‹ Un avocat journaliste au 18e siècle, LinguetChapitre 160 sur 215 · PREMIERE LETTRE DE CACHET · texte numérisé non relu

PREMIERE LETTRE DE CACHET

Loin de s'adoucir, Linguet hausse le ton; il énumère les vexations dont l'accable le nouveau tribunal. Alors Maupeou, excédé à son tour, quitte le ton officiel et lui crie : « Que veux-tu que j'y f....? « Crois-tu que j'irai créer un autre Parlement pour « toi?... »

Enfin un incident plus grave plaça le ministère dans la nécessité d'infliger à Linguet un châtiment paternel. Une affaire de Bellegarde, connue dans les papiers du temps sous le nom d'affaire de V artillerie, allait être jugée en conseil de guerre aux Invalides. Dans les affaires de cette sorte, il n'était pas d'usage qu'on publiât des mémoires. Les ministres « répu- « gnaient à ces justifications d'éclat, et voulaient c( que les accusés reçussent sans se plaindre les jugece ments qu'ils estimaient à propos de faire rendre ». M. de Bellegarde s'adressa à Linguet qui, sans souci des interdictions ministérielles, publia la défense de l'accusé.

Cette fois Maupeou se mit en colère, et une lettre de cachet obligea Linguet à se retirer quelque temps à Chartres.

On comptait qu'en ce lieu paisible, le fougueux orateur ferait utilement une cure de silence et de repos. Il n'en fut rien! De Nogent-le-Rotrou, lieu trop voisin de Chartres, l'amour allait guetter Linguet et lui tendre ses pièges.

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