‹ Un architecte français au commencement du 17e siècle: Salomom de BrosseChapitre 6 sur 102 · VERXEUIL ET SES ENVIRONS · texte numérisé non relu

VERXEUIL ET SES ENVIRONS

Sortant de ragglomération proprement dite de \'erneuil on longe au pied de la colline méridionale les vieux murs de l'ancien parc du château qui dominait toute la belle vallée et le riant vallon latéral ; de l'autre côté, à gauche, il y a un étang. Après quelques centaines de pas dans la campagne, on arrive à une autre agglomération, d'aspect analogue et presque aussi importante que le chef-lieu de la commune : c'est Montlaville (jadis Amont-la-\'ille, c'est-à-dire au-dessus de la ville). Et presque aussitôt on voit émerger au-dessus des habitations quelconques le toit élevé de la « maison jaune » qui domine toutes ses voisines. C'est une œuvre de S. de Brosse, de grande allure dans sa simplicité, que nous décrirons en temps et lieu. Une image moderne qu'on vend dans le pays la désigne comme « fief de Saint- Quentin où naquit S. de Brosse » ; étant donné qu'il a construit cette tour, il est évidemment né ailleurs, mais probablement dans le voisinage immédiat.

D'après la tradition locale que m'a rapportée l'un des plus vieux habitants, « presque tout le pays » appartenait à S. de Brosse, exagération facile à comprendre dans ce hameau où, seul des anciens habitants, il a laissé un monument durable de son séjour... En dehors de sa maison cependant, mais dans les abords, se retrouvent quelques autres détails d'architecture des xvi'' et xvii'' siècles ; ainsi une fort belle cheminée, de vastes proportions, surmontée d'ornements finement sculptés (cartouche ovale, etc.) ; elle contraste singulièrement avec les objets qui l'entourent aujourd'hui dans une pièce en contre-bas de la route, au rez-de-chaussée d'une maisonnette située du même côté que la « maison jaune », un peu plus loin, sur la route de Fleurines.

Au sortir de Montlaville on entre dans la forêt de Hallatte et ait bout d'une demi-lieue, arrivé à un carrefour, si l'on prend a droite la « route Bourbon » qui file direclcmcnt, par un tracé accidenté, vers Saint-Firmin et Chantilly, on arrive en quelques minutes à une grande clairière. A main gauche, à !a lisière du bois, la maison d'un garde porte le nom de VArf/illièrc, fief qui appartint aussi à S. de Brosse, comme à notre droite les terres de Malassise et du Plcssis- Pommcraie, dont deux fermes indi(jucnt remplacement sur le plateau.

Plus loin encore nous pourrions quitter la route Bourbon pour le chemin de Senlis par Aumont, plus fréquenté jadis qu'aujourd'hui. Plusieurs belles bornes au millésime 1540 portent encore des écussons et effigies de prélats. A travers chênes et hêtres, à une grande heure de JMontlaville, on est de nouveau à l'orée du bois, au-dessus du village d'Aumont. La vue s'étend bien loin, au-delà de la vallée de la Nonette ; au-dessus des bois, une fine pointe se dresse, étrange, très élancée, dominant une tour au trav^ers de laquelle on voit une raie de lumière. C'est la cathédrale de Senlis. Les réformés de Verneuil, dont la famille Brosse, s'arrêtaient ici lorsque, suivant le chemin que nous venons de parcourir, ils venaient le dimanche assister à l'exercice du culte public, interdit dans la ville épiscopale, mais autorisé à une lieue environ, pour les protestants du bailliage.

La partie orientale du village d'Aumont s'appelle encore le Prêche (i). Là, souvent, S. de Brosse put voir sa fille, mariée au frère du pasteur de Senlis.

Si nous avons quelque peu anticipé sur les événements, c'était pour en replacer plusieurs les uns près des autres dans ce petit coin de France où s'est déroulée, surtout dans sa première et sa dernière partie, la vie de celui qui fait l'objet de notre étude.

La connaissance des lieux actuels nous facilitera la recherche des faits passés.

§ ^. — Les Du Cerceau. Le château de Verneuil.

Dans le village de Verneuil vivait au milieu des agriculteurs, à la fin du xvi^ siècle, une famille dont plusieurs membres rendaient précisément alors leur nom ou surnom illustre dans les annales de l'art français ; les Androuet qui, « d'un cerceau pendu à leur maison de Paris pour la remarquer et y servir d'enseigne » prirent le nom de Du Cerceau (2). Pour le seigneur du lieu, Ph. de Boulainvilliers, Jacques i^""

(1) Le temple paraît s'être élevé dans la propriété appartenant en 1910 à M. Baudrier.

(2) La Croix du Maine, Bibliothèque française, 1584.

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