‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 77 sur 316 · CHAPITRE II. — SAINT JOSAPHAT THAUMATURGE · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — SAINT JOSAPHAT THAUMATURGE

et disparut. Félicie se réveilla sur-le-champ. Ses douleurs avaient cessé, et ses membres avaient recouvré toute leur souplesse *.

Une religieuse basilienne de ce monastère de Polock, que Josaphat avait restauré avec tant d'amour, Agathe Rusowska, était, comme Félicie WoUowicz, privée deTusage des jambes. Elle se recommanda au saint archevêque et fut guérie. Une faveur du même genre fut accordée par le martyr à Gédéon Tryzna, maître d*hôtel du grand-duché de Lithuanie. Il était fils de Grégoire Tryzna, fondateur du monastère de Byten, un des plus anciens amis de Josaphat, et des plus signalés bienfaiteurs delà réforme basilienne. Sa femme était atteinte d'une maladie mortelle, et il n'attendait plus que son dernier soupir, lorsqu'il eut la pensée de mettre sur elle un morceau de vêtement teint du sang de Josaphat. La mourante revint aussitôt à la vie *.

De tous les hommes que Josaphat avait connus en ce monde, aucun ne lui était aussi cher que le métropolite Joseph Rutskî, à côté duquel il avait travaillé durant près de vingt ans, partageant avec lui les joies et les épreuves. Parvenu à la récompense éternelle, le martyr n'oublia pas le frère qui continuait sop œuvre. « Pour moi, misérable, disait Rutski, après avoir raconté « divers miracles de Josaphat, j'ai éprouvé etj'éprouve encore a son secours dans mes nécessités spirituelles et même tempo- « relies. Aussi je l'ai choisi pour mon patron, et j'ai l'habitude « de l'invoquer chaque jour en cette qualité, »

Nous pouvons raconter un miracle opéré par saint Josaphat à la prière de Rutski. Le lundi dans l'octave de la Fête-Dieu 1627, le métropolite se rendait à Zamosc pour visiter le seigneur du lieu, Thomas Zamoyski, alors palatin de Kiew, et ' plus tard héritier de la charge de grand-chancelier de la couronne, que son père avait remplie avec tant d'éclat. Parvenu à une lieue de la ville, Rutski aperçoit dans les airs une immense colonne de fumée, et reconnaît bientôt que Zamosc est en proie à l'incendie, fléau toujours terrible dans une contrée où la plupart des édifices étaient encore, à cette époque, construits en bois. Il poursuit néanmoins sa route, et

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