CHATEAU DE VERSAILLES. FAÇADE OCCIDENTALE
d'opri'o l. Silvesfrf (i >
soit, une nouvelle preuve de la parenté étroite qui unissait au point de vue du talent comme au point de vue du sang, S. de Brosse et les du Cerceau.
En dernier lieu, il faut le recoimaitre, M. de Nolhac est devenu moins affirmatif. Il se l)orne maintenant à admettre encore que S. de Brosse « a dû donner au moins son avis sur les plans de Versailles », mais tient à si^maler particulièrement, sur la liste des architectes qui
(i) La librairie centrale des Reaux-Art.1 (E Lévy, 13. rue Lafayctte) éditeur du Château de Versailles, par Cî. Brière, nous a, ainsi que l'auteur, très aimable^ ment autorisé à utiliser ce cliché. Comparer avec la gravure d'A. Bos?ic, ci-aprè«
ont pu y travailler, Pierre Le Muet ; enfin, tenant compte avec juste raison de découvertes récentes, il ajoute : « il faut attribuer la construction à Pliilbert Le Roy, que d'autres documents désignent comme architecte ingénieur de Sa Majesté et qui venait de se proposer pour terminer les travaux du Louvre » (i).
L'(( inventeur » de ce Le Roy (comme M. Read avait été celui de Brosse) a été M. Batiffol qui, d'emblée, a voulu revendiquer pour lui tout ce qui concerne la « création » du premier château de Versailles (2).
Il importe d'examiner avec quelque détail chacun de ses arguments.
a Architecte général » du roi à cette époque, disait-on [on, c'est M. de Nolhac], Salomon de Brosse avait évidemment fourni les plans de Versailles, tout au moins les avait inspirés, revus ou mis au point chez ses subalternes. » (La thèse n'avait pas été présentée tout à fait sous cette forme], a Cette hypothèse a contre elle nombre d'objections. »
Ce (( nombre », d'ailleurs, se réduit à trois.
a 'Le service des bâtiments n'était pas organisé en 1624 comme il le sera plus tard : sous les ordres d'un architecte dirigeant. Nous ne savons même pas,
(i) Histoire du château de Versailles, Paris, 191 1, t. i^', p. 31.
(2) L'Origine du château de Versailles, article paru dans la Revue de Paris du 15 avril 1909, p. 841, et reproduit dans le volume intitulé : Le roi Louis XIII à vingt ans, Paris, Calmann-Lévy, 1910, appendice, p. 636. La citation ci-après se trouve p. 659.
Dans un ouvrage paru en 1910 (librairie Bernard, à Versailles) le Château de Versailles, l'histoire et l'art, M. E. Cazes a admis, sans examiner le moins du monde sa valeur, l'hypothèse de M. Batiffol (p. 7). Il reproduit (p. 57) le tableau de Patel (1667), (p. 4) une gravure et (appendice i) un plan d'I. Silvestre, mais (app. 4) sur un « plan historique du château par Questel » qui est signalé comme « rectifié » une des rectifications consiste à inscrire sans le moindre point d'interrogation, dans la cour de marbre : « Le Roy, 1624 ».
M." G. Brière {le Château de Versailles, in-fol., 1909, introd., p. m) admet, d'après M. Batiffol et sans plus nommer S. de Brosse, que « les travaux auraient été dirigés par un sieur Le Roy, probablement entrepreneur plutôt qu'architecte ».
ajoutait M. Batififol dans la première édition de son étude (i), où a été pris le titre d' « architecte général » que nous n'avons rencontré dans aucun document : »
M. Batiffol le rencontrera par exemple dans les textes de 1015 et 1617 que nous avons reproduits (2).
« Assimilés à de simples « gens de métier », une demi-douzaine d'architectes
sont attachés à la cour on se sert d'eux comme on se sert des autres gens
de métier, horlogers, cordonniers, joailliers, peintre»^, sans s'interdire de faire appel à des ouvriers du dehors, si besoin est. »
Il semble justement que besoin n'est pas de faire appel à des gens du dehors quand on a sous la main un cordonnier... pardon : un architecte — et ce n'est pourtant pas tout à fait sur le même rang — tel que S. de Brosse.
€ Ces gens de métier peuvent aller travailler pour d'autres que le roi : ainsi, lorsqu'il a été question en 1618 de rebâtir la salle du Palais de justice incendiée, le Parlement, laissé libre de choisir lui-même son architecte, a désigné S de Brosse. »
Le roi évidemment n'était pas moins libre de choisir ; pour le Parlement on ne pouvait choisir l'architecte du Parlement,... parce qu'il n'y en avait pas : mais, pour un château du roi, il était assez naturel de s'adresser à l'architecte du roi.
