VERNEUIL ET SÉS ENVIRONS
Le lieu de naissance de S. de Brosse est fourni, ainsi que son prénom exact, par l’acte d’inhumation où on lit (9 décembre 1626) : « Salomon de Brosse nati (sic) de Verneuil (1). » I s'agit de Verneuilsur-Oise, petit village du Valois où nous pouvons assez bien replacer notre homme dans son milieu, nous représenter la physionomie de ses compatriotes et de ses parents. Verneuil est à quelque distance de la rive gauche de l'Oise, dans un pays accidenté que couvraient des champs et aussi des forêts plus vastes alors qu'aujourd'hui : c'était encore l'Ile de France, mais à quelques lieues de la Picardie par la vallée de la Bresche au-delà de Liancourt (2), et pas très loin des Pays-Bas espagnols en remontant la vallée de l'Oise. En ces temps si fréquemment troublés par les guerres civiles et étrangères, on était, en ces pays frontières, sans cesse sur le qui-vive. Doublement précaire était la situation des familles protestantes, auxquelles un lieu de culte public avait été accordé dans la vallée de l'Oise, un peu au-dessus de Verneuil, de l’autre côté de la rivière, aux Ageux, après l’édit de pacification de Charles IX (3) ; sous le régime de l’Edit de Nantes il y eut une église à Senlis, et le fils de l’un des pasteurs fut gendre de S. de Brosse. Gournay, au pied du coteau (en face de Creil), était un fief du ministre de Paris, Antoine de la Faye ; la baronnie de Montataire était aussi en 1612 à un seigneur protestant, Claude de Madaillan.
Lorsque, venant de Paris, on descend du train après Creil, à la halte de Villers-Saint-Paul (village dont le nom reparaïîtra dans les pages suivantes), si l’on descend à travers les prairies vers la rivière, pour la passer en bac, on voit en face de soi, perpendiculairement à la rive gauche, une colline boisée au bas de laquelle s’allongent les maisons de Verneuil.
L'église, environ à un kilomètre de l'Oise, est un très joli édifice
(1) Bulletin hist. prot., 1863, p. 280.
(2) I1 semble même qu'au temps de J. du Cerceau (voir ci-après, $ 2, à la fin du xvi° siècle, les gens de Verneuil se disaient Picards.
(3) Annuaire de 1837 par Graves, p. 60 (Papiers Ch. Read).
A trois nefs. Au fond du porche septentrional, élégante addition du xvI° siècle, se voit un portail donnant accès directement dans l'église ;