‹ Un architecte français: au commencement du XVIIe siècle: Salomon De BrosseChapitre 39 sur 92 · LE PORTRAIT DE S. DE BROSSE LS · texte numérisé non relu

LE PORTRAIT DE S. DE BROSSE LS

fructueuses que les siennes. Sans oser espérer, comme lui, trouver dans quelque composition de Rubens pour le Luxembourg la figure de son contemporain, on peut croire qu’un jour on reconnaitra S. de Erosse parmi les innombrables portraits gravés par Moncornet, Lasne, etc., et non encore identifiés (1).

Il existe bien à Paris plusieurs statues de S. de Brosse, mais toutes faites au xIx° siècle d’une manière fantaisiste, semble-t-il, et non d'après des documents originaux : l’une, œuvre de M. Desprez en i850 (2), orne la grande cour du Sénat, à droite de l'escalier d'honneur du nord-ouest, où elle fait pendant à la statue de Sully (3). On peut regretter que le socle ne porte pas le nom du personnage qui le surmonte. Il est représenté debout tenant à la main un plan du palais.

Une autre statue se dresse au premier étage du palais du Louvre, a gauche du pavillon Denon, près de l’entrée du musée de peinture. Dans le voisinage sont Palissy, Libéral Bruant, Ph. Delorme, Jean Bullant, représentants d’une même glorieuse tradition.

« J. » de Brosse — comme dit l'inscription — est vêtu d’un long manteau ; il tient un plan roulé dans la main gauche ; sa figure est insiguifiante : petite moustache, barbiche, cheveux tombant sur les oreilics, comme la plupart des hommes de la même époque. Une troisième statue enfin, avait été placée à l'Hôtel de Ville (4).

(1) Mémoires de la Soc. des Antiquaires, tirage à part, p. 32: « Rubens ne l’'aurait-il pas placé quelque part dans une de ses compositions destinées au palais de Marie de Médicis ? Jusqu'ici nos investigations n’ont pas abouti. Le savant iconophile parisien Soliman Lieutaud nous seconda dans nos recherches, mais infructueusement : il n’a existé de S. de Brosse, à sa connaissance, aucun portrait gravé. »

(2) Interrogé au sujet de M. Desprez par M. Read, M. Rondelet répondait (lettre de 1856) : « Il a un peu perdu la trace de certains renseignements que ie temps ne lui a pas permis de poursuivre » (papiers C. Read). D'après M. Hustin cette statue, a été faite « de chic ». Elle fut d’abord placée dans le vestibule, à l'aile gauche du Petit Luxembourg.

(3) Cette statue et fa suivante ont été reproduites dans l'ouvrage de M. Hustin, le Luxembourg, p. 31 et 32.

(4) Rap, Mém. Soc. Antiq., tirage à part, p. 6.

Ces trois statues n'attirent pas l'attention des passants et ne méritent guère de l’attirer ; de plus splendides monuments s'élèvent à la gloire de S. de Brosse : ceux dont il a lui-même été l’auteur. Comme le disait Quatremère de Quincy dans la page citée au début de cette étude, « les édifices qu'il a élevés dans la capitale de la France (et ailleurs) nous donnent bien de quoi suppléer aux particularités oubliées

de sa vie ».

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