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Plus loin encore nous pourrions quitter la route Bourbon pour le chemin de Senlis par Aumont, plus fréquenté jadis qu'aujourd'hui. Plusieurs belles bornes au millésime 1540 portent encore des écussons ct effigies de prélats. A travers chênes et hêtres, à une grande heure de Montlaville, on est de nouveau à l’orée du bois, au-dessus du village d'Aumont. La vue s'étend bien loin, au-delà de la vallée de la Nonette ; au-dessus des bois, une fine pointe se dresse, étrange, très élancée, dominant une tour au travers de laquelle on voit une raie de lumière. C’est la cathédrale de Senlis. Les réformés de Verneuil, dont Ja famille Brosse, s’arrêtaient ici lorsque, suivant le chemin que nous venons de parcourir, ils venaient le dimanche assister à l'exercice du culte public, interdit dans la ville épiscopale, mais autorisé à une lieue environ, pour les protestants du bailliage.
La partie orientale du village d’Aumont s'appelle encore le Prêche (1). Là, souvent, S. de Brosse put voir sa fille, mariée au frère du pasteur de Senlis.
Si nous avons quelque peu anticipé sur les événements, c'était pour en replacer plusieurs les uns près des autres dans ce petit coin de France où s’est déroulée, surtout dans sa première et sa dernière partie, la vie de celui qui fait l’objet de notre étude.
La connaissance des lieux actuels nous facilitera la recherche des faits passés.
$ 2. — Les Du Cerceau. Le château de Verneuil.
Dans le village de Verneuil vivait au milieu des agriculteurs, à la £n du xvi* siècle, une famille dont plusieurs membres rendaient précisément alors leur nom ou surnom illustre dans les annales de l’art français ; les Androuet qui, « d’un cerceau pendu à leur maison de Paris pour la remarquer et y servir d'enseigne » prirent le nom de Du Cerceau (2). Pour le seigneur du lieu, Ph. de Boulainvilliers, Jacques 1°
(1) Le temple paraît s'être élevé dans la propriété appartenant en 1910 à M. Baudrier.
(2) La Croix pu Maine, Bibliothèque française, 1584.