RS RE RE
So
re EP ST
CHATEAU DE COULOMMIERS, PAVILLON CENTRAL Réduction d’un dessein de Brosse (Collection de M. le baron de Bethmann)
Appendice. — Château de Wideville.
Enfin nous donnons ici, comme nous l’avons annoncé, la description d’un bâtiment qu’on ne peut attribuer avec certitude à S. de Brosse, mais qui fournit d’intéressants points de comparaison avec le palais du Luxembourg (antérieur), et le château de Versailles (postérieur).
Voici quels sont l’aspect et la disposition générale du château de W'ideville (1) :
« Les divers corps de logis sont disposés en longueur, sur un terre-plein entouré d’eau courante. Cette surface épouse la forme générale des bâtiments et prend la forme d’un carré long, avec excroissances cintrées sur les deux grands côtés. Au centre de la construction se trouve un corps de logis faisant saillie sur les deux façades ; puis du côté principal et aux deux extrémités du bâtiment, deux avant-corps ou pavillons. Les quatre angles du terre-plein sont munis de petits bastions placés en saillie, carrés de forme, assez trapus et percés de meurtrières sur leurs côtés. Ces sortes d’échauguettes contribuent pour une forte part à donner à l’ensemble du château un caractère particulier et vraiment seigneurial. |
Le rez-de-chaussée est composé d’un vestibule voûüté qui prend toute la largeur de l’avant-corps ; il joint une pièce carrée, la plus grande du logis, voütée aussi et qui sert de billard. Du côté du jardin tracé à la française, on y arrive directement par un perron courbe d’un bon effet et orné de balustres. Aux deux extrémités du château se trouvent le salon et la salle à manger, éclairés par trois ouvertures. Des vases en marbre blanc, étagés sur les perrons du nord et du sud, tranchent sur le ton de brique qui domine dans l’ensemble du château. A l’examen détaillé, une des premières choses qui frappe la vue est un grand air de simplicité et la régularité des lignes (2) ; mais cette
(1) SAUVAGEOT, Palais et châteaux de France du xv° au xvinr* siècle. (2) C'est nous qui soulignons ces expressions : elles caractérisent précisément très bien les œuvres de S. de Brosse.
CHATEAU DE WIDEVILLE 167
simplicité voulue n’a rien de naïf ni de chétif. La présence de la brique, abondamment employée dans cette façade et dans la construction tout entière, mais seulement comme remplissage, rendait, il faut en convenir, assez difficile l'emploi d’ornements sculptés. C’est par les lignes et une sorte de coloration qu'on a voulu produire de l'effet. Le grand pavillon du centre dépasse d’un étage les autres bâtiments. C’est le point culminant de l'édifice, et cet exhaussement était nécessaire pour mouvementer la silhouette générale.
Deux ouvertures cintrées, avec grilles savamment contournées, accompagnent la porte, couronnée d’une sorte de fronton interrompu, au centre duquel se dresse un culot gracieusement sculpté. Cette moulure disposée en fronton relie la porte aux deux ouvertures qui éclairent le vestibule. La brique est absente de cette partie du pavillon, mais nous la retrouvons aux deux étages qui lui succèdent.
Tous les angles, tous les cadres des fenêtres sont de pierre de taille ; le reste, c’est-à-dire les remplissages, est de brique. Les fenêtres du rez-de-chaussée laissent voir, à leur base des soupiraux divisés par un meneau vertical en pierre. Les lucarnes des combles sont de bon goût. On les a alternées avec de petits œils-de-bœuf en saillie. Cet oculus se retrouve aussi sur la toiture des petits pavillons d’angle, traitée en forme de coupole quadrangulaire au sommet de laquelle se dresse fièrement un guerrier de plomb armé d’une lance.
Sur la façade qui regarde le parc, le pavillon central fait seul saillie; deux couronnements de portes et de fenêtres, à droite et à gauche du pavillon, sont arrangés avec goût. Des niches munies de statues largemen traitées, se voient entre les fenêtres du grand corps de logis. Un buste de Louis XIII en marbre blanc placé sur la porte du milieu, rappelle les fréquents séjours de ce roi à Wideville. De ce côté se trouve le pont-escalier qui franchit le fossé, auquel succède le perron établi devant l’entrée de la salle de billard. Cette série d’escaliers arrive à se confondre par la perspective, et produit un effet assez monumental, complété par deux grands chiens de pierre, accroupis sur des socles
élevés ».