‹ Un architecte français au commencement du 17e siècle: Salomom de BrosseChapitre 36 sur 102 · PARTAGE DE LA SUCCESSION · texte numérisé non relu

PARTAGE DE LA SUCCESSION

if Une seule explication, dit-il, est plausible : l'architecte de Marie de Médicis, suivant un usage assez répandu de son temps, se chargeait parfois de l'entreprise des travaux dont on lui confiait la direction. Peut-être la mort vint-elle l'atteindre à Timproviste sans qu'il eût le temps de mettre ordre à ses affaires. De là des embarras graves, une liquidation désastreuse. » Le mot est bien gros pour une simple hypothèse. Nous avons, au cours de cette étude, relevé les

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actes d'où il ressort en effet que S. de Brosse avait souvent (|uelque |>eine à se faire payer par ses clients les plus illustres : la marquise de Verneuil, le duc de Houillon, la reine-mère elle-même ; mais nous avons constaté aussi que ses gages lui étaient versés régulièrement, que les frais relatifs au Luxem1:H)urg avaient été quelque temp'î p«\yés de .semaine en semaine, qu'il avait dû être indemnisé d'une grande partie au moins de ce qu'il réclamait lorsqu'il fut déchargé en 1624 ; sa dernière constructi< de Versailles,

était relativement peu importante... D'autre part les propriétés foncières étaient assez vastes et productives ; nous ne voyons pas qu'elles aient été hypothéquées. Il ne nous semble donc pas que la liquidation ait dû être aussi désastreuse ; nous constatons, sans pouvoir mieux l'expliquer, qu'elle fut difficile et tardive. -

S. de Brosse le prévoyait sans doute, et ce souci put peser sur ses dernières années de vie domestique, dont nous savons si peu de chose.

§ j. — Le portrait de S. de Brosse.

On peut cependant se le représenter assez facilement préparant ses plans dans sa petite maison de la rue des Saints-Pères, alors à l'extrémité du faubourg Saint-Germain, presque à la campagne ; visitant, tout près de là, ses parents Du Cerceau ; allant le dimanche au temple de Charenton par le coche d'eau, ou parfois à pied, rarement en carrosse (i) ; passant la belle saison dans sa « maison des champs » de Verneuil, surveillant ses prés de Montlaville, son bois de rArgillière, son verger, son vivier, sa bergerie, devisant avec les vieux paysans, ses camarades d'enfance, nés comme lui aux environs de la Saint- Barthélémy et bénissant les années de paix et de prospérité que le premier quart du xvii'' siècle dut au bon roi Henri, à Sully et à Richelieu. Laissée en jachère pendant les guerres de religion, la belle et bonne terre de France était, à Verneuil et partout, remise en valeur par l'honnête labeur des Tirlet, tandis que les Du Cerceau et les De Brosse la couvraient de magnifiques chefs-d'œuvre.

Avant d'aborder l'étude de l'œuvre architecturale de S. de Brosse, nous aurions aimé décrire les traits de l'architecte même. Mais M. Read a vainement cherché pendant vingt-cinq ans un portrait de son héros (2), et jusqu'à présent nos recherches n'ont pas été plus

(i) Le dimanche 19 novembre 161 7, au baptême de Suzanne Rousseau, « Monsieur de Brosse, architecte du roy » est parrain, avec Damoiselle de Pveaucemblan (Registre de Charenton, Papiers C. Read).

(2) France prot., t. TTI (1881), col. 210

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