LE CHATEAU-ROSE
« Tourangeau, et qui n'avait de joli que son nom, le (( Ghâteau-Rose ! » C'est là, dans ce trou à rhumatismes, qu'on prétendait le confiner!...
Il aurait dû réfléchir que son client avait en effet des finances fort en désordre; que, n'étant pas ministre, il ne possédait pas encore le moyen de les rétablir par des exactions ; qu'enfin le duc avait dû songer avant tout à régler galamment les honoraires de son principal avocat, et qu'il venait dans ce but d'offrir à Mme du Barry un vis-à-vis, un équipage de 52000 livres « d'un goût et d'une richesse bien (( supérieurs aux voitures qui avaient été chercher la « Dauphine à Strasbourg* ».
C'est le char de la blanchisseuse De cet infâme d'Aiguillon,
disaient les chansons de Paris.
La blanchisseuse était donc payée; le blanchisseur ne l'était pas encore. Il avait parlé trop vite et en termes trop brusques.
Ces refus ulcéraient Linguet, mais malgré sa déconvenue il consentait encore à écrire pour son ingrat client; et la guerre de plume, dans cet hiver de 1771, se poursuivait acharnée entre l'avocat et ses ennemis de Bretagne. Le public marquait les coups.
Le 2 janvier, un arrêt du Conseil d'État du roi avait supprimé « la Réponse des États au mémoire {( du duc d'Aiguillon ».
Bientôt Linguet rétorquait la Réponse que le Conseil avait supprimée ; sa plume vertigineuse s'escri-