I. Je possède l'original de ce document
Elle serait dirigée par les maîtres parisiens les plus célèbres. Sous leur inspiration et avec leur concours, les ateliers fabriqueraient des ouvrages « utiles et agréables », qui seraient ensuite vendus dans des magasins 'établis au centre même de Paris.
« Chaque département enverrait tous les ans un ou plusieurs élèves de ses écoles de dessin, pour remplir les places d'élèves, jusques au nombre de cent par an pour toute la République », et payerait « six cents francs par chaque élève pour chacune des trois premières années de son apprentissage ».
Telle était Téconomie du projet de Talma. Mais, avec les meilleures intentions du monde, il n'était pas né viable. Loin de perfectionner^ comme le disent ses auteurs, l'institution primitive, on ne faisait que l'amoindrir et la dénaturer. A la Grande Manufacture-modèle fondée par Colbert, ouverte à toutes les expressions de l'art comme à tous les meilleurs maîtres de France et de l'étranger, travaillant pour le prince, et ne faisant pas commerce de ses ouvrages, on voulait substituer une manufacture étroite, réservée à quelques spécialistes, vendant ses produits au public dans des magasins patronnés par l'État, et créant à son profit un monopole au détriment des industries similaires. Le temps n'était plus aux privilèges et, comme de raison, la proposition n'eut pas de suite.
En i856, de Laborde s'empare à son tour de l'ancienne organisation de Colbert. « Je demande, dit-il ', la restauration de l'utile établissement des Gobelins ; rien de plus, trop heureux de pouvoir proposer une chose utile qui n'est