‹ Un architecte français au commencement du 17e siècle: Salomom de BrosseChapitre 26 sur 102 · TRAVAUX A BLOIS ET A VIXCEXNES IO · texte numérisé non relu

TRAVAUX A BLOIS ET A VIXCEXNES IO

Sur r « état » en tête duquel est placé S. de Brosse depuis i6i8 au moins, figurent « le Louvre, les Thuilleries, Saint-Germain-en- Laye, Vincennes et autres lieux » ; nous venons de ranger Blois (avec Rennes, en quelque mesure) parmi les u autres lieux » ; quant à Vincennes S. de Brosse « n'a fait que des travaux de minime importance au château (i) ».

En ce qui concerne le Louvre nous ne connaissons pas plus de détails ; mais, par une récente étude fortement documentée, de M. Batiffol (2), nous savons à partir de quelle époque il est hors de doute que S. de Brosse ne s'occupa pas des agrandissements projetés. Le 5 janvier 1624, Louis XIII ordonne de lui représenter les « plans

et desseins pour la construction de nostre dit chasteau arrêtés après

bonne et mûre délibération, du règne du roi Henri II », et M. Batiffol a retrouvé (3) le plan sur velin du « grand dessein » remontant à P. Lescot, paraphé en 1624 par le surintendant maintes fois rencontré au cours de notre étude : M. de Fourcy. Ce plan avait été en 1578 entre les mains de Baptiste du Cerceau, oncle de S. de Brosse (4).

Le 22 avril un arrêt du Conseil d'état (5) énumère quatre architectes et douze maitres maçons (6), invités à « mettre le dernier prix pour

(1; C'est ce qu'a bien voulu m'écrire en 1910 M. le comte de Fossa qui venait de publier une importante monographie intitulée : Le château historique de Vincennes à travers les âges, 2 vol. in-4°. Il ne mentionne pas S. de Brosse, en raison de cette collaboration tout à fait secondaire.

(2) Le Louvre et les f^lniis de I.escot, (iazette des Beaux-Arts, avril lyio, p. 273 et suivantes.

(3) Archives nat., «..ii»iiivi mv^ 1 >i.iui|jc>. culkcUtMi Uoiaillcur.

(4) Voy. lettre de Henri III en date du 25 sept. 1578, publiée par M. de Laborde, Comptes des bâtiments du roi, Paris, 1877, in-8, t. I" p. XXXVIII.

(5) Arch. nat., E 78 c, fol. 77, r".

(6) Parmi lesquels nous retrouvons les noms de Christophe Gamard, Jean Gobclin et Charles Dury, les uns et les autres collaborateurs de S. de Brosse <n diverses occasions.

lequel ils voudraient entreprendre lesdits ouvrages ». Le 24 avril ils viennent au Louvre « moins dire sur le dernier rabaissant, auquel il sera fait adjudication », et c'est Jacques Le Mercier qui a la préférence. M. Batiffol remarque que parmi les quatre architectes concurrents, sur six que citait Berty (i), ne figurent ni Le Muet ni de

Brosse. Quant à Le Muet « nous ignorons, dit-il, pourquoi il a été écarté ». Quant à de Brosse il me semble qu'il n'y a aucune raison de s'exprimer autrement. Il n'était nullement forcé de se mettre sur les rangs, et dès lors n'avait pas à être « écarté ».

M. Batiffol n'est pas de cet avis. « S. de Brosse », ditil, revenant à l'argumentation que nous avons vue à propos de Versailles, « était en disgrâce à ce moment, en raison d'indélicatesses dont on l'accusait, dans la construction du Luxembourg. Toute cette année 1624 sera pour lui occupée par des procès » . Nous avons longuement essayé de réfuter cette manière de présenter les faits.

Il nous faut observer encore que si S. de Brosse ne prit pas part à Tagrandissement du Louvre, nous avons trouvé la preuve qu'il a eu une part, et même peut-être une double part, dans des travaux connexes : les portes de la nouvelle enceinte, reportée vers l'ouest précisément à la même époque où le Louvre était prolongé de ce côté. En

PORTE DE LA CONFERENCE D'après une ancienne gravure

(i) Topographie hist., t. II, p. 219.

PORTE 8AINT-II0N< Réduction d'un dewin de S. ùc U.'>..v (Collcciion de .M. le baron de Belbmann)

1624 le prévôt des marchands va se plaindre à Saint-Germain qu'on démolisse le vieux mur d'enceinte : « Ce dessein ne peut être exécuté que d'ung fort long temps (i). » Et le fils de S. de Brosse, Paul, eut l'entreprise de travaux de ce genre quelques années plus tard (en 1624 il avait concouru sans succès pour les travaux à faire au Louvre). Or nous dirons plus loin (2) comment nous avons été amené, en examinant les dessins de Brosse, à lui attribuer un édifice dont on ignorait l'auteur : la porte Saint-Honoré, achevée peut-être postérieurement à sa mort (3), mais d'après ses plans et élévations, ainsi, semble-t-il, que la porte de la Conférence, toute voisine et semblable. S'il ne participait pas à la « continuation » du Louvre, il resta donc chargé jusqu'à la fin de sa vie de travaux essentiels à l'embellissement de la cap?tale.

M. de Nolhac a remarqué avec raison que l'état de 1625 est le dernier sur lequel figure (toujours en tête) parmi les architectes du roi S. de Brosse, et aussitôt après vient A. Métézeau (4).

Ainsi que plusieurs architectes de ce temps, S. de Brosse est parfois qualifié ingénieur. Comme tel, sa principale œuvre fut l'aqueduc destiné à amener au Luxembourg les eaux de Rungis. S'il eut à surveiller d'autres travaux relevant de ce que nous appelons aujourd'hui l'art de l'ingénieur, nous n'en savons rien.

§ (5. — Mort de S. de Brosse. — Son enterrement.

Quelques semaines après l'achèvement du château de Versailles, S. de Brosse mourut. Nous n'avons que peu de détails sur sa mort, et cependant nous connaissons trois formes de son acte d'inhumation, qui fut pour M. Read, le point le départ de toutes ses recherches. Ces trois mentions figuraient dans les registres des baptêmes, mariages

(i) Archives nationales, 4. 1801, fol. 341 recto ; cf. Berty, Topogr. hist., t. IT, p. 96.

(2) Ci-dessous, IT' partie. Introduction, § 2, p. 141.

(3) En 1635, d'après la légende mise au xviii' siècle, dans le recueil intitulé : les Délices de Paris, sous une estampe du xvii*.

(4) La Création de Versailles, p. 207,

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