‹ Un architecte français: au commencement du XVIIe siècle: Salomon De BrosseChapitre 59 sur 92 · CHATEAU DE COULOMMIERS · texte numérisé non relu

CHATEAU DE COULOMMIERS

caryatides portant l’entablement. Les pleins de briques étaient décorés d'un tableau de pierre aux angles contournés. Du côté de la cour, entre les colonnes cannelées, étaient placés, au rez-de-chaussée, des Lustes sur un piédouche, et, au premier étage, des statues de grandeur colossale. Au-dessus de l’entablement et de chaque fenêtre les combles prenaient jour par des œils-de-bœuf alternés avec de petits piédestaux, mais du côté de la cour portaient sur leur extrados des aigles et des cygnes (supports des armoiries de Catherine de Gonzague). Au centre des ailes du nord et du midi un fronton circulaire couronnait l’attique, et sur l’extrados deux gigantesques figures allégoriques couchées supportaient les armoiries de la dame de Coulommiers.

Le pavillon au centre du bâtiment de face, surmonté d’une lanterne, était décoré d’un semblable couronnement, et dans le tympan du fronton circulaire était sculpté un énorme aigle aux ailes éployées.

Ce château avait 19 baies à chaque étage latéral extérieur et 14 à l’intérieur du côté de la cour ; au total 220 baies ou fenêtres et 78 œils-de-bœuf… « Le château se composait de quatre pavillons principaux reliés par deux galeries s'étendant latéralement de l'Ouest à l'Est, et au fond, à l'Est, par une autre galerie de face ayant au centre un pavillon avec dôme angulaire. Quatre autres pavillons en demisaillie sur les galeries latérales flanquaient les pavillons principaux à l’extérieur….. Une terrasse régnait le long du bâtiment de face. Les galeries n’avaient qu’un rez-de-chaussée, un étage et un comble ; les pavillons avaient un étage de plus. »

La longueur des galeries, y compris l'épaisseur des pavillons, n'était pas de moins de 85 mètres et leur épaisseur de quinze mètres. Le bâtiment de face, au fond, avait 54 mètres de développement sur 15 de profondeur (1).

L'album de 1607-1613 est presque entièrement consacré aux projets de S. de Brosse plus ou moins exactement exécutés ensuite par Ch. du Ry : pavillon d’angle à deux fenêtres au rez-de-chaussée et

(1) DAUVERGNE, p. 12.

au premier étage, situé à droite ou à gauche de la porte d'entrée (fol. 21, recto ; la notice de M. Dauvergne en 1853, p. 13, reproduit un pavillon d'angle à trois fenêtres par étage qui paraît plutôt un de ceux du côté opposé, c’est-à-dire donnant sur le parc) ; portes, fenêtres, lucarnes (fol. 9, 10, 11) ; niches et pilastres (7 v°) ; grandes et belles lucarnes (fol. 2, recto) ; rampe d'escalier et balustrade avec termes (5 v°); constructions accessoires à élever dans le parc ; cadrans solaires (4 dessins fol. 2 v°, 3 r°, 4 v°, 5 r°) ; obélisque (22 v°) ; fontaine, édifice octogonal avec statues, dôme entouré d’une balustrade et surmonté d’une lanterne, etc. (8 r°) ; décorations pour l'intérieur : nombreux modèles de cheminées, cadre de glace, etc.

L'une des plus jolies pages de l'album représente une entrée avec la série de fenêtres adjacentes à droite et à gauche, au rez-de-chaussée et au premier étage, et les lucarnes, etc. ; les colonnes à bossages et les frontons se détachent sur le fond de briques ; c’est le pavillon du fond de la cour de Coulommiers, mais avec une disposition de la ferêtre centrale et une forme de fronton différentes de celles qu'a figurées Israël Silvestre, et ici le dôme manque (1).

De même la page 23 r° représente une porte à pont-levis très diflérente de celle qu'I. Silvestre a représentée et que M. Masson croit pourtant pouvoir placer aussi à Coulommiers (2).

Du château de Blérancourt, longtemps attribué à tort à Mansart, nous savons seulement qu'aux yeux des contemporains de sa construction il passait pour une merveille : « En ce seul bastiment se peut veoir l’abrégé de tous les autres plus beaux et plus excellents qui soient au monde (3). » à

(1) Voir page ci-contre et page 187.

(2) Bulletin hist. prot., 1902, p. 450, et tirage à part, p. 170.

(3) Voyage de P. BERGERON, publié par la Société des bibliophiles belges, 1872, p. 13. C'est au château de Blérancourt que fut logé le cardinal de Richelieu « l'an 1640 au commencement du mois de juin, peu avant le siège d'Arras » (DRELINCOURT, La Défense de Calvin, 1667, p. 0).

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