« Il y a, continue M. Batiffol, si peu de règlements d'organisation encore sous ce rapport que lorsqu'en avril 1624 le surintendant des bâtiments M. de Fourcy s'est occupé d'entreprendre « la continuation du château du Louvre » d'après les plans de Pierre Lescot, il a « fait faire un devis, plan et profil desdits ouvrages pour être exécutés ainsi que ceux déjà faits, et mieux, si faire se pouvait » et il a appelé en adjudication quatre architectes du roi rt pour, sur icclui devis, mettre le dernier prix pour lequel ils viendraient entreprendre Icsdits ouvrages. Des quatre appelés : Clément Métézeau, Paul de
(i) Revue de Paris, loc.cit. Dans Louis Xlll à vtitgt ans, on lit, en note 3 p. 659, des affirmations déjà moins catégoriques : « L'expression d'architecte général des hastinieus du roi nous .semble fort .sujette à caution. Il est possible qu'on la trouve appliquée à de Brosse dans un a. t.- nrivi'» (bi j- inilKt ifiir (Bulletin Soe. hist. Paris, 188.^, p. 86), etc. «
< i dessus, même chapitre, 8 1, p. 49. ft n ;»i>n^
Brosse, Androuet du Cerceau et Jacques Lemercier, c'est au dernier que le travail a été adjugé... Un « architecte général » quelconque n'a rien eu à voir dans la construction, cependant la plus importante du règne, celle du palais du roi à Paris. Et de fait personne ne s'est avisé de dire que S. de Brosse ait été pour quoi que ce soit dans la continuation du Louvre en 1624. »
S. de Brosse était alors âgé et désireux sans doute de se reposer après la construction du temple de Charenton et du château de Versailles ; il a très bien pu ne pas vouloir prendre part à un concours où figurent d'ailleurs, sur quatre concurrents, son fils et son cousin; et qui a fait ce « devis, plan et profil » qui avait bien son importance ? Ce ne sont pas les concurrents susnommés ; il n'est pas dit sans doute que ce soit S. de Brosse, mais il n'est pas dit non plus qu'il rx'en ait pas été l'auteur... N'était-ce pas précisément ce même M. de Fourcy qui avait appelé S. de Brosse à édifier le portail de Saint- Gervais ?
La première passe d'armes contre 1' « architecte général » — auquel on conteste d'ailleurs ces fonctions — nous paraît donc laisser l'adversaire en assez bonne posture. Ce qui suit a trait à une prétendue « disgrâce » : nous avons indiqué ce qu'il en fallait penser à propos du Luxembourg.
Mais cette « révocation » n'aurait pas été la seule :
« La direction des travaux du Palais de justice de Paris fut retirée [à S. de Brosse] et un procès fut engagé qui dura toute cette année. »
« Ce n'était pas dans de pareilles circonstances que Louis XIII aurait pu lui confier un travail important. »
Nous avons vu ci-dessus (i) que les travaux commencés depuis six ans, étaient alors à peu près terminés, et pouvaient fort bien avoir été, ici comme ailleurs, « conduits » par un autre entrepreneur sans que l'architecte fût en disgrâce.
Et notre auteur termine ce paragraphe comme le précédent :
« Effectivement lorsqu'cn avril 1624 on convoquera les architectes du roi pour participer à l'adjudication des travaux du Louvre, S. de Brosse ne sera pas admis à l'adjudication. Il n'a donc pas pu bâtir Versailles. »
(i) Page 74.
Ce donc amène là une conclusion qui ne sort pas très logiquement de prémisses d'ailleurs toutes contestables. Et vraiment on s'étonne de voir accumuler sans aucune preuve des accusations aussi graves sous une forme aussi sommaire ; les documents que nous avons cités plus haut ne présentent nullement S. de Brosse comme cessant de travailler parce qu'il est « en disgrâce », mais parce que le travail est presque entièrement fini ; ce qui reste est laissé, en plein accord avec Brosse, aux soins d'un autre entrepreneur. Nous avons examiné de près les pièces relatives au Luxembourg sans rien y trouver qui justifie le « soupçon de malversations ». Quant à celui d' « indélicatesse », il serait permis de l'avoir plutôt contre d'autres personnes que S. de Brosse : la reine et son entourage, en effet, paraissent avoir mis bien longtemps à payer ce qu'ils devaient. Et évidemment s'ils avaient des torts à l'égard de leur créancier, ils devaient lui être peu favorables ; ces dispositions sont assez naturelles aux débiteurs de tous les temps et de tous les rangs. Il est tout aussi exact de dire que les travaux du Palais de justice furent « retirés » et un procès engagé On voit ce qui reste de ce second argument et de l'affirmation reproduite à propos du Louvre : pour « ne pas être admis », il faudrait avant tout que S. de Brosse eîit concouru à l'adjudication ; ce qui n'est nullement établi. Et si même — comme on est aussi bien en droit de le supposer — il a établi les grandes lignes du concours, il ne pouvait guère y participer lui-même.
