‹ Un avocat journaliste au 18e siècle, LinguetChapitre 150 sur 215 · FAUTES PROFESSIONNELLES · texte numérisé non relu

FAUTES PROFESSIONNELLES

On apprit que Linguet, avant d'avoir été consulté par Marthe Camp, avait été sollicité par son séducteur, et avait même paru fort disposé à prendre sa défense! Les Mémoires secrets publièrent la lettre suivante de Linguet au vicomte de Bombelles * :

(( J'ai reçu avec la plus grande reconnaissance, (( disait l'avocat, et lu avec le plus vif intérêt le ({ mémoire que M. le vicomte de Bombelles a eu la ce bonté de m'envoyer. La hardiesse avec laquelle on « ose le compromettre par des imputations de la (( nature de celles dont il se plaint est en effet bien ce singulière. Au reste, l'éclat même qu'on nécessi- « terait ne peut servir qu'à rendre publique la honte « de ceux qui accusent M. de Bombelles, et à faire c( briller son innocence et les talens de son défencc seur. J'ai l'honneur d'assurer M. le vicomte de (( Bombelles du respect avec lequel je suis son très ce humble et très obéissant serviteur.

« Linguet. »

On juge du scandale!

Linguet, s'écria-t-on avec les rédacteurs des Mémoires secrets, est déshonoré « par le soupçon qu'il « donne sur l'honnêteté de sa conduite, et sur son (( peu de délicatesse à se charger de la cause de la ce femme, après avoir brigué celle du mari, comme « bonne et excellente ».

Il est certain que l'incident est déplaisant, et que rien ne peut discréditer davantage un avocat (fût-il Isocrate ou Démosthène) que la facilité à plaider indifféremment le blanc et le noir.

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