LE PLAN DV BASTIMENT NEVF COMME IL EST DE PRESENT
CTIIATEAU DE VERNEUIL
{Réduction d’une planche des Plus excellents bâtiments)
autres qui voudront bastir aux champs » ; dans « les Ædifices antiques romains » (1584), voilà les « desseings des plus signalez et principaux bastimens qui se trouvaient à Rome du temps qu’elle estoit dans sa plus grande fleur !.… »
Les idées communes à l'éducation de S. de Brosse et de ses contemporains ont été très exactement caractérisées : « Ils étaient formés à l’école de l'antiquité, telle qu’elle avait été interprétée dans les théories des architectes de la Renaissance française ou appliquée par les artistes italiens. Leur esprit fut hanté pour ainsi dire par deux idées dominantes : celle des ordres, qui venait des anciens, celle de la coupole, qui venait de l'Italie ; » (mais sur S. de Brosse l'influence italienne fut beaucoup moindre, et postérieure à la première moitié de sa vie) ; « leur pédagogie se fondait sur Vitruve, édité, traduit et commenté pendant tout le xvi* et le xvrr° siècles, sur Philibert Delorme, disciple lui-même de Vitruve, sur Vignole, sur Palladio (1). » Il y faut joindre J. Bullant, mort entre Verneuil et Paris (à Ecouen, en 1578), et dont S. de Brosse a réédité l'œuvre principale. « Ils se trouvaient en opposition complète avec le moyen-âge » ; et à toute autre époque ce serait un fait étrange qu'un homme né comme $S. de Brosse dans un des coins de France les plus riches en églises gothiques, entre les cathédrales de Beauvais, de Noyon, de Senlis, ait aussi peu ressenti l'influence d’un tel voisinage.
Travaillant avec S. de Brosse à remettre en lumière « la \reigle d'architecture » de Bullant, un nommé N. Piloust (2), énumère les qualités nécessaires à un bon architecte et nous avons lieu de penser que plusieurs d’entre elles appartenaient à S. de Brosse. Il faut, disait Piloust, qu'il soit « bien versé ès lettres, tant hébraïques, grecques, que latines ;… qu’il sçache parfaictement bien pourtraire, voire s'il se pouvoit aussi bien peindre qu'un autre Appelles.. ; qu'il soit sçavant en la géométrie, et la perspective ; qu’il soit bon arithméticien ;… quil n’ignore pas les Histoires ;… pour ce qui est de la Philosophie, il est nécessaire qu’il la sçache aussi, car elle le peut
(1) H. LEMONNIER, l'Art français, p. 210.
(2) Dans l'Epitre au lecteur, 1619, voir ci-après, Il° partie, introduction, $ 3,