‹ Un apotre de l'union des eglises au XVII siecleChapitre 85 sur 316 · CHAPITRE II. — SAINT JOSAPHAT THAUMATURGE · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — SAINT JOSAPHAT THAUMATURGE

empreinte sur les planches qui garnissaient le fond du cayeau. Tous les membres étaient dessinés avec leur forme et leur proportion naturelle, et la mitre elle-même, que portait le martyr, était indiquée par un dessin parfaitement régulier. Aucune cause naturelle ne pouvait expliquer cette empreinte, car des coussins et des oreillers empêchaient tout contact entre le corps et les planches.

De Polock, les commissaires apostoliques se rendirent à Vitebsk. Ils y retrouvèrent le sol encore teint, pour ainsi dire, du sang de Tarchevéque. Les dépositions furent nombreuses, et quelques-unes d'une force et d'une vérité saisissantes. On entendit plusieurs témoins qui avaientsuivi dans tous ses détails le tragique événement du 12 novembre 1623, et qui en rapportaient les circonstances avec la môme admiration pour le saint martyr, la même horreur pour le crime de ses assassins. Tous affirmaient sans hésiter que la cause unique du meurtre de Josaphat avait été la haine que son dévouement pour TËglise catholique inspirait aux schismattques , Le juge du château de Vitebsk déclara, en particulier, que, dans Texercice de ses fonctions, il avait souvent demandé aux schismatiques pourquoi ils excitaient sans cesse des tumultes dans la ville contre rarchevêque,et que ces gens avaient toujours la même réponse : « Il reconnaît le Pape et veut nous faire papistes ».

Les juges furent encore plus profondément émus, quand ils virent comparaître devant eux une pauvre femme, qui les invita à constater son état de cécité complète. C'était elle que la main de Dieu avait subitement frappée, au moment oti elle insultait le cadavre du martyr. Elle avouait son crime en pieurant et reconnaissait que son châtiment avait été pour elle la cause du salut. Aveugle des yeux du corps, elle avait recouvré la Lumière de Pâme et était devenue uniate ^

A Vitebsk comme à Polock, l'enquête prit bientôt la forme d'une immense acclamation populaire ; mais les habitants de Vitebsk, pénétrés de confusion au souvenir de leur crime, se présentèrent devant les juges en véritables pénitents. Ils arrivèrent par milliers à l'église de la sainte Vierge, où le tribunal tenait ses séances, et demandèrent en pleurant aux délégués apostoliques de leur désigner des confesseurs, parce qu'ils

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