‹ Un avocat journaliste au 18e siècle, LinguetChapitre 103 sur 215 · Devérité, p · texte numérisé non relu

Devérité, p

« à rendre de mon ouvrage. Ce serait doubler votre {( travail, sans qu'il m'en revînt aucune utilité, parce « qu'assurément je ne prendrais pas la liberté d'avoir c( seulement un avis en matière si délicate. Si vous {( me demandez comment je souhaite d'être traité, je (( vous répondrai, non pas comme Porus, en roi, (( mais en homme qui s'estime assez pour s'applaudir « d'être jugé par vous. »

. Quant à Lacombe, il reçut un autre paquet, dont voici l'échantillon.

« .... Vous voulez faire aller votre Mercure; vous « êtes bien aise d'en retirer votre argent, ou plutôt (( celui de la singulière société dont vous êtes leporte- « nom : à la bonne heure; je ne m'y oppose pas.... « Vous voyez. Monsieur, comme je suis franc et « décidé : c'est là mon caractère; je n'ai jamais fait « ma cour à personne. Je ne la ferai jamais. J'aurais « peut-être déjà une réputation, je le sais, si j'avais « pu me plier aux courbettes.... Je n'accepte pas le {( parti que vous me proposez de fournir moi-même (( les extraits des ouvrages que je pourrai publier « par la suite. Je n'ignore pas combien cette ruse « est usitée aujourd'hui. Je sais très bien que les « éloges des ouvrages médiocres, et même quel- « quefois ceux des bons qui se trouvent dans les {( journaux, sont les fruits de la paresse intéressée « des JournaUstes, et de l'amour-propre peu délicat (( des Écrivains. J'en suis fâché pour ceux-ci; mais « je ne me crois pas obligé de les imiter. J'aurais « trop à rougir d'un succès ainsi motivé, et je ne « me pardonnerais jamais une réputation fondée « sur les panégyriques que j'aurais faits de moice même.

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