INTRODUCTION
Quelques-uns de ces détails, et des plus essentiels, allaient bientôt être réunis par l’homme qu’on peut bien appeler, comme en matière de trésors, l'inventeur de S. de Brosse, M. Ch. Read. Il commença par lui restituer son véritable prénom et son véritable lieu de naissance, et ne cessa jusqu'à la fin de sa vie, dans ses notices successives, de réunir patiemment de nouveaux documents (1).
Le Bulletin de la Société d'histoire du protestantisme français (2), les Mémoires et le Bulletin de la Société des Antiquaires de France (3), le Bulletin de la Société de l'Histoire de Paris et de l’Ile-defrance (4), ont publié plusieurs communications intéressantes qui ont
rations, sont consacrées à l'œuvre de S. de Brosse ; cf. du même auteur : Histoire de l'architecture, dans Patria, la France ancienne et moderne, Paris, 1846, p. 2173. M. L. Vaudoyer est mort cette même année 1846.
(1) Bulletin de la Société d'histoire du protestantisme français, IV° année (1855), p. 493, 630 et 633, n. 2 (discours du président, M. Read) ; les Mémoives de la Société des Antiquaires de France, t. XLI, renferment un article de M. Read sur Salomon de Brosse, l'architecte de Henri IV ct de Marie de Médicis, dont il a été fait un tirage à part (32 p., Daupelay, 1881). Le même auteur a rédigé la notice la plus complète existant jusqu'à ce jour, pour la }‘rance trotestante, 2° édition (tome IIT, Paris, 1881, col. 194 à 210) ; il a été également fait un tirage à part (Paris, Kischbacher, 1881, 1in-16) On lui doit enfin une troisième notice parue dans l'Encyclopédie des sciences religieuses de F. Lichtenberger (Paris, 1877, Tome Il, p. 445). Les papiers de M. Read ont été déposés à la Bibliothèque de la Société d'histoire du protestantisme français, 54, rue des Saints-Pères à Paris ; un carton spécial renferme les documents (copies, extraits, etc.) relatifs à S. de Brosse.
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(3) Bulletin, t. IX, p. 145 sqq, Nouvelle note sur les de Brosse et les du Cerceau, par MM. TissERAND et READ.
(4) J. Gurrrrey, La famille de S. de Brosse, documents nouveaux tirés des minutes du tabellionage de Montfort l'Amaury et communiqués par M. À. de Dion, suivis de quelques mots de réponse à MM. Read et Tisserand (Bulletin de novembre et décembre 1882, p. 101, 148, 173). Du même (Bulletin de décembre 1909, p. 184) : Paul de Brosse, architecte, fils de Salomon de Brosse (1616).
Coûüarp, $S. de Brosse et ses enfants possesseurs du fief de l'Argillière au Comté de Senlis (Bulletin de 1883, p. 83 à 95). Cf. De Marsy: Actes concernant {a famille de Brosse à Verneuil (Réunion des Sociétés des beaux-arts des départements à la Sorbonne en 1881, p. 159, 161).
été utilisées en tout ou en partie par les dictionnaires spéciaux comme Lance (1) ou les Encyclopédies : quelques éditions récentes renferment cependant encore des indications erronées ou incomplètes (2). Au contraire plusieurs monographies du Luxembourg, de Versailles, de Rennes, etc. parues en ces toutes dernières années, ont apporté de très importantes contributions à l’histoire de S. de Brosse. Nous citerons ces travaux spéciaux en temps et lieu, nous proposant, à l’aide de documents inédits, d'étudier tour à tour la vie puis l’œuvre de ce grand artiste.
On nous reprochera, sans doute, d’avoir examiné telle ou telle question plutôt au point de vue historique qu'au point de vue purement artistique, et nous regrettons plus que personne de n'avoir pas fait les études techniques qui nous auraient incontestablement mieux qualifié pour traiter un sujet.de ce genre : nous serons heureux qu’un architecte le reprenne un jour, avec sa compétence professionnelle. Pour remédier à cet inconvénient, dans notre seconde partie (description des œuvres de S. de Brosse), nous avons moins souvent émis des appréciations personnelles que recherché deux sortes de témoignages autorisés : celui des auteurs contemporains, ou du moins les plus rapprochés de la construction des monuments, et d'autre part le témoignage des spécialistes modernes les mieux informés.
D'une façon générale, d’ailleurs, dans cette étude si complexe qu'est l’histoire de l’art, l'histoire mérite autant d'attirer l'attention que l'art, et, de l'avis d'un des meilleurs juges, « une foule de questions se posent, dont la solution, peut-être indifférente au sentiment purement esthétique, satisfera où surexcitera le sentiment historique (3). »
(1) Lance, Dictionnaire des architectes français, 1872, t. 1, p. 187 : une page de texte et deux pages de notes.
2) La Grande Encyclopédie, t. XIIT, renferme un article de M. Ch. Lucas aui résume bien les résultats des derniers travaux. Parmi les anciennes publications le Dictionnaire critique de Jaz (1870) était le seul qui contint une notice rédigée d'après des documents de première main.
(3) R. DE LA SIZERANNE, préface à la traduction des Matins de Florence de Ruskin publiée à Paris en 1906 (librairie H. Laurens, in-8°).