Reste le troisième et dernier argument : « Une raison d'art aurait dû l'écarter : le Versailles de Louis XIII n'est pas de son style ». Or, I»our nous, au contraire, plus nous étudions d'après les gravures anciennes et les vestiges qui subsistent encore, le Versailles de Louis XIII, pius il nous apparaît comme un spécimen manifeste du style de S. de Brosse, a S. de Brosse est un artiste laborieux », dit avec raison M. Batifff>l, mais il ajoute avec moins de justesse : u recherchant des effets )). et rrmtinnc. ce (\\\\ tsi dr noiivcnu ex.'irt :
« Ne ^c rriniciiiant pas ik- hatiaiiic, laciiani «i ai><>u»ir à un rc-^uitai qui, d'ailleurs, est de facture lourde. Cette manière n'est pas celle de U construction de Versailles. »
L'épithète lourd ne nous est jamais venue sous la plume pour caractériser le talent de S. de Brosse, non plus que le mot banal pour dépeindre Versailles. Au contraire, dans l'aspect de Versailles, comme dans les œuvres qui sont certainement dues à S. de Brosse, les traits communs qui nous charment c'est l'harmonie des proportions, la majesté de l'ensemble combiné avec l'élégance des détails.
Pourquoi, il est vrai, prendre la peine de démontrer en trois points que S. de Brosse ne pouvait pas être l'architecte de Versailles, quand en assure ensuite qu' « il était inutile d'émettre des hypothèses : le nom de l'architecte de Versailles, nous l'avons, il figure en toutes lettres dans les comptes des bâtiments du château. »
« Lorsque à cette époque on entreprenait une construction, l'architecte avait la haute main et la responsabilité des travaux. Il traitait lui-même avec les entrepreneurs, passait les marchés, recevait les mémoires et les comptes, c'est à lui qu'on donnait l'argent, et il réglait directement, délivrant quittance des sommes dépensées en justifiant de leur emploi. La correspondance de M. Florent d'Argouges, trésorier général de Marie de Médicis, avec Richelieu, surintendant de la maison de la reine, nous fait assister, pour le Luxembourg, au fonctionnement de ce système, en ce qui concerne S. de Brosse. »
Nous avons cité en effet une lettre de Richelieu à d'Argouges en 1621 pour des versements hebdomadaires à faire à de Brosse. Mais — M. Batiffol lui-même l'a fait remarquer, à la page précédente, — il y avait alors (( si peu de règlements d'organisation » que ce qui se faisait ici une année pouvait fort bien ne pas se faire ailleurs une autre année.
Ainsi, à Rennes, ce n'est pas S. de Brosse qui a surveillé les travaux, au moins à partir de 1624, mais Pierre Corbineau (i), et cependant on n'a pas encore imaginé de contester que S. de Brosse ait donné les plans parce que les travaux, entrepris loin de lui et continués longtemps après sa mort, n'ont pas été payés par lui.
A Versailles de même, ne se trouvant pas sur les lieux, S. de Brosse n'a pas reçu et transmis l'argent. Un autre l'a fait, et de là M. Battifol tire des conséquences graves :
« Il existe un personnage qui a été responsable des travaux, qui a passé (i) Ci-dessus, page 81.
les marchés avec les ouvriers, qui a reçu les comptes et mémoires de ceux-ci, auquel on a remis l'argent nécessaire afin de payer les entrepreneurs, et dont nous avons plus de vingt-cinq quittances de sommes à lui délivrées pour solder les travaux de construction du château : c'est un architecte peu connu nommé Le Roy : « Compte fait avec le sieur Le Roy pour les ouvrages de Versailles » ; « Marchés faits par le sieur Le Roy pour les bâtiments de Versailles » ; a quittances du sieur Le Roy, montant à la somme de 213.600 livres, toutes lesquelles dites sommes, mentionnées es dites quittances, ont été payées audit sieur Le Roy pour ouvrages faits au château de Versailles par divers particuliers (i) », etc.
