‹ Un architecte français: au commencement du XVIIe siècle: Salomon De BrosseChapitre 40 sur 92 · VERSAILLES. FAÇADE MÉRIDIONALE · texte numérisé non relu

VERSAILLES. FAÇADE MÉRIDIONALE

d'après I, Silvestre (1)

Introduction $ 1. — Caractères généraux.

Quiconque étudie l'œuvre de S. de Brosse ne peut s'empêcher de revendiquer pour lui une des premières places dans l’histoire de l’art français : « En considération de la variété, de l'importance et de la valeur même de ses productions, 1l doit occuper un des premiers rangs parmi les architectes français qui ont illustré notre art national. Il nous semble avoir sa place marquée auprès de Philibert Delorme, Pierre Lescot, Jean Bullant, Dupérac et Du Cerceau (2). » V. Cousin, énumérant les gloires de l’ancienne France, demandait : « En quel pays trouve-t-on de plus grands architectes que Lescot, Bullant, Delorme, De Brosse (3) ? » Déjà dans les siècles passés on louait « Ia beauté de ses compositions et la pureté de ses proportions (4) ». Parmi nos contemporains, l’un des juges les plus compétents écrivait à M. Read :

(1) Voir ci-dessus, page 03, note I.

(2) L. Vaupoyer, Magasin pittoresque, 1845, p. 78.

(3) Revue des Deux-Mondes, 1858, t. XIII, p. 035.

(4) RoranDp LE VirLoys, Dictionnaire d'architecture, Paris, 1770, in-4°.

« Quant au style je le mets dans le même groupe que Poussin, Corneille, Richelieu, Philippe de Champaigne. C'est S. de Brosse qui ouvre la marche, de même que Sully ouvre la marche des grands ministres français du xvrr* siècle. Il fut en même temps le dernier des grands architectes du xXvrr° siècle (1). »

Cette caractéristique est extrêmement juste. S. de Brosse a été « l’un des meilleurs continuateurs de la tradition française (2) ». Ces œuvres ont bien le caractère de transition entre le xvi° siècle auquel il appartient par sa naissance, par ses maitres, par la première moitié de sa vie, et le xvri® siècle où se déroule la seconde période, si féconde en chefs-d’œuvre ; il complète alors les édifices commencés par ses devanciers, les hommes de la Renaissance : J. Bullant, Du Cerceau ; il commence le palais que termineront ses successeurs au service du Roï-Soleil : Le Mercier, Mansart ; « il a inauguré le style Louis XIII, il annonçait le grandiose de Louis XIV (3) ». Cette place toute spéciale occupée par S. de Brosse a été remarquée par les rares historiens qui ont étudié de près cette période de l'architecture française : & Vers la fin du xvi* siècle on voit peu à peu disparaître cette naiveté et cette fantaisie qui avaient caractérisé la riche efflorescence de l'architecture française ; l'abus des bossages sur les murs et les colonnes, l’emploi persistant de toitures aux profils trop raides, donne aux bâtiments quelque chose de pesant, un aspect écrasé... Mais dans ie commencement du xvri° siècle il faut mettre à part, comme un des premiers architectes de son temps, J. (sic) de Brosse (4). » |

Dans ses études sur l'Art français au temps de Richelieu et de Masarin, M. H. Lemonnier est naturellement amené à considérer d’abord à quel point se trouvait l’art au début de cette période, c'est-à-dire précisément au moment où S. de Brosse va commencer à produire des œuvres remarquables, et il fait cette constatation des plus intéressantes sur les influences diverses que pouvait avoir subies, en raison de

(1) Baron de GEYMüLLER (f 1909), Lettre inédite à M. Read (Papiers Ch. Read à la bibliothèque de la Soc. de l’hist. du prot. fr.).

(2) P. DE Nozxac, La Création de Versailles, p. 26.

(3) France prot., 2° édition, t. IIT, col. 210.

(4) KuGLer, Handbuch der Kunstgeschichte, 4 édition, 1861, t. IL, p. 264.

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