‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 58 sur 316 · EN RUTHÉNIE-BLANCHE, A VARSOVIE ET A ROUE · texte numérisé non relu

EN RUTHÉNIE-BLANCHE, A VARSOVIE ET A ROUE

Aspect de la ville de Vitebsk au lendemain de Tassassinat de rarchevêque. ^~ Le corps du Saint retiré des eaux. — Sa beanté miraculeuse. — Conversion de Jean Chody«?a, bourgmestre de Polock. — La nouvelle du martyre arrive dans cette ville. — Josaphat apparaît à Jean Dziahilewicz.

— Les bourgeois de Polock réclament le corps de Tarchevèque. — Larmes et pénitence des habitants de Vitebsk. — Voyage triomphal des reliques du martyr» de Vitebsk à Polock. — Premiers miracles de Josaphat. — Le grand-chancelier Léon Sapieha réclame la punition des assassins. — Sentiments du métropolite Rutski et des évêques uniates à la nouvelle du martyre. — Le roi indigné envoie des commissaires à Vitebsk. — Procès des assassins. — Leur défense. — Ils proclament eux-mêmes Tinnocence et la sainteté de Josaphat. — Sentence des commissaires. — Dix-neuf des principaux coupables périssent sur Téchafaud.

— Leur conversion. — Pierre Wasilewicz meurt seul impénitent. — Polock et Vitebsk désormais fidèles à l'Union. — Léon Sapieha humble client de Josaphat. — Lliostilité contre TUnion cesse pour le moment au sein de la noblesse. — Les Cosaques réprimés et l'Ukraine pacifiée.

— Remords et fuite de Smotrycki. — La Congrégation de la Propagande appelée à décider le sort de TEglise uniate. — La nouvelle du martyre de saint Josaphat parvient à Rome. — Emotion du Pape Urbain VIII et des cardinaux. — Le Souverain Pontife défend aux Ruthènes de passer au rite latin. — Il recommande la cause de l'Union au roi de Pologne, et ordonne l'ouverture d'un procès de canonisation en faveur de Josaphat.

Les premiers jours qui suivirent le meurtre de Josaphat furent pleins de deuil et d^épouvante pour la cité parricide. De sombres nuées arrêtaient au-dessus d'elle la lumière du jour et l'enveloppaient d'un épais brouillard glacial, qui, nous dit un témoin oculaire, « rendait les hommes comme insensés * ».

1 . Relat, audit. Roi. p. iv, qui cite trois témoins oculaires. Le P. Gennadius déclara devant la seconde commission apostolique, « quod ipso die

On sentait que la ville entière était sous le coup de la colèn divine. Au milieu de cette stupeur universelle, personne ne songeait à retirer du fleuve le corps de Josaphat. Mais le martyr avait franchi le seuil de la gloire éternelle, et déjà il s'apprêtait à jeter à pleines mains sur la terre les bénédictions conquises par son sacrifice. Il destinait ses premières faveurs à un des hommes qui l'avaient le plus résolument combattu à Polock.

Jean Ghodyga, conseiller de cette ville, fut un agent très actif de Smotrycki, et rien ne put le ramener à Tobéissance de Josaphat. Appelé à Vitebsk par des affaires, il s'était mis en route le dimanche 12 novembre, le jour même de l'assassinat, et était venu coucher le lundi soir dans la petite ville de Bieszenkov^icze, à mi-chemin de Polock et de Vitebsk. Le leodemaifi malin il rencontra dans une auberge des bourgeois de Vitebsk. Nahum Wolk, Siméon Niesza, un conseiller de ville, un écheTii et le notaire municipal Grégoire Bonicz, qui paraissaient tous en proie à une vive inquiétude. Chodygaen apprit bientôt It cause. Ces gens lui dirent en effet que Tarchevéque Josaphat avait été massacré par le peuple de Vitebsk. Ghodyga, quoique schismatique, manifesta hautement son indignation contre cet attentat. Wolk et ses compagnons n'eurent pas le courage de le contredire, ils acceptèrent même de voyager en sa compagnie, et Chodyga arriva à Vitebsk, dans la soirée de mercredi, sans savoir qu'il était entouré par les véritables auteurs di crime.

Le jeudi matin, les magistrats firent crier dans les rues la promesse d'une récompense de cent florins pour celui qui retrouverait dans le fleuve le corps de l'archevêque. Des pécheurs partirent aussitôt; mais ils travaillèrent en vain durant toute la journée Le fleuve avait plus de quarante pieds de profondeur à Tendroit où les assassins avaient jeté le martyr ; et toutes les recherches eussent été probablement inutiles, si on n'eiit pas aperçu, le vendredi matin, une lumi'^re miraculeuse qui sortait do Teau et brillait comme un flambeau au-dessus do fleuve*. Les pécheurs coururent au point d'où partaient gis

orcisionis S. D. Josaphat usque dum ex flumine Dana corpus eictraheretar, nebula densissima totam civitatem Yitebscensem cinxerit et homines (tsquam fatuos rpddiderit >. Act. Commiss. Apost.

1. Le P. Gennadius dépose « quod in illo loco fluminis Duna nbi corpo* servi Dei submersum fuerat, lumen quoddam instar facis emicabat <poà

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