CHAPITRE II. — SAINT JOSAPHAT THAUMATURGE
Prêcheurs en Pologne, qui, atteint d'une paralysie complète du bras et de la main, fit demander à Polock une messe devant les reliques du martyr. Le P. Kosinski la célébra lui-même. En même temps, le malade mit sur son bras un morceau du cilice de Josaphat, encore tout ensanglanté. En quelques jours, son infirmité disparut, et le bras retrouva toute sa vigueur*.
Dans la môme année 1626,1e vice-juge du territoire de Polock, Michel Tyszkiewicz, ce brave gentilhomme qui voulait accompagner Josaphat à Vitebsk pour le défendre au prix de sa propre vie, fut menacé de perdre sa femme, Christine Swiderska. La voyant désespérée des médecins, il réclama le secours de Tarchevêque, lui promit un ex-voto en argent, si sa femme guérissait, et fut exaucé. A quelque temps de là, Tyszkiewicz fut réduit lui-même, parla goutte, à ne pouvoir plus marcher. Le temps ni les remèdes n'apportant aucun adoucissement à son mal, il voulut aller implorer le secours du martyr. Il se traîna péniblement jusqu'à la cathédrale, soutenu par des béquilles et aidé par ses domestiques. Il se prosterna devant les reliques de Josaphat, et, après une fervente prière, il se releva guéri et laissa ses béquilles auprès du cercueil de Tarchevêque, en témoignage de sa reconnaissance. Ce miracle fit grand bruit dans la ville de Polock, où l'état d'infirmité de Tyszkiewicz était connu de tous. Il attira plus tard Tattention dans le procès de béatification de Josaphat, et fut du nombre des faits dans lesquels le Saint-Siège reconnut une intervention manifeste de la puissance divine.
La foi de Michel Tyszkiewicz obtint encore de Josaphat une autre faveur sigpalée. Une .femme, nommée Sophie, employée dans sa maison, était depuis vingt-quatre heures sans connaissance et sans voix. On n'attendait plus que son dernier soupir, lorsque Tyszkiewicz et sa femme, émus à la vue de trois petits enfants que l'agonisante laissait orphelins, coururent au tombeau de saint Josaphat, et firent un vœu au nom de la malade. Ilslui attachèrent ensuite au cou un morceau d'étoffe teint du sang de l'archevêque. Au même instant, la moribonde ouvre les yeux, et recouvre la voix pour dire à son mari de veiller sur cette précieuse relique. Elle était guérie '.
\,Act. Commiss. Apost.De^osit. PP. Gennadii et Kosinski. — Susza, Miracul. 12, 13, U, 15, 16. —2. Act. Commiss. Apost, Deposit. Michael. Tyszkiewicz. — Susza, Miracul, 23,24,25.
i46 SAINT JOSAPHAT. — LIVRE VI
\ Vitebsk, comme à Polock, Josaphat protégeait ceux qui avaient été autrefois ses défenseurs. Basile Szapka Chotelski, notaire du château de Vitebsk, avait été fidèle à Tarchevéqne au moment de la révolte générale de la ville. Josaphat préserva deux fois sa femme d*une mort imminente dans des couches très périlleuses, et rendit subitement la santé à un de ses enfants, dès que Chotelski eut promis de le porter au tombeau du martyr * .
Félicie WoUowicz, femme de Kossakowski, staroste de Lomza, intéressait le saint archevêque à un double titre. Elle était sœur de ce pieux évéque de Vilna, Eustache Wollowia, si dévoué à TUnion ; et, de plus, elle était devenue la fille spirituelle de Josaphat, qui Tavait arrachée de l'hérésie pour la faire entrer dans le sein de la véritable Église. Cruellement atteinte de la goutte, elle ne pouvait plus ni marcher, ni même quitter le lit. Son frère lui conseilla de s'adresser à leur commun ami pour obtenir sa guérison, et lui remit un morceau de toile imbibée du sang de Josaphat.
Le 14 mars 1627, Félicie appliqua cette relique sur le siège de son mal, en suppliant l'archevêque d'avoir pitié d'elle et d'ajouter une nouvelle faveur à celles qu'il lui avait déjà accordées. Presque au môme moment, elle s'endormit.
Tout à coup, un personnage habillé de blanc et tout environné de lumière apparaît devant elle. Son front est ouvert par une large blessure, et le sang coule de la plaie sur ses vêtements. Félicie ne distingue pas ses traits, mais la forme des ornements sacrés lui fait reconnaître un évoque grec, habillé comme pour le saint sacrifice. « Qui êtes-vous ? » dit-elle à ce visiteur inattendu. « Je suis, répondit-il, l'archevêque Josa- « phat, que vous avez invoqué. » Alors la malade lui demande encore de la guérir par la vertu de ses mérites. « Mes mérites,
* reprend le Saint, sont peu de chose aux yeux dusouveraift
* Maître ; mais ce sang que j'ai répandu pour le Christ et « pour la foi leur donne peut-être quelque prix. » Puis iî recueillit le sang qui coulait de sa blessure, et retendit sur les membres de la malade en disant : « Que ce sang, répandu ■ pour le Christ, pour la vieille foi orthodoxe des Grecs et t pour la sainte Ëglise, vous guérisse selon votre foi. > Il dit