‹ Un architecte français: au commencement du XVIIe siècle: Salomon De BrosseChapitre 21 sur 92 · THÉVENIN · texte numérisé non relu

THÉVENIN

Cet acte — un peu postérieur aux « alignements » du château de Coulommiers — est, parmi les documents retrouvés jusqu'à ce jour, le premier où S. de Brosse prend ce titre officiel : « Architecte du roy et de la Royne » (la reine mère Marie de Médicis). Désormais il est plus un simple entrepreneur de « maçonnerie, charpenterye et autres ouvrages » pour le compte des particuliers ; c'est un fonctionnaire de la maison du roi : nous le verrons chargé de construire quelaues-uns des plus importants monuments de cette époque : résidences royales, églises, palais de justice, etc, et souvent vers la fin de sa vie

(1) Catalogue d’autographes de M. Charavay, mars 1882, n° 374; Bull. hist. Paris, 1882, p. 106.

(2) Peu après, le duc de Bouillon quitte Paris, emportant « vaisselle d’argent et meubles précieux » (Journal d'Arnaud d’Andilly, 28 janvier 1614). Il y avait sans doute dans cet hôtel une bibliothèque, car le duc était amateur de livres et les faisait relier « de beau cuir incarnat avec de l’or et de l'argent » (R. Face, Un grand seigneur bibliophile, Bull. hist. et phil. du Comité des travaux hist. 1007, p. 272-288). Notons encore un souvenir se rattachant à l'hôtel de Bouillon : c’est là que vint maintes fois dans les années suivantes, l'enfant du duc, né en 1611, qui devint le maréchal de Turenne.

laissant à d’autres le soin d'achever les constructions dont il a donné les plans et surveillé les premiers travaux.

Quelques mois plus tard S. de Brosse s'intitule « architecte des bâtimens du Roy et de la Royne » dans un acte, jusqu'à présent inédit, où figure comme témoin « Anthoine Métivier, architecte de Monsieur le Maréchal de Bouillon ». Les deux beaux-frères se sont donc succédé ou plus probablement ont travaillé ensemble au service

du duc (1).

$ 2. — L'architecte du roi et de la reine (1613-1626). Le Luxembourg.

Nous ne savons sur quel fondement s'appuyait M. Jal (2) pour reporter à une année plus tard (1614), la nomination de S. de Brosse ; ce qui est certain, c’est que, après avoir déjà été employé au service du roi et de la reine mère sous les ordres des Androuet du Cerceau, il eut de l’avanceinent dès la fin de la vie‘de Jacques du Cerceau, et après la mort de son oncle il devint titulaire de la charge d’architecte général, avec 2.400 livres d’appointements qui demeurèrent les mêmes jusqu'à sa mort.

Je remarque à ce propos que si le titre de surintendant des bâtiments du roi fut conservé longtemps encore par un illustre coreligionnaire de Brosse, Sully, ces fonctions furent remplies (après 1610) tout le temps de la carrière « officielle » de Brosse, par M. Jean de Fourcy, sieur de Chésy, intendant des bâtiments du roi depuis 1594 (3). Nous les trouverons souvent en rapport l’un avec l’autre. Voici quelques actes intéressants relatifs à la charge de S. Brosse (1615) : « A Salo-

(1) Nous citons plus loin (pièce justif. X, p. 266) l'acte du 15 septembre 1613 qu'a bien voulu nous communiquer M. le marquis de Luppé, et qui appartient à ses archives du château de Beaurepaire (fonds Lameth).

(2) Dictionnaire critique : « S. de Brosse succéda à Jacques I du Cerceau, mort le 16 septembre 1614, comme architecte des bâtimens du roi »,

(3) Cf. Barirrot, Gazette. des Beaux-Arts, 1910, p. 286.

ÿ L' ARCHITECTE DU ROI ET DE LA REINE 49

Page 1