Morochowski, 1 c. — Susz.i, p. 87. — Relat. Audit Rot
2. 0 Christi ineffabilis boiiit<«s. quantum in suos ostendit affectum î Inju. riam confessons sui non tulit impunitam qui suis crucifixoribus rogavit îgnosci. Contumeliam martyris statim ultus est, qui passionera suam noluit vindicare. S. Paulin. Ep. 2« ad Victricium.
100 SAINT JOSAPHAT. -^ LIVRfi Y
on trouva le cilice qai ne le quittaitpas. A cette vue, ces misérables doutèrent de leur victoire : « Josaphat, s'écrièrent-ils, « portait une chemise meilleure et plus douce ! > Persoa* dés que le prélat leur a échappé, et qu'ils ont tué à sa place un de ses serviteurs, ils rentrent dans le palais, parcourent les appartements, scrutent tousies recoins. Ils poussent la folie jusqu'à enlever le pavé du vestibule, pour voir si Josaphat n'est pas caché dessous. Ne trouvant personne, ils saisissent quelques domestiques de Turchevôque et les amènent les uns après les autres dans la cour : « Est-ce bien là votre maître ? * leur disaient-ils en leur montrant le cadavre. Tous le reconnurenty quoiqu'il fût horriblement déBguré. Mais les meurtriers ne voulaient pas les croire, et ils frappaient ces pauvres gens en les sommant de dire la vérité. Les domestiques per* sistaientà reconnaître leur maître. Grégoire Uszacki, revenu de son évanouissement, fut traîné à sou tour près du corps; ilafiirma sous serment que ses compagnons disaient la vérité ; mais on refusait d'ajouter foi à sa parole, lorsqu'un des assassins, examinant de près ce visage meurtri et sanglant, déclara que c'était bien Tarchevéque Josaphat. Les autres poussèrent des cris de joie. Aussitôt on attacha une corde aux pieds de Tarchevéque et on le traîna en triomphe dans les rues de la ville. Les Turcs ou les Tartares eussent été moins :éroces que ne furent ces bandits envers leur propre pasteur, envers le plus doux et le plus charitable des hommes. Ivres de colère et de sang, ils bondissaient à travers la ville, hurlant comme des damnés. La tète de Josaphat heurta contre une muraille. Ils n'y prirent pas garde; mais quand ce tourbillon immonde fut passé, on aperçut sur la muraille l'empreinte sanglante des traits du martyr. Elle était comme incrustée dans la pierre, et il fut impossible de Teffacer*.
Au milieu de ces scènes horribles, tandis que les catholiques latins et uniates se cachaient timidement par crainte de la mort, de pauvres Juifs eurent seuls le courage de pleurer
1. Morochowski, loc. cit. — Act. Commiss. Apost. Deposit Cactacux. n. 6 et 7, et Greg. Uszacki. La miiison sur laquelle se trouvait cette empreinte miraculeuse eiistait encore en 1838, et une personne dont le témoignage est au-dessus de tout soupçon, la prineesse Zénaîde Wolkonska, a souvent affirmé qu'elle Tavait vue de ses yeux. V. Kaysiewicz, Panégyrique de sainl Josaphat.