PARLEMENT DE BRETAGNE. FAÇADE
Réduction du frontispice d'une thèse de 1690 (1)
(1) F. SauLnier, op. cit. t. I, p. XXIIT, n. 2, dit que l’exemplaire reproduit par nous et appartenant au Musée archéologique de Rennes est le seul connu
(CF, M. de Palys, op. cit., p. 31).
avec le plus de compétence et on pourrait presque dire le plus d’amour, M. Banéat (1).
« La façade sud comprend un corps principal flanqué de deux ailes très saillantes et se compose d’un rez-de-chaussée en granit vermiculé et à joints ouverts [c’est-à-dire d’un style rustique beaucoup moins rugueux qu'au Luxembourg et au Pitti surtout], et d’un étage en pierre blanche surmonté d’un toit très élevé ; la partie centrale est percée de trois portes et de quatre fenêtres ; les fenêtres et deux des portes, qui sont d'anciennes fenêtres, ont leurs sommets légèrement arrondis, leurs clefs de voute sont sculptés de têtes de fem: mes accostées de volutes. L'étage supérieur présente sept grandes fenêtres en plein cintre garnies autrefois de petits carreaux plombés ; la fenêtre centrale est accostée de chaque côté de deux colonnes Toscanes jumelles ; les autres fenêtres sont séparées les unes des autres par des pilastres jumeaux. Les ailes sont percées, comme au rez-dechaussée, de deux fenêtres sur la façade et d’une troisième du côté de l'angle rentrant ; ces fenêtres sont surmontées d’un fronton triangulaire. Chaque aile est ornée à ses angles de deux pilastres doriques jumeaux et d’un autre pilastre entre ses deux fenêtres. Au-dessous de cet étage court une frise ornée de triglyphes et de gouttes ; elle est sculptée alternativement entre les triglyphes d’une moucheture d’hermine et de deux L entrelacées et couronnées ; ces motifs sont remplacés au-dessus des doubles colonnes du centre et des doubles pilastres, par une balance. La base du toit est ornée d’une galerie à balustres ronds dont le centre est occupé par un cadran solaire monumental (2). [Nous avons vu dans l'album de 1607 des études spéciales de Brosse pour ce genre de travail]. Ce cadran se compose d'un grand rectangle de maçonnerie enfermé dans un riche encadrement ; il est flanqué de
(1) P. BANÉAT, le Vieux Rennes, Mémoires de la Société archéologique d’Illeet-Vilaine, t. XXXVI, Rennes, 1907, p. 40 et suivantes ; tirage à part, Rennes, Prost, in-8, 1007.
(2) « Cette balustrade », remarquait M. Laloy, architecte, dans un rapport de 1885, « ménage une transition heureuse entre l’ordonnance du premier étage et la naissance des toits immenses de l'édifice ». S. de Brosse a employé le même ornement au Luxembourg par exemple (voy. p. 40).
chaque côté de deux pilastres corinthiens et surmonté d'une frise sur laquelle sont sculptées deux branches passées en sautoir et chargées au centre d’une moucheture d’hermines. Un fronton arrondi lui sert d'amortissement, il renferme un écusson ovale, timbré d’une couronne royale et posé sur un grand cartouche enroulé ; deux guirlandes de fleurs et de fruits avec des liens en achèvent l’ornementation. »