‹ Un architecte français: au commencement du XVIIe siècle: Salomon De BrosseChapitre 11 sur 92 · CHATEAU DE VERNEUIL, D APRÈS DU CERCEAU · texte numérisé non relu

CHATEAU DE VERNEUIL, D APRÈS DU CERCEAU

(Les plus excellents bâtiments de France)

des plus excellens bastimens de France (1576), et voict, extraite de ce livre, une page qui, pour faire connaitre le pays, est plus savoureuse que celles de nos modernes guides : « Verneuil est un lieu assis en

(1) Sur ces planches, voir l'intéressante dissertation du baron de Geymüller, les Ducerceau etc. (Librairie de l'Art, Paris, Rouam, 1887, in-4°, p. 82 et suivantes) ; un plan (fig. 135, p. 331) reproduit une page des Plus excellens bastimens ; Ja fig. 41, p. 82, représente un second projet de J. du Cerceau pour Verneuil, très semblable au palais du Luxembourg ; p. 200 une double planche

Picardie à un quart de lieue de la forêt de Hallâtre [Halatte] et autant de la rivière d'Oise, à deux lieues de Senlis et douze de la ville de Paris. Là est un vallon de grand plaisir ayant des deux costés comme deux montaignes. Dans ce vallon est le vieux château, fort commode et d'assez belle montre Ce lieu étant à M. Philippe de Boulinvillier (1), homme fort amateur de l'architecture, il eut le désir d'y faire auelque œuvre singulier, de sorte qu'il fit commencer un édifice sur l’une des susdites montagnes. ; et ainsi désignant premièrement la cour de 18 toises en carré, sa délibération fut de dresser 4 corps de logis entour icelle suivant l’art d'architecture, comme apparait par ce Gui en est fait : si que je puis dire avec ceux qui se connaissent à telle besogne qu’elle ne trouvera guère de seconde. Depuis, advenant cette maison à Mgr de Nemours (2), qui de longtemps desiroit avoir quelque belle place en France. y a fait faire au lieu de deux petits pavilions entarmés (sic) à chacune encognure du bâtiment par le dehors un grand pavillon, qui sont quatre pour tout l'édifice. »

Si nous avons cité tout au long cette description c’est pour cette double raison que Jacques I Androuet fut le grand père et Jacques IT fut le maître de S. de Brosse : ie jeune homme élevé au pied du chàtcau de Verneuil a trouvé là, très probablement, les grandes lignes du palais du Luxembourg, $on œuvre la plus considérable : au moment même où 1l la commençait, il achevait (en 1616) des travaux importants « comme entrepreneur des bâtiments de Verneuil (3) ». Et dans

en héliogravure est faite d’après un dessin lavé appartenant à la collection Destailleur. Une des rééditions du livre de J. du Cerceau a paru précisément vers l'époque où S. de Brosse se fixait dans la capitale : « à Paris, pour ledit Jacques Androuet, (sic) du Cerceau, 1607 », in-fol. sans nom d’imprimeur (Bib. nat., réserve, V. 394).

Un Voyage pittoresque de la France publié à Paris en 1784, in-folio, renferme deux vues du château déjà en ruines (Estampes, n° 8).

() L'un de ses fils au moins fut protestant (France prot., 2° éd, t. IL, col. 993).

(2) Jacques de Savoie, duc de Nemours, mort en 1583.

(3) Acte du 20 juin 1616, entre la marquise de Verneuil et S. de Brosse (Archives de Chantilly) publié ci-dessous.

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