A une certaine époque, Le Roy reçoit et transmet de l'argent à '( divers particuliers », donc, il s'ensuit qu'il a été à une époque antérieure auteur des plans de Versailles Raisonnement dont la rigiteur
dialectique nous paraît, nous l'avouons, insuffisante.
Par un procédé analogue M. Palustre avait voulu découvrir l'architecte de très importantes parties du palais de Fontainebleau en Pierre Chambiges d'après un texte unique où il est qualifié maistre riaçon et par lequel il reçoit pour ouvrages de maçonnerie 70.174 livres 8 sols 2 deniers (30 avril 1540). Les historiens ultérieurs — en dernier lieu M. F. Herbet (2) — n'ont pas admis cette hypothèse.
Pour Fontainebleau encore, M. H. Stein (3) remarque que « dans les ordonnances royales relatives à la construction du château on voit que les édifices devront être faits « ainsi qu'il a devisé et donné à entendre à son valet de chambre ordinaire, Florimond de Champeveme » : fatidrait-il en déduire que ce Florimond était un architecte ? Nullement ; c'était un simple contrôleur, ordonnançant les dépenses et enregistrant les marchés ». Il n'y a aucune raison pour ne pas penser, de même, qu'un siècle plus tard des sommes ont été payées d'après des devis antérieurs par des hommes qui n'étaient pas les architectes auteurs des devis.
(i) Arch. nat., O» 3871, p. 353 a 371
(2) Les Architectes du château de Fontainebleau sous Fran<, lans la revue Hrie et Gâtinais (1909, p. 22).
(3) Im famille de l'architecte G. le Breton, Annales de la .V. . nais, 1909, p. 170.
Ainsi à Versailles, pour divers contrats concernant la construction du château, acquisition de terrains, etc., M. Batiffol lui-même (i) nous fait remarquer que la personne chargée de l'opération fut à partir de 1626 un homme de confiance du roi, Michel Lucas, et avant cette date, c'est-à-dire jusque vers la mort de S. de Brosse, un des quatre secrétaires du cabinet : Charles de Loménie. Or, c'était le frère de François de Loménie, lui-même neveu, gendre et héritier de Martial de Loménie, un protestant qui avait été seigneur de Versailles jusqu'à la Saint-Barthélémy. Quoi d'étonnant à ce que les Loménie eussent conservé quelques rapports avec les membres de l'Eglise réformée, dont S. de Brosse faisait partie ?
Quant à Le Roy « on sait peu de chose », convient M. Batiffol. (( Il aurait été chargé avec Marin de la Vallée de reviser le plan de l'église Saint-Sulpice dressé par Gamard ; il bâtit rue du Mail à Paris une maison dont le graveur Marot nous a laissé une vue ».
Or, il a été fait en 1909 à la Société des sciences morales, etc., de Seine-et-Oise, une communication dont les procès-verbaux ne rendent malheureusement pas compte. Mais l'auteur, M. Fromageot, a bien voulu nous en répéter quelques conclusions. D'après les comptes des bâtiments du roi qu'il a longuement étudiés, il ne trouvait pas qu'on pût tirer des faits cités par M. Batiffol au sujet de Le Roy la conclusion qu'il en tirait, de tels paiements, dans les usages du temps, étant faits à des entrepreneurs plutôt qu'à des architectes. En outre M. Fromageot a publié (2) une Histoire de la Rue de Buci au cours de laquelle il cite plusieurs fois un Marcel Le Roy, maître maçon, habitant la maison du Grand Cornet (aujourd'hui rue de Buci, 38), dont sa femme Marguerite Le Maître était propriétaire pendant le premier quart du xvii^ siècle. l\ voisinait avec Gamard, mais M. Fromageot n'a trouvé (3) aucune trace de a revision » de plans de Gamard par
(i) Louis XIII à vingt ans, p. 663.
(2) Pour la Socictc historique du VP arrondissement.
(3) Notamment dans Vllisfoire de Saiiit-Sulpice, par M. Hamel, 2" édition,
CHATEAU DE VERSAILLES lOI
Le Roy (i). Quant à Marin de la \'allée, c'est Y entre preneur qui est chargé de terminer les travaux du Luxembourg lorsque S. de Brosse n'a plus à les diriger. Pourquoi Le Roy, d'une catégorie équivalente à celle de ]\Iarin de la Vallée, de Monard, de Corbineau, n'aurait-il pas ainsi assuré l'exécution des plans de S. de Brosse à X'ersailles (2) ? Ne nous apprend-on pas qu'il venait (sans succès d'ailleurs) de se prof.'oser pour une œuvre analogue, l'achèvement des travaux du Louvre (3) ?
M. Batiffol a raison de dire qu'aucun règlement ne forçait le roi à choisir S. de Brosse pour construire son château de Versailles, il faut reconnaître d'autre part qu'aucune circonstance contemporaine ne forçait le roi à exclure S. de Brosse.
•Il y a enfin un argument suffisant à lui seul pour ne pas substituer Le Roy à S. de Brosse comme architecte de Versailles. D'après M. BatifFol même, « ce fut une opération longue et difiicultueuse que la liquidation des dépenses de la construction du château (4).
(i) Christophe Gamard, « maître maçon », dépose en 1616 à roccasion de b querelle de P. de Brosse et d'un aubergiste, dont nous avons parlé ailleurs. Ainsi que « Jean Gamard, tailleur de pierres, demeurant à l'image Saint- Martin, âgé de vingt-six ans », il paraît avoir travaillé alors sous les ordres de S. de Brosse. A diverses reprises « un nommé Gamard » apparaît dans les diverses scènes de cette affaire (Cf. Bulletin de la Soc. de l'hist. de Paris, 1909, p 186, 189 etc.).
(2) Les Comptes des bâtiments du roi pul)liés par .M. Guiffrey pour une période postérieure, mentionnent parmi les personnes qui travaillent à Versailles un grand nombre de Le Roy en 1664 et les années suivantes.
(3) De Nolhac, Histoire du ehùteau (/. / . / s <///■ v t documents trouvés par M. Batiffol.
(4) Page 865. Xe voulant ou ne pouvant imputer ces sommes au compte limcnts », le roi les fit verser par le « commis au maniement des deniers des menus plaisirs ». M. Batiffol estime qu'a en additionnant toutes les sommes versées pour les bâtiments, en y comprenant les jardins, sans le prix d'achat des terres, on arrive à un total de dépenses pour la construction de 238.040 livres 32 sols 6 deniers, peut-être quelque 1. 100.000 franes de nos jours » (Revuc de Paris 1909, p. 865 ; ces derniers mots manquent dans I.oui
vingt ans, p. 669).
I.lle ne put guère commencer qu'en 1631 ; on mettra quatre ou cinq
ans avant de la terminer ». Or il y a une raison fort simple pour
expliquer que S. de Brosse ne figure pas sur ces comptes de 1631 à
1636 : c'est qu'il était mort en 1626.
Nous avons donc le regret de ne pouvoir admetre la conclusion de M. Batiffol, et tant que des preuves documentaires incontestables n'auront pas imposé aux historiens le nom d'un autre architecte, nous croyons pouvoir maintenir, comme le fait encore (avec moins d'assurance) M. de Nolhac, l'hypothèse de S. de Brosse comme la plus satisfaisante.
Autres châteaux royaux.
Il reste à rappeler le peu que nous savons de la participation de S. de Brosse à une dernière catégorie de travaux. Comme « architecte général » il était chargé de surveiller l'entretien des diverses « maisons et bâtiments » du roi et de la reine mère. Ce n'est pas seulement à Paris qu'il y avait des réparations et des agrandissements à faire, et voici, sur les bords de la Loire, une nouvelle preuve de l'estime en laquelle Marie de Médicis et Louis XIII tenaient l'auteur du palais du Luxembourg. Lorsque — avant d'avoir occupé ce palais — la reine mère est exilée à Blois en 161 7, elle demande qu'on ajoute un pavillon à la partie du château qu'elle habite, et c'est à S. de Brosse que les plans sont demandés. Ce pavillon a regardait du côté de Saint- Nicolas et des Lices » ; il renfermait un cabinet et une garde-robe et coiita 4.600 livres (i).
(i) Cette partie occidentale du château a été démolie par Gaston d'Orléans pour y faire élever, par Mansart, un autre pavillon. Tous les détails ci-dessus f.e trouvent dans un manuscrit de la Bibliothèque nationale, Cinq cents Colbert Q2, fol. 161 v°, 189 v", 257 v°, et aux Archives nationales, E 60 b, fol. 218 recto, arrêt du conseil du 29 décembre 1618. On les trouve utilisés dans Le roi Louis XIII à vingt ans, p. 321 ; M. Batiffol qui, dans le même livre, a si fort maltraité S. de Brosse, a rendu d'autre part un service à la mémoire de notre architecte en signalant ce travail jusqu'alors oublié. que les plans sont demandés.