SALLE DU*PATAIS DE JUSTICE
temple de Charenton, événements postérieurs de plusieurs années à la construction du portail de Saint-Gervais.
Vers la même époque d’ailleurs, S. de Brosse travailla pour d’autres clients ecclésiastiques : les Augustins réformés, que la reine Marguerite avait établis sur une partie de son jardin, au faubourg Saint- Germain, « l'an 1613 », et dans les années suivantes ils firent de leur monastère « une des belles maisons de Paris (1) ».
Grande salle du Palais de justice à Paris.
Après avoir travaillé pour des marguilliers et des moines, $S. de Brosse fut chargé par les premiers magistrats du royaume de reconstruire la grande salle du Palais de justice, qui venait d’être détruite par un incendie le 7 mars 1618. Comme pour le Luxembourg, S. de Brosse fut préféré à plusieurs autres architectes qui avaient été appelés à concourir pour la présentation des plans. Le commencement et la suite des travaux firent l’objet de négociations entre le roi et le parlement ; il y eut quelque lenteur dans l'exécution qui occupa les années 1619, 1020, 1621 et 1622 ; l'achèvement n'eut même lieu qu’en 1624. Voici ce qu’on lit dans les registres de la cour du Parlement (2).
18 avril 1618 : « Louis etc. Nous ayant faict représenter les plans et desseings d’aucuns architectes les plus expérimentez pour servir & la réfection de la grande salle qui a esté depuis peu brülée dans notre palais de cette nostre bonne ville, que nous voulons faire rebastir le plus tôt qu'il se pourra selon la magnificence, grandeur
(1) Supplément des antiquitez, ete, par D. H. I., 1630, p. 43. Le monastère des grands Augustins était dans l’intérieur de l'enceinte, et le jardin de Ia reine dans le faubourg, il y a peut-être quelque confusion dans ce texte. Voir ciaprès chap. VI, $ 3.
(2) Archives nat. X, 1912; X, 1945 ; X, 1937. Lettres patentes du 23 avril 1613, X1 a 8640, fol. 72 recto ; cf. arrêt du conseil du 4 octobre 1618, E 6014 fol. 8 recto.
et dignité du lieu le plus auguste de nostre royaulme.…. » ; une commission de magistrats est nommée pour choisir « celuy desditz plans et desseings que vous jugerez le plus propre et convenable pour ce regard ».
2 septembre 1620 : « Veu par la cour la requeste à elle présentée par le procureur général du roy contenant que par arrest du conseil du 19 juin 1619 sa Majesté désirant avancer le dessein des bastimens ce la grand salle de son pallais a esté ordonné que par les trésoriers généraux de France de cette ville vente par adjudication seroit faite des places vaines et vagues estant le long du fossé du fauxbourg Saint-Germain des prés depuis la porte de Bussy jusques à celle de Nesle, etc. (1). »
De 1618 à 1621, la cérémonie traditionnelle de la messe du Saint- Esprit au commencement de novembre fut célébrée dans la chapelle de la chancellerie. En 1622, la reconstruction de la grand'salle est assez avancée pour qu'on puisse y revenir à cette occasion :
« Du sabmedy 12° jour de novembre, Messieurs, assemblés en la grand chambre du plaidoyer en robes rouges et chapperons, sont allés en la grand salle du palais où a esté dite et célébrée la messe par l’evesque de Soissons. » Un an plus tard il y avait pourtant encore à faire des travaux complémentaires assez importants (novembre 1623) : « Messieurs, assemblés en la grand chambre du plaidoyer, sont allés en la chapelle de la chancellerie à cause que la grand salle estoit occupée des massons ; a esté en ladite chapelle la messe célébrée (2). » Un arrêt du conseil du 18 janvier 1624, nous apprend qu'à cette époque les travaux étaient conduits par « Henri Colin, maitre des œuvres et bastimens du roi (3) ».
(1) Ce qui correspond actuellement à peu près aux rues Guénégaud et Mazarinc, précisément dans le faubourg Saint-Germain où, comme nous l'avons vu, babitait S. de Brosse, les Du Cerceau, le duc de Bouillon et la grande majorité des protestants parisiens.
(2) M. Horrpauer (Paris à travers les âges, 2° édition, le Palais de justice, 0. 45) donne une vue de la grand’salle (fig. 32),
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PARLEMENT DE BRETAGNE 75 Palais de justice de Rennes.
En 1618, où il était appelé à travailler pour le Parlement de Paris, S. de Brosse fut chargé de fournir les plans à un autre grand corps à l'instar de la capitale, pour une construction presque aussi importante que celle du Luxembourg. Le Parlement de Bretagne était réduit, depuis sa création en 1553, à siéger « en maison empruntée », en dernier lieu dans une partie du couvent des Cordeliers. Les « nobies bougeois et habitants » de Rennes en éprouvaient un vif « regret et déplaisir » (1). À la demande de la Communauté de ville, Henti IV avait accordé le 3 juillet 1609 des lettres patentes autorisant la ville de Rennes à percevoir certains octrois « pour bastir un Palais royal et y établir le Parlement ». Neuf ans s’écoulèrent jusqu'au jour où l'établissement des plans fut confié à S. de Brosse (2).
Les documents relatifs à la construction du palais forment plusieurs liasses et registres aux archives départementales et à la bibliothèque de la ville de Rennes.
(1) Ce sont les termes de leur supplique au Parlement en 1618 que j'ai copiée aux archives municipales et reproduite ci-après, p. 260.
(2) La plupart des ouvrages d'histoire locale ne font que mentionner brièvement la part initiale de Brosse dans la construction du palais : ainsi le président DELAPORTE, Recherches sur la Bretagne, Rennes, 1823, t. II, p. 110; OGÉr, Dictionnaire de Bretagne, nouvelle édition, Rennes, 1853, t. IL, p. 555 ; H. BourDONNAY, le Palais de justice de Rennes, Rennes, Simon, 1902, p. 5. Cf. BANÉAT, le Vieux Rennes, dans les Mémoires de la Société archéologique d’Ille-et-Vilaine, t. XXXVI, Rennes, 1907, p. 30. Ce travail a été reproduit à part en 1910 dans une belle publication in-4°.
Dans une lettre adressée à M. Read en 1865 (papiers Ch. Read, Bibl. hist. du prot. fr. à Paris) M. Ramé annonçait la publication dans la Gazette des Beaux-Arts d'une étude sur les architectes du Palais de Rennes qui, sauf erreur, n’a pas paru.
L'ouvrage le plus récent et l’un des mieux documentés est celui de F. SauL- NIER (conseiller honoraire à la cour de Rennes), Le Parlement de Bretagne 1554-1700, J. Plihon et L. Hommay, Rennes, in-4°, 2 vol., 1909. La collection de feu M. de Palys, qui appartient à Mme de Palys, sa belle-fille (au château de Clayes, Ille-et-Vilaine), renferme plusieurs des vues anciennes du palais du Parlement reproduites dans cet intéressant ouvrage,
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