CHATEAUX DE MONCEAUX, COULOMMIERS, ETC
architecte, prirent l'alignement du château (1). » C'est précisément à cette occasion que S. de Brosse remit à Ch. du Ry, exécutant les travaux sous sa direction, l’album déjà cité : on y voit des dessins pour les pavillons, portes, lucarnes, etc. du château de Coulommiers (2).
A la même époque se place la construction (3) du château de Bléran-
bogr. historique du vieux Paris, t. II, p. 78). Les membres d'une branche de la famille Gobelin, comme les Du Ry, étaient protestants.
(1) Notice sur le château neuf de Coulommiers, par M. Anatole Dauvergne, extrait du Bulletin monumental publié par M. de Caumont à Caen (Tirage à part, Paris, 1853, p. 8).
(2) Bull. hist. prot.,. 1002, p. 458 ; France prot., t. III, col. 2090. M. Dauvergne (Notice citée, p. 24) se demande si S. de Brosse n'aurait pas aussi fait à Coulommiers les plans de l'église des Capucins, consacrée le 13 juillet 1625 (Catherine de Gonzague en posa la première pierre en 1617). Nous n’en avons aucune preuve. Les comptes de la dame de Coulommiers mentionnent en 1622 une fourniture de pierre de taille et de briques faite par Ch. du Ry. D'autre part, l’album commencé en 1607 par S. de Brosse et continué par Ch. du Ry renferme sur l’une de ses dernières pages (p. 47 recto) un pavillon d’entrée et des motifs divers pour une chapelle qui pourrait bien être celle des Capucins à Coulommiers (qu'on voit à gauche sur la gravure d’I. Silvestre) : il y a deux statues de moines ceints d’une cordelière et tenant une croix, et deux évêques.
(3) À l’ouest de Coucy (Aisne) sur la route de Noyon. Vue par I. Silvestre. Le 21 novembre 1616 « M. de Blérancourt a fait serment au parlement de la charge de bailli et gouverneur de Péronne, Montdidier et Roye, qu’il avoit acheté soixante mil escus de M. le maréchal d’Ancre » (Journal d’Arnaud dAndilly, Bibliothèque de l’Arsenal, mss. Conrart in-4°, t. XI, p. 350 ; cf. édition publiée par M. Achille Halphen). M. Michelant a publié pour la Société des bibliophiles belges (Liège, 1872, in-8°), un Voyage ès Ardennes, Liège, et Pays Bas, par Pierre Bergeron, où on lit (p. 13) : « Je partis de Paris avec M. et Mme de Blérancourt le 18° de juin 1619 et allâmes coucher à Villeneuve sous Dammartin, le 19° à Biérancourt… les plus excellens ouvriers de ce temps y ont travaillé : je dis des Brosses, etc. ». À Blérancourt comme à Coulommiers on a voulu, mais sans preuve plus certaine, à côté du château attribuer à S. de Brosse la construction d'un couvent : « Bernard Potier avait aussi fait construire un monastère de Feuillants détruit aujourd’hui, dont S. de Brosse avait peutêtre été également l'architecte » (Michelant, note dans la France prot., t. IIT, col.
206 et 1106).
court, en Picardie et dans la vallée de l'Oise, au nord-est de Verneuil, pour Charlotte de Vieuxpont, épouse de Bernard Potier, marquis de Blérancourt.
A Paris la première maison à laquelle nous sachions avec certitude que S. de Brosse ait travaillé fut l'Hôtel de Bouillon, au faubourg Saint-Germain : il appartenait à l'illustre famille protestante de la Tour d'Auvergne, successeurs, à Sedan, des Lamarck, sous la protection desquels nous avons trouvé un « Monsieur de Brosse », réfugié en 1575. Trois actes des premiers mois de 1613 montrent les travaux terminés, et le règlement de comptes fait par paiements successifs (nous relèverons ainsi désormais, aussi souvent que possible les documents permettant de nous faire quelque idée de la situation financière d’un architecte comme S. de Brosse au xvrr® siècle).
I1 y a d’abord, à la date du 12 février 1613, un « Mémoire des travaux de maçonnerie exécutés dans l’hôtel de Bouillon et vérifiés par S. de Brosse ». La dépense ne monte pas à un chiffre élevé : 868 livres, 14 sols, 6 deniers ; elle se rapporte presque exclusivement à des « travaux sans importance : construction de cheminées, cloisons, etc. (1) 5
Le 28 février, seconde quittance (2) : « J'ay (sic) soubsigné confesse avoir reçu de Mgr le maréchal de Bouillon la somme de trois mille livres tournois par les mains du sieur Gérémie sur et tant moins des ouvraiges faits et à faire par moy marchandé pour le bâtiment que mondit seigneur fait faire en son hostel du fauxbourg Saint-Germain des Prés à Paris, laquelle somme de trois mille livres je me tiens pour content et promets tenir conte sur lesdits ouvrages.
Fait ce dernier jour de février mil six cens treize. »
(1) Catalogue de vente du libraire Dufossé, rue Guénégaud, mars 1882 ; GUIFFREY, Bulletin d’hist. de Paris, 1882, p. 105 : « La signature est semblable au fac-similé donné par M. Read, avec le petit S presque imperceptible ». Le successeur de M. Dufossé, M. Ch. Chadenat, interrogé par moi en 1009 sur les acquéreurs de cet autographe, m'a répondu qu'il n'en avait « aucune trace ».
(2) Papiers Ch. READ, bibliothèque de la Société d'histoire du protestantisme,
Deux mois après nouvel à compte aussi important (1) : € Sallomon de Brosse, architecte du roy et de la royne, demourant rue des vieilz Augustins, confesse avoir eu et reçu comptant de Monseigneur le duc de Bouillon par les mains de Monsieur Levasseur son secrétaire absent (sic) et des deniers dudit seigneur de Bouillon la somme de trois mil livres tournoys sur estant moings des ouvraiges de maçonnerye et autres ouvraiges par ledit de Brosse marchandés à faire pour ledit seigneur en sa maison sise ès faulxbourg Saint-Germain des Prés lès Paris, dont et de laquelle somme de trois mil livres tournoys ledit Brosse est tenu pour content et a quité et quite ledit seigneur de Bouillon, Levasseur et tous aultres, obligeant, renonçant, etc.
Fait et passé à Paris, ès hostel et rue susdites, l’an mil six cent treize, le vingt huictiesme jour d’apvril, et ont signé