandrie ; les deux frères Cyrille et Méthode, auxquels revient rhonneur d'avoir introduit la civilisation chrétienne parmi les Slaves du rit grec. Les mérites de saint Josaphat et Topportunité de la faveur sollicitée pour lui furent constatés par les membres de cette vénérable assemblée, mais une difficulté matérielle larréla. Le calendrier de TEglise universelle du rit latin était tellement chargé qu'on ne pouvait plus y ajouter de fêtes sans troubler la marche régulière du cycle liturgique. La congrégation résolut de surseoir à toute décision jusqu'à ce qu'on eût trouvé un moyen de parer à cet inconvénient.

Rome ne procède jamais qu'avec une sage lenteur, quand il s'agit surtout de toucher aux livres de la prière publique et aux règles du culte divin. Après un mûr examen, le 28 juillet 1882, un bref de Léon XIII annonça que les fêtes semi-doubles et doubles mineures, celles des docteurs de l'Eglise exceptées, ne seraient plus transférées, quand elles viendraient à être empêchées par un office du temps ou une fête supérieure, et qu'on se bornerait alors à en faire mémoire comme d'une fête simple au jour où elles sont fixées. Cette mesure permettait e placer des fêtes nouvelles aux jours encore libres du calenrier, qui suffisaient à peine, jusqu'à ce moment, pour recevoir s fêtes transférées. En conséquence, par le même bref, le ouverain Pontife prescrivait de célébrer chaque année, dans ute l'Eglise, sous le rit double mineur, les fêtes de saint Cyrille

d'Alexandrie, de saint Cyrille de Jérusalem, de saint Jnstin, philosophe et martyr, de saint Augustin de Cantorbéry et, le 14 novembre, celle de saint Josaphat, archevêque de Polocket martyr, gloire éclatante de la nation ruthène et polonaise. Conformément à la procédure ordinaire de la Congrégation des rites, l'uffice et la messe de notre saint, déjà approuvés pour le collège grec et d'autres églises particulières, au moment de la béalillnalion, furent sans autre examen insérés au bréviaire et au missel romain. On peut le regretter, car ces pièces, rédigées par des hommes qui connaissaient peu la vie du saint martyr el encore moins l'histoire de son temps, ne miettent pas assez; en relief son caractère spécial, sa mission, le secom^ que l'Eglise a droit d'enattendre, les grâces que prêtres el fidèles doivent solUcitHr de sa puissante intercession pour la famille slave el tous les orientaux *.

Le décret apostolique qui mettait le comble à la gloire de saint Josaphat aurait dû provoquer un cri unanime de recoAnaissance et d'allégresse au sein des Eglises grecques unies de Galicie, dernier reste de celte Union ruthène, cimentée, oa peut le dire, par le sang du saint archevêque de Polock ; mab hélas ! l'ennemi de Dieu a travaillé avec succès au sein de ces pnpuîalirms, autrefois si humblement soumises au Siège apostolique. Trop longtemps, une politique néfaste inspira les conseils de TA utriche. Appliquant la maxime : Divide etimpera, pour dominer les Polonais, elle a réussi à former contre ew un parti ntthène. Il n*y avait en Galicie qu'une noblesse polonaise et latine, et au-dessous d'elle des petits bourgeois dans les villes, et dans les campagnes des paysans qui Taimaient. b respectaient et étaient aussi attachés qu'elle à TEglise catholique, et on peut même dire àla tradition polonaise. Malgré la différence de rite, il y avait entre eux parfaite identificatioa d'intérêts. Le clergé ruthène lui-même acceptait sa conditioB séculaire^ et il eût été bien facile à une politique prévoyante ei honnéle de consolider cette paix sociale au profit de TAa-

4 . Sun^ manquer au respect dû à un des tribunaux suprêmes de TEgliac. on peut remarquer avec surprise que Ton ail pris pour antienne de k communion àla messe ces paroles: £^70 sum paslor bonus el cognoscoûret measi, et cotjnoscunl me meœ. Elles ne conviennent guère à saint JosapbaL bon pasteur assurément, mais si mal connu de ses brebis qu'elles-mêiof» l'ont wÏAà mort.

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