‹ Un architecte français au commencement du 17e siècle: Salomom de BrosseChapitre 51 sur 102 · I. OUVRAGE INÉDIT · texte numérisé non relu

I. OUVRAGE INÉDIT

Album de 1607.

Un seul de ces édifices subsiste absolument intact : le portail de Saint-Gervais. L'aqueduc d'Arcueil a été modifié, mais la partie due à S. de Brosse est encore reconnaissable. Plusieurs des autres bâtiments ont été détruits : les hôtels de Soissons et de Bouillon, les temples de Charenton, le portail de la rue Pavée. La grand'salle du palais de justice a été détruite mais reconstruite sur les mêmes plans. Toutes les autres constructions dues à S. de Brosse ont été plus ou moins remaniées : le château de Monceaux, le palais du Luxembourg, le palais de Rennes, la fontaine Médicis ; au château de Versailles il est difficile de reconaître ce qui date du premier bâtiment, sous toutes les constructions postérieures.

C'est donc surtout d'après les anciennes descriptions, et en partie seulement d'après nos observations personnelles que nous pourrons étudier maintenant les diverses œuvres de S. de Brosse suivant le classement que nous venons de proposer. Laissant de côté les détails historiques rassemblés plus haut, nous ne nous occuperons que de la topographie et de l'architecture.

HOTEL DE SOISSOXS

, HOTEL DE S0ISS0N8 d'après une gravure de Pérelle

CTTAPTTRE PRE>[ÎRR

Châteaux et hôtels particuliers

Hôtel de Soissons.

Sur le plan de Paris de Mathieu Mérian (1615) on voit l'emplaceinent de l'hôtel de « Soison » et ses dépendances nettement délimitées par les rues Coquillière, de Grenelle, des Deux Ecus et du Four. Aujourd'hui (dans le IP arrondissement) la première seule a conservé son nom ; les autres s'appellent Jean-Jacques Rousseau, Berger, et Vauvilliers. On distingue une chapelle à l'angle des rues Coquillière et de Grenelle, et un jardin occui^e l'angle des rues de Grenelle et des Deux Ecus, mais on ne peut hien distinguer les détails des bâtiments proprement dits situés le long de la rue du Four. On voit seulement que la façade sur les jardins était perpendiculaire à la rue des Deux Ecus, et dans le prolongement d'une petite rue (des X^ieilles

Etuves) qui est aujourd'hui la rue Sauvai. C'est-à-dire que la partie centrale de ces constructions se trouvait presque exactement vers le centre de la Bourse du Commerce actuelle.

Pour compléter ce plan, contemporain de S. de Brosse, il faut consulter celui de Gomboust, qui est de 1653. On y distingue beaucoup plus de détails et notammeftt l'impasse de l'Hôtel de Soissons qui est aujourd'hui la rue Oblin (remaniée en 1908).

Les constructions anciennes,, autour d'une petite cour rectangulaire, qui se trouvent de ce côté, ne sont probablement pas celles où a travaillé Salomon de Brosse. Faisant pendant à ce quadrilatère on en voit un plus grand au coin des rues du Four et des Deux Ecus. Et dans l'angle nord-ouest de la grande cour se trouve la colonne dorique, de 1572, qui subsiste aujourd'hui contre la Bourse du Commerce en face de la rue de Vannes.

Entre l'hôtel de Soissons primitif et cette autre partie qui fut spécialement « l'hôtel des deux Reines » s'élevait, d'après le plan de Gomboust (à la place d'un corps de bâtiment très simplement figuré sur le plan de Mérian), une construction monumentale, entre un grand et un petit jardin, comprenant un portique dans le prolongement de la rue des Vieilles Etuves, et, à l'est de ce portique, une cour formée par un grand pavillon central et deux pavillons latéraux. Les toits très cJevés et la disposition générale rappellent beaucoup le palais du Luxembourg et le premier château de Versailles, œuvres de S. de Brosse qu'on voit précisément figurées sur le plan de Gomboust. La disposition est un peu différente sur le plan de Turgot en 1739 qui paraît moins exact sur ce point (feuille 14).

On serait fort tenté, au premier abord, de reconnaître ici la manière de notre architecte. Cependant on ne lui attribue, à l'hôtel de Soissons, qu'un portail monumental, et on le plaçait jusqu'à présent sur une façade rue de Vauvilliers (presque en face du pavillon sudouest des Halles, si cette hypothèse est exacte) (i).

(i) Ainsi M. Read, papiers inédits à la Bibl. d'hist. du protest. fr. ; cf. Mémoires de l'Académie des inscriptions (1751), t. XXIII, p. 262. D'après M. Douen l'entrée principale (celle du parc ?) se serait trouvée vers le n° 55 de la rue J.-J. Rousseau (Encycl. des sciemes relig., t. XII, p. 780).

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