‹ Un architecte français au commencement du 17e siècle: Salomom de BrosseChapitre 34 sur 102 · MAISONS ET TERRES A VERXEUIL · texte numérisé non relu

MAISONS ET TERRES A VERXEUIL

appelons les honoraires de l'architecte. Mais la marquise était à court de numéraire ; elle avait même emprunté au commencement de cette année 1616 mil livres à S. de Brosse ; comme équivalent de ce qui lui est dû pour ce double motif, l'architecte qui est aussi propriétaire foncier consent à recevoir la moitié d'un bien que la marquise possédait depuis peu : la terre et seigneurie du Plessis ; elle comprenait quelques petits bâtiments qui semblent avoir été en assez piteux état (le nouveau possesseur se propose de les réparer et agrandir) ; l'estimation de la valeur étant de 5500 livres, il y a encore en faveur de la marquise un excédent de 1500 livres que S. de Brosse verse en beaux deniers comptants, « pistoles, pièces de seize sols et douzains ». Il y a bien à la fin du contrat du 23 juin 1616 une clause de reprise, mais elle n'était valable que pour trois ans, et la marquise îie s'en étant pas prévalue S. de Brosse resta seigneur du Plessis-Pommeraye : un an ne s'est pas écoulé entre la date de son achat et celle cù il verse entre les mains d'un receveur ecclésiastique les droits dus au chapitre pour une partie de son acquisition, « neuf arpens de terre sis au terroir du Plessier Pommeroye ». Un an s'écoule encore, et les pièces sont collationnées sur l'original (1618), sans doute pour régler définitivement cette affaire. En décembre 1617 la marquise de Verneuil et S. de Brosse, chacun pour la moitié de seigneurie qui leur appartenait, font acte de foi et hommage devant les officiers de la chatellcnie de Creil : la seigneurie du Plessis relevait directement du roi et de la comtesse de Soissons, dame de Creil. (C'est un nouvel épisode des rapports (ju'il y a eus entre S. de Brosse et la comtesse de Soissons dont il a orné l'hôtel parisien).

S. de Brosse faisait à cette époque de bonnes affaires comme architecte et comme entrepreneur et aimait placer ses économies en bien fonds, car l'année suivante (161 7) il fait une nouvelle acquisition — cette fois ce sont des bois et non plus des champs — sur le territoire de Verneuil, toujours du côté de Montlaville. Le contrat est passé non phis au domicile du vendeur mais à celui de l'acquéreur S. de Bros<^r Ci> :

(i) Bull. soc. hisl. Paris, 1883, p. 84, documents et note signée J. J. G. (Guif-

frey).

« Vente de sept vingt dix arpents de bois taillis de TArgillière faite par M''^ Charles de Brouilly à noble homme Salomon de Brosse.

« Par devant Leonore de Saint Leu et Jacques Berthou, notaires gardes nottes du roy nostre sire en son chastelet de Paris, fut présent en sa personne M"'^ Charles de Brouilly, chevalier, baron de Bazoches, demeurant ordinairement à Villiers le Hellon près Soissons, en Picardie, étant de présent logé à Saint Germain des Prés lès Paris, sur le fossé d'entre les portes de Buxy et de Nesle, en la maison où pend pour enseigne le Poulet couronné, tant en son propre et privé nom que comme soit faisant et portant fort de (^ame Charlotte de Saint-Pol son épouze, etc. » vend « à noble homme Salomon de Brosse, architecte général des bastimens du Roy et de la Royne mère de sa majesté, seigneur du Plessis Pommeraie et des fiefs de Saint-Quentin et du Coulombier, demeurant audit Saint Germain des Prés rue Vaugi-

rard sept vingts dix arpens de bois taillis en une pièce vulgairement

appelée le bois d'Etrée dit l'Argillière joignant la forest de Halate, à la mesure de Verneil (75 verges pour un arpent), tenant d'un côté à la grande vente appartenant à Madame la marquise dudit Verneuil,

d'autre cotté à la forest du roy moyennant la somme de cinq mil

quatre cens livres tournois en pistoles d'Espagne, pièces de seize

sols et douzains déclarant ledit sieur achepteur qu'encores que ladite

pièce de bois soit en fief il veut et entend qu'après son deceds elle soit partagée également par ses enfants sans aucun droit d'ainesse ou prérogative, attendu que autrement il n'eût fait icelle acquisition ; fait

et passé en la maison dudit sieur de Brosse cy devant déclarée, l'an mil six cens dix sept, le vingt septiesme jour de juillet avant midy. Et ont lesdits sieurs baron de Bazoches et de Brosse signé, etc. (i). »

(i) Archives départ, de l'Oise, H. 624 et 625, fonds de l'abbaye de Saint- Vincent-de-Senlis, à laquelle finit par appartenir l'Argillière.

Sur le plan du territoire de Verneuil dressé en 1784 (Archives de l'Oise, élection de Senlis) on voit un lieu appelé l'Argillière près la forêt de Halatte dans la direction d'Aumont, limité par deux chemins allant à Montlaville. Sur la « Nomenclature des communes et autres lieux d'habitation dans le département de l'Oise », par Cartier (Beauvais, 1881), une maison isolée de la commune de Verneuil porte ce nom : l'Argillière, Il y a là aujourd'hui une maison de garde domanial.

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