‹ Un avocat journaliste au 18e siècle, LinguetChapitre 12 sur 215 · I ON DES JESUITES · texte numérisé non relu

I ON DES JESUITES

le duc de Chaulnes, et d'aller avec lui en Egypte. Ce seigneur pouvait-il admettre dans sa suite un jeune poète, moins connu par ses productions littéraires que par sa manie regrettable de dérober des chevaux et des sommes d'argent?

Linguet avait vingt-six ans lors de sa rupture avec Dorât; et cet événement minuscule se produisit au seuil d'une année célèbre dans l'histoire du xviir siècle: l'année 1762.

Cette année-là s'ouvrit par un dernier triomphe du vieil esprit janséniste : les jésuites furent expulsés par le Parlement.

L'arrêt fut accueilli avec un enthousiasme universel. Les philosophes étaient ravis. Les salons qui, cent vingt ans plus tard, dans une crise analogue, devaient se déclarer pour les jésuites, se prononçaient cette fois résolument contre eux. Leur expulsion était à la mode, conforme au goût du jour; il était de bon ton « d'affranchir la pensée humaine ».

« Voilà une des plus fameuses époques de la « République des lettres, disaient les Mémoires « secrets. Les jésuites ferment leurs collèges dans le {( ressort, et les arrêts du Parlement sont exécutés « aujourd'hui K »

A la foire Saint-Ovide, les camelots du temps vendaient 1' « article de Paris » : une statuette de

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