‹ Un avocat journaliste au 18e siècle, LinguetChapitre 11 sur 215 · Mémoires de Brissot, p. 80, et Notice de Devérité, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Brissot, p. 80, et Notice de Devérité, p

2. Annales politiques, civiles et littéraires du xviii" siècle, ouvrage périodique par M. Linguet, t. VIII, année 1780, p. 50.

« qu'ils tiennent quelquefois lieu d'idées.... La fin de ce sa vie parait avoir été amère. Dans ses dernières « années, pressé, à ce qu'on dit, par le dérangement (( de sa fortune, il s'était chargé d'un ouvrage pério- « dique : il avait acquis le privilège du Journal des « Dames. Journal infortuné qui, avec un titre fait « pour assurer des succès, n'a jamais essuyé que des « désastres. Il fut bientôt obligé de l'abandonner, a Depuis ce moment il a langui jusqu'à sa mort, sans ce avoir participé aux faveurs pécuniaires du gou- « vernement (auxquelles 11 avait droit par sa détresse, « par la douceur de ses mœurs, par ses travaux), ni ce aux honneurs de la littérature, dont le désir le con- « sumait. M. Dorât se regardait comme exclu de l'Aca- « demie Française, et en effet il l'était, par un décret « clandestin des chefs de cette synagogue; mais, malce heureusement pour lui, il ne pouvait ni se consoler « d'en voir la porte fermée, ni se plier à l'esclavage « qui la lui aurait ouverte. Il était également incace pable de l'orgueil qui dédaigne cette couronne « avilie et du dévouement servile qui la procure. Sa ce proscription a été irrévocable, et on me marque ce que cette douleur a contribué beaucoup à abréger ce ses jours. »

On voit que ce morceau ne contient aucune allusion aux rapports de l'auteur des A^males avec son ancien condisciple, ni à la légende injurieuse que nous venons de raconter. Une telle réserve n'était pas sans mérite, car, sans parler de toutes ses conséquences futures, l'histoire des cent louis avait causé à Linguet un grave préjudice au moment même de sa rupture avec Dorât. Cette calomnie l'avait empêché d'être agréé comme secrétaire